SCÈNE VI
Les Mêmes, EMERY, puis PBOSrER.
bidaut. allant à Emery*
Eh bien ?...
éjiery, consterné.
C’en est fait, mon ami, plus d'espoir!
prosper, entrant, et avec emphase.
Aucun indice; rien qui puisse meure sur la trace du scélérat 1
alfreo, à part, à la vue de Prosper.
Cet honunc ici !
prosper. d part.
Ah!... notre amoureuil...
ÉMERY, Continuant.
Bien ! que le désespoir et la honte !
Il g^jjnc lentement un siuge à droite près <lu bureau, où il tombe accablé.
prospkr, bas, à Alfred,
Pas la moindre égraliguure!... je vous en félicite.
ALFRED, bas.
Misérable! une telle audace...
PROSPER, 6éM.
Me sauve ; taudis q *e la fuite m’eûX accusé. ALFRED, bas.
Mais d* uu mol je puis le livrer!
PROSPER, bas.
Voulez-vous perdre cette femme?... alors parlex.
Il s'éloigne d’Alfred. Pendant ce colloque , les yeui Je
MAGASIN THEATRAL
M. Êraery sont demeurés Biéssureux erec inquiétude; tout occupé d’Eroery, Bidaut u a rien reman[ué.
éhery, toujours assis au bureau .
Mon commerce ruiné! .. mon honneur perdu !. .. ce soir, on dira à in bourse 1 Joseph Émcry & suspendu scs payements !
Depuis un instant les traits d’Alfred expriment une vire souffrance.
ALFRED, d pari.
Aurai-je la force?...
éhery, continuant.
Oh! l'audience solennelle!... ce tribunal de commerce, où j'ai siégé tant de fois, et qui flétrira mon nom... la sentence prononcée à haute vois, qui rame déclarer insolvable!... Mon Dieu! est-ce donc la ta justice?... est-ce donc U la miséricorde?
iP»» éherv.
Au nom du ciel, ne vous désespérer pas ainsi!
Bin UT.
Madame a raison : il y a de la ressource encore... D'abord, il n'est peut-être pas impnssibl e de se procurer ces cinquante mille francs...
( iCmery le regarde) pour quelques jours seulement... le temps de rattraper ceux qu'on vous a enlevés.
éhery, sévèrement.
Eiplique-toi?...
BiPAGT, éludant.
Ensuite, votre voleur ne saurait se soustraire longtemps aui recherches... Pierre assure l'avoir atteint, et un coup de feu ne se cache pas facilement.
Alfred, gui a parti rapidement la main a ta poitrine, d part.
Mon Dieu! soutenez mon courage!
yne éhkry, ci part , et l'observant .
Qu'a-t-il donc?
FROSFER, m/me jeu , d part.
Cette pâleur n’est pas naturelle.
Alfred, s’avanpant tiers Emery.
Monsieur...
ÉHERV.
Ah ! c’est vous, mon ami ; merci de votre présence... vous avez voulu me serrer une dernière fois la main ; vous avez compris que demain vous ne le pourriez sans honte.
alfred, maîtrisant péniblement ce qu il ressent.
Demain comme aujourd'hui, monsieur, vous serez digne de l'estime de tous.
ÉHBRV.
Que voulet-vous dire?
Alfred, faisant un effort.
Que je viens, au nom de mon père, vous prier de vouloir bien m'accepter pour votre associé. liuERT, vivement touché.
Qu'entends-je î
U se lève et va à Alfred.
ALFRED, d part.
Ah ! que je souffre !
Mme Emery suit tous les mouvemeuLs d’Alfred avec anxiété.
frosper, d part.
Décidément, ccchcr Alfred n'est pas à son aise. éhery, continuant.
Une telle proposition, en ce moment!... Bien, Airred. merci... C’est une généreuse pensée que vous ave* eue la... Mais je ne puis accepter votre dévouement ; je ne vous lierai pas, vous, jeune I et plein d'avenir, « un homme déjà usé par le travail et l'inquiétude.
alfred, se soutenant à peine.
Au nom de tous ceux qui vous sont chers, monsieur,, ne me refusez pas!
BIDAVT, avec prière.
Oh ! acceptez ! acceptez !
éhery, résolument.
Encore une fois, qu'on ne m'en parle plus!
BIDAGT.
Eh bien, soit!... (Jetant un coup d'ail sur Alfred.) Mais vous avez des amisfUosle Havre... de vrais amis... si l'un d'eux venait vous offrir la somme nécessaire...
éhery, vivement.
Mais cette tomme, je l'emprunterais, et je n'ai pas davantage le droit d'emprunter, car je ne tais ni quand ni comment je pourrais rendre... et l’homme qui emprunte sans garantie, sans certitude de s'acquitter, commet un vol !
Bidaut demeure abattu.
alfred, d part, et douloureusement.
Ah ! je souffre trop !
„»• émery , à part.
Mon Dieu! il chancelle!
éhery, tendant la main d Alfred.
Je vous afflige, mon ami... mais je le dois... pénétré de reconnaissance pour vos nobles intentions, je dois les repousser.
Prosper et Mur Emery ont les yeux attachés sur Alfred. alfred, balbutiant.
Pourtant, songez-y, monsieur... ce payement ... (Avec un cri, et succombant d la souffrance .) Ah! je me meurs!
éherv, le soutenant dans ses bras.
Alfred, monanri. qu’avez-vous?
Oa dépose Alfred évanoui «ur un fauteuil au milieu du théâtre ', ou l’entoure.
BIDAUT
Voilà qui est étrange !
éherv, portant lamaind l'habit d Alfred pour le déboulonner.
C’est à la poitrine qu’il parait souffrir.
prosfer, faisant unmouvement pour s’y opposer.
Une émotion, bien naturelle en celle circonstance!... 11 suffira de l'approcher de celle fenêtre.
éhbry , qui a continué de déboulonner Alfred. Que vois-je?... du sang !
TOCS.
Da sang !
BIOACT. tressaillant.
Ah! quel soupçon 1
émeut, de mime.
Se pourrait-il T
prosper, à pari.
Cela Tt mal!... (Puis cherchant à donner I* change.) Ce pauvre Alfred !... il se sera battu. ridai t, examinant la poitrine d'Alfred.
Cette blessure présente à l'œil l' empreinte d'un coup de feu!
émeut, de même.
Impossible de douter; le plomb a tracé sur la poitrine du coupable la preuve de son crime.
Ici Alfred fait no mouvement, et revient peu à peu à lui. Moment de silence.
bioact, tristement.
C'était luil
émeut, de même.
Alfred Ménard un voleur!
ALPEEn, retenant à lui. et s'écriant.
Un voleur !... moi ! (Se levant.) Oui osedirecela T 1! s'arrête court à la vue de M®* Emery.
m“* émeut, à part, et à demi mourante.
Je suis perdue !
prospeu, à part.
Me voilà pris !
émeut, d Alfred.
Achevez!... Seriez-vous donc innocent?
Long silence, anxiété chez tous les assistants. alfrei), d'une voue altérée, et le regard attaché sur Emery.
Je suis coupable!
émeut, s’écriant d demi.
Que dites-vous?
alfued, après l'avoir du regard conjurée de se taire.
le dis la vérité.
bioact, attiré.
Ab!
émert, de mime.
Le malheureux !
prosper, d port, et jouant l’émotion.
Eh bien, ma parole, voilà un beau trait I Bruit à gauche.
émert, t itemenl.
Quelqu'un!... (A Alfred.) Remettez-vous, remettez-vous !
On le fait passer à droite et asseoir en avant du bureau. (
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