‹ Émaux et camées. Éd. ornée de cent dix aquarellesChapitre 4 sur 41 · DANS LA RUE · texte numérisé non relu

DANS LA RUE

Il est un vieil air populaire l*ar tous les violons raclé.

Aux abois des chiens en colore l'ar tous les orgues nasillé.

Les tabatières à musique

L'ont sur leur répertoire inscrit ;

Pour les SP-rins il est classique,

Et ma grand'mére, enfant, l'apprit.

Sur cet air, pistons, clarinettes, I Dans les bals aux gaudreux berceaux, I Font sauter commis et grisettes, i Et de leurs nid« fuir les oiseaux.

La guinguette, sous sa tonnelle De hoiihl'^" et de chèvrefeuil. - Fête, en braillant la ritournelle, Le^ai dimanche et rai-genteuil.

L'aveugle au basson qui pleurniche L/écûJxlie en se trompant de doigts , La sébile aux dents, son caniche Près de lui le grogne à mPvoix.

Et les petites guitaristes.

Maigres sous leurs minces tartans, Le giajiiîisjaat de leurs voix tristes Aux tables des cafés chantants.

Paganini, le fantastique, Un soir, comme avec un crochet, A ramassé le thème antique Du bout de son divin archet,

Et, brodant la gazejanée Que l'oripeau rougit encor.

Fait sur la phrase dédaignée Courir ses arabesques d'or.

J iL

Page 1