FANTAISIES D'HIVER
Le nez rouge, la face bième, Sur un pupitre de glaçons, L*HiYer exécute son tlième Dans le quatuor des saisons.
Il chante d'une voix peu sûre Des airs vieillots et chevrotants-, Son pied glacé bat la mesure Et la semelle en même temps;
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Et comme Hsendel, dont la perruque Perdait sa farine en tremblant, n fait envoler de sa nuque • La neige qui la poudre à blanc.
Dans le bassin des Tuileries, Le cygne s*est pris en nageant, Et les arbres, comme aux f(5eries, Sont en filigrane d'argent.
Les vases ont des fleurs de givre.
Sous la charmille aux blancs réseaux; Et sur la neige on voit se suivre Les pas étoiles des oiseaux.
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Au piédestal où, court-vétue, Vénus coudoyait f hodon, L'Hiver a posé pour statue La Frileuse de Clodion.
Les femmes passent sous les arbres En martre, hermine et menu-vair, Et les déesses, frileux marbres, On- pris aussi l'habit d*hiver.
La Vénus Anadyomène Est en pelisse à capuchon; Flore, que la brise malmène, Plonge ses mains dans son manchon.
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Et pour la saison, lés bergères De Coysevox et de Coustou, Trouvant l^urs écharpes légères, Ont des boas autour du cou.
Sur la mode parisienne
Le Nord pose ses manteaux lourds,
Comme sur une Atliém'enne
Un Scythe étendrait sa peau d*ours.
Partout se mélange aux parures Dont Palmyre habille THiver, Le faste russe des fourrures Que parfume le vétyver.
Et le Plaisir rit dans l*alcôve Quand, au milieu des Amours nus, Des poils roux d'une bête fauve Sort le torse blanc de Vénus.
Sous le voile qui vous protège.
Défiant les regards jaloux, Si vous sortez par cette neige, Redoutez vos pieds andalous;
La neige saisit comme un moule L'empreinte de ce pied mignon Qui, sur le tapis blanc qu*il foule.
Signe, à chaque pas, votre nom.
Ainsi guidé, Tépoux morose Peut parvenir au nid caché Oîi, de froid la joue encor rose, A l'Amour s'enlace Psyché.