‹ Embryogénie des Dendrocles d'eau douceChapitre 29 sur 58 · ECTODERME PRIMITIF · texte numérisé non relu

ECTODERME PRIMITIF

C’est le premier organe qui se différencie. Nous avons vu dans le chapitre précédent qu’exceptionnellement son apparition peut être très précoce, puisque je l’ai constatée au stade 29. Toutefois le plus ordinairement il ne se différencie qu’en même temps que le pharynx embryonnaire et l’endoderme primitif.

Aussi longtemps que l’ectoderme ne forme pas une couche superficielle continue, les cellules vitellines adhèrent fortement à la masse nutritive, de sorte que l'embryon, lavé à l'acide acétique à 2/100, présente l’aspect que j’ai représenté dans la figure 1 (P1. IV). Maïs aussitôt que le revêtement ectodermique est formé, les cellules . vitellines n’adhèrent plus à sa surface, et les embryons, lavés à l’acide acétique, ont l’aspect d’une petite sphère blanche (PI. IV, fig. 16), à surface lisse.

L’ectoderme est constitué par les cellules embryonnaires les plus externes, lesquelles se rapprochent de la périphérie du syncytium nutritif sans cependant émerger à sa surface, comme le figure Metschnikoff (1); en même temps elles

(1) MerscaniKkorr. Loc. cit., fig. 14, ec.

or

prennent la forme d’un ovoïde puis d’un fuseau allongé.

La première phase de la différenciation de la cellule ectodermique est représentée figure 7 (PI. IV). On voit que cette cellule est ovoide et qu’elle ne fait pas saillie à la surface du syncytium. La seconde phase est représentée dans la figure 8 de la même planche : la cellule fusiforme s’est aplatie à la surface mais n’a pas encore de prolongements membraneux. Ce mode de formation de l’ectoderme est comparable à celui qu’on observe chez les Trématodes (1), et Les Cestodes (2).

L’ectoderme primitif, complètement développé, forme une membrane continue dont il est facile d’étudier la structure en employant le procédé suivant. Si on laisse agir l'acide acétique pendant un certain temps sur un embryon au stade de celui de la figure 16 (PI. IV) dont le pharynx embryonnaire n’a pas encore fonctionné, l’ectoderme se soulève. On peut alors, en couvrant la préparation, en détacher des lambeaux d’une certaine étendue que l’on colore avec le carmin de Beale. L’ectoderme apparaît alors comme une membrane excessivement mince, faiblement colorée, et présentant de rares granulations ; de distance en distance, on voit des épaississements correspondant à des noyaux qui sont distribués sans ordre. Ces noyaux sont constitués par des masses de chromatine dont le nombre, la forme et le volume varient autant que dans les noyaux des blastomères à l’état quiescent ; ces grains de chromatine sont entourés chacun d’une auréole claire. Enfin on voit dans leur voisinage un amas de granulations semblables à celles qui se trouvent par ei par là dans la partie membraneuse de la cellule. Cet amas de granulations ne peut pas être considéré comme faisant partie du noyau, car il

(1) Huco ScaauINsLAND. Beïtrag zur Kenntniss der Embryonalentwicklung der Trematoden. (Zeitschrift für Naturwissenschaft, XVI, N.F IX Bd., 1883).

(2) H. ScHauINsLaAn». Die embryonale Entwicklung der Bothriocephalen. (Jena, 1885).

2 Gale

u’est nullement séparé des granulations de la portion membraneuse.

Malgré toutes mes tentatives, je n’ai pas pu arriver à mettre en évidence, des lignes indiquant la limite des cellules. Aucun réactif, y compris le nitrate d’argent qui réussit ordinairement bien pour ce genre de recherches, ne m'a donné le résultat désiré.

L’ectoderme primitif doit en définitive être considéré comme une membrane formée par des cellules embryonnaires considérablement aplaties et soudées entre elles par leurs bords membraneux. Pour des raisons que j’exposerai plus loin, je ne suis pas éloigné de croire, qu’au moment de leur métamorphose, les cellules ectodermiques incorporent une certaine quantité de syncytium nutritif.

L'espace m’a manqué dans mes planches pour représenter un lambeau ectodermique d’une certaine étendue, j'ai dû me contenter de représenter l’aspect que présentent quelques cellules isolées dont la portion membraneuse est déchirée (PI. IT, fig. 10, 11 et 12).

J’ai fait des recherches dans le but de savoir si le nombre des cellules ectodermiques primitives était constant. Pour cela, j'ai compté avec soin le nombre des noyaux ectodermiques de mes coupes. Je sais bien que cette méthode est loin d’être infaillible, parce qu’il y a des noyaux qui peuvent échapper à l’observation ; toutefois, je puisaffirmer que le nombre des cellules ectodermiques est essentiellement variable. Ce fait, d’ailleurs, est en rapport avec le mode d’accroissement de l’ectoderme. J’ai constaté en effet que, pendant tout le cours du développement, des cellules migratrices viennent s’aplatir à la surface de l’embryon, et s’y transforment en cellules ectodermiques, de sorte que le nombre de celles-ci s’accroît incessamment. On peut voir dans la figure 11 (PI. V), une de ces cellules ayant récemment pénétré dans le revêtement ectodermique. Ces phénomènes expliquent pourquoi les noyaux sont irrégulièrement distribués dans la membrane ectodermique ; pour-

Page 1