LA ROSE-THÉ
La plus délicate des roses Est, à coup sûr, la rose-thé.
Son bouton aux feuilles mi-closes De carmin à peine est teinté.
On dirait une rose blanche Qu'aurait fait rougir de pudeur, En la lutinant sur la branche.
Un papillon trop plein d'ardeur.
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Son tissu rose et diaphane De la chair a le velouté; Auprès, tout incarnat se fane Ou prend de la vulgarité.
Comme un teint aiîstocratique Noircit les fronts bruns de soleil, De ses sœurs elle rend rustique Le coloris chaud et vermeil.
Hais, si votre main qui s'en joue, A quelque bal, pour sou parfum, La rapproche de votre joue.
Son frais éclat devient commun.
Il n*est pas de rose assez tendre Sur In palette du printemps, Madame, pour oser prétendre Lutter contre vos dix-sept ans.
La peau vaut mieux que le pétale, Et le sang pur d*un noble cœur Qui sur la jeunesse s'étale, De tous les roses est vainqueur!