LA ONNE SOIRÉE
de cliion ! — il plouf, il nr transis sur leur siège, nez bleu.
Par ce vilain soir de dùccnibrc, Qu'il ferait bon garder la clianibro, Devant son feul
A l'angle de la cheminée La chauffeuse ciLp.itonnée \
Vous tend les bras Et semble avec une caresse Vous dire comme une maîtresse :
€ Tu resteiasl »
L'n papier rose à déeoiipiires,
Coiniiie un sein blanc sous des guipures.
Voile ù demi Le globe kiiteux de la lampe Dont le rellel,aii plafond ramjje,
J,out endormi.
On n"enlend rien dans le silence Que le pendule qui balance
Son disque d'or, 1^1 que le vent qui pleure et rôde.
Parcourant, pour entrer en fraude,
Le corridor.
C'est bal à ramliassade anglaise; Mon habit noir est sur la chaise,
Les bras ballants ; Mon gilet bâille et ma chemise Semble dresser, pour être mise.
Ses poignets blancs.
Les bruilC4uUl? ^ poinle étroite Montrent leur vernis qui miroite,
Au feu placés; X côté des minces cravates S'allongent comme des rnams piace-
Les gants glacés.
Il faut sortir ! — ([iiclle (•orvéc!
Prendre la flle à l'arrivée
Et suivre au pas Les cpupés des beautés altiéres Poi'fant blasons sur leurs portières
Et leurs çppas.
Rester debout contre une porte A voir se ruer la cohorte
Des invités ; Les vieux museaux, les frais visages, Les fracs en cœur et les corsages
Décolletés;
Les dos où fleurit la pustule, Couvrant leur peau rouge d'un tulle
Aérien ; Les dandys et les diplomates.
Sur leurs faces à teintes niâtes,
Ne montrant rien.
Et ne pouvoir francbir la haie Des tlouairières aux yeux d'orfraie
Ou de vautour, Pour aller dire à son oreille Petite, nacrée et vermeille.
Un mot d'umour !
Je n'irai pas ! — et ferai niellre Dans son bouquet un bout de lettre,
A l'Opéra, l'ar les violettes de Panne, La mauvaise humeur se désarme :
Elle viendra!
J'ai là Vlnlenneszo de Huiiie,
Le T/io/nas Gi-aui-d'or<je de Taine,
Les deux Goncourt, Le temps, jusqu'à l'heure où s'aciiovf Sur l'oreiller l'idée en rêve,
Me sera court.