LOUE
à celles que j’ai signalées plus haut dans l’utérus de Dendr.
lacteum, et qui bien certainement sont secrétées par les parois de l’utérus et constituent la matière première qui servira à former la coque.
Il ne peut donc plus y avoir le moindre doute relativement au rôle de l’utérus chez 7]. polychroa : c'est une cavité où s'opère la fécondation, et où se forme entièrement le cocon dont la coque est un produit de sécrétion des cellules utérines. Il est évident que le pédicelle du cocon est formé par la substance visqueuse quise moule et se fige dans le “canal utérin. Les choses se passent donc exactement ici comme chez les Rhabdocæles à cocon pédicellé, le Gyrator hermaphroditus, par exemple.
Cette observation explique la structure compliquée du canal utérin que j'ai fait connaître dans le chapitre précédent. Les fibres radiaires (fr) servent évidemment à dilater le canal pour permettre au cocon de le franchir pendant le travail de l’accouchement, et la couche des fibres circulaires (fc) est probablement le siège à ce moment de contractions péristaltiques comparables à celles qu’on observe dans l’æsophage des animaux supérieurs pendant la déglutition. Quant aux cellules glandulaires (gl) de la couche des fibres radiaires, il me paraît difficile de leur assigner une fonction bien déterminée. Peut-être servent-elles à lubréfier les parois du canal utérin ?
On peut voir dans la coupe que j'ai dessinée (PI. I, fig. 3), que les deux oviductes (ovd) viennent s’ouvrir à la base du canal utérin, lequel est fermé immédiatement en arrière par un sphincter (sph) ayant la forme d’un bourrelet annulaire. Cette disposition montre bien que les œufs et les cellules vitellines ne peuvent pas tomber directement dans le cloaque génital, maïs doivent se rendre dans lutérus ainsi que nousl’avons vu.
NC
2 Chez Dendrocælum lacteum.
Il est bien établi que le cocon se forme dans le cloaque génital et y séjourne jusqu’au moment de la ponte. Cest dans cette cavité et loin de l’orifice du canal utérin qu’aboutit l’oviducte commun, résultant de la réunion des deux oviductes. D’autre part, nous avons vu dans le chapitre précédent, que l’utérus de cette espèce sécrète la substance qui doit former la coque des cocons, fonction qui est également dévolue à l’organe correspondant chez Fi Polychroa.
Mais l'utérus est-il devenu chez Dendr. lacieum une simple glande ? Il est déjà permis d’en douter si l’on considère la nature de l’épithélium du canal utérin qui ne présente pas les caractères des cellules d’un canal purement excréteur. La lumière de ce canal (PI. [, fig. 10) pourrait aussi paraître plus grande que de raison si elle ne devait être parcourue que par le produit de la sécrétion utérine. Mais l'observation suivante me parait avoir une réelle importance. Je possède un exemplaire dont l’utérus contient des spermatozoïdes. Je sais bien que dans les coupes, la substance visqueuse sécrétée par les parois se présente fréquemment sous forme de filaments, mais Jamais ces traînées granuleuses ne sont rigoureusement en faisceaux parallèles, ce qui ne permet pas de les confondre avec des spermatozoïdes. Si les spermatozoïdes pénètrent dans l'utérus, il parait peu probable que ce soit pour s’y emma: gasiner comme dans un réceptable séminal ; je suis plutôt porté à croire que c’est pour l’acte de la fécondation. Les cellules glandulaires pédicellées de la paroi dorsale de l'utérus, qui ne paraissent pas participer à la secrétion de la coque, pourraient bien produire un liquide spécial destiné à entretenir la vitalité des éléments mâles et faciliter peutêtre le phénomène important de limprégnation. Mais d’un autre côté, si l’utérus est le lieu où se produit l'imprégnation, 1l faut que les œufs ÿy pénètrent.
Es de
Reste à rechercher quel peut être le rôle probable de la bourse copulatrice. Une observation déjàancienne (1) m’a fait découvrir à l’intérieur d'un de ces organes des spermatozoïdes. C’est ce qui m'avait porté à cette époque à le désigner sous le nom de receptaculum seminis, nom que j’abandonne parce qu’il me paraît bien établi que l’organe énigmatique de Schmidt a une toute autre signification. On peut voir dans la fig. 10 (PI. I) que l’extrémité de la bourse copulatrice se trouve en face du canal utérin et dans une position telle que son extrémité libre, qui est très mobile, peut facilement se mettre en rapport avec l’orifice du canal. On conçoit, que, dans ces conditions, une contraction de la bourse aurait pour effet de lancer dans l'utérus les spermatozoïdes qu’elle contiendrait. On peut objecter que, dans les coupes, on trouve toujours la lumière de la bourse copulatrice ou bien absolument vide ou bien contenant seulement une substance qui se colore par le carmin et qui vraisemblablement est, comme le dit lijima, un produit de sécrétion spéciale. Mais il ne faut pas oublier que, quelle que soit la spontanéité de l’action des réactifs qu’on emploie pour tuer et pour fixer l’animal, on ne peut éviter toute espèce de contraction au moment de la mort, et plus spécialement les contractions des organes essentiellement musculaires , comme c’est le cas pour la bourse copuiatrice. Dès lors l’état de vacuité de cet organe ne doit pas nous étonner. On pourra m’objecter encore que dans le genre Polycelis. la bourse copulatrice est pleine et nepeut, par conséquent,pas jouer le rôle que je viens d'indiquer. Je n’ai pas d’observations nouvelles à apporter pour les espèces de ce genre, mais on peut remarquer que la bourse copulatrice est toujours double dans ce cas, de sorte qu’elle pourrait bien avoir une autre signification que chez Dendr. lactewm, à moins que l’espace compris entre les deux organes, généralement
(l) Contributions à l'histoire naturelle des Turbellariés. Lille, 1879.