‹ Émaux et camées: Éd. définitiveChapitre 41 sur 51 · CAMÉLIA ET PAQUERETTE · texte numérisé non relu

CAMÉLIA ET PAQUERETTE

On admire les fleurs de serre Qui loin de leur soleil natal.

Comme des joyaux mis sous verre, Brillent soùs un del de cristal*

Sans que les brises les effleurent De leurs baisers mystérieux, Elles naissent, rivent et meurent Devant le regard curieux. . . .

A Tabri de murs diaphanes.

De leur sein ouvrant le trésor.

Comme de belles couiiisanes.

Elles se vendent à prix d'or.

La porcelaine de la Chine Les reçoit par groupes coquets.

Ou quelque main gantée et fine Au bal les balance en bouquets.

Hais souvent parmi l'herbe verte, Fuyant les yeux, fuyant les doigts.

De silence et d*ombre couverte, Une fleur vit au fond des bois.

Un papillon blanc qui' voltige.

Un coup d'œil au hasard jeté.

Vous fait surprendre sur sa tige La fleur dans sa simplicité.

Belle de sa parure agœste S*épanouissaut au ciel bleu.

Et versant son parfum modeste Pour la solitude et pour Dieu.

Sans toucher à son pur calice Qu'agite un frisson de pudeur.

Vous respirez avec délice Son âme dans sa fraîche odeur.

Et tulipes au port superbe.

Camélias si cher payés, Pour la petite fleur sous l'herbe, En un instant, sont oubliés!

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