‹ EmileChapitre 43 sur 56 · DUC LOS · texte numérisé non relu

DUC LOS

Je suppose différentes jeunes filles, nées dans les conditions les plus diverses et toutes parvenues à l'âge nubile.

Valentine est douée de tous les dons de l'éducation, de l'esprit, de la jeunesse et de la fortune. Elle peut choisir un mari à son gré : elle n'a que l'embarras du choix. Elle est catholique. Elle plaît à Lucien, pareillement doué de tous les dons de l'éducation, de l'esprit, de la jeunesse et de la fortune ; mais il est protestant. Lucien insiste pour épouser Valentine. Elle le refuse, et ce refus est fondé sur ce que, le protestantisme accueillant le divorce, que repousse le catholicisme, aucun mariagene saurait avoir lieu entre deux personnes appartenant à des religions dont Tune le proclame un acte indissoluble, tandis que l'autre admet que c'est un nœud qui peut se dénouer. En effet, il n'y aurait pas eu pour Valentine garanties suffisantes et égalité de condition réciproque. Lucien est donc écarté. — Roger se présente. Valentine l'écarté

aussi. Pourquoi ? Roger lui déplairait-il ? Non ; au contraire, il lui plaît : il est beau, il est riche ; mais Valentine, éclairée par les conseils et l'expérience de sa mère, a entrevu dans l'indiscipline des opinions de Roger en matière de foi religieuse et de dépendance sociale, que ce seraient là deux freins qui le retiendraient peu le jour où il trouverait trop pesante ou trop courte la chaîne du mariage et oîi il serait tenté de la rompre, trop heureux de recouvrer sa liberté au prix de l'abandon, de la perte du douaire par lui constitué à Valentine par acte authentique, si considérable que fût ce douaire. Roger n'est point accueilli. Valentine lui préfère Edouard. A-t-elle tort? a-t-elle raison?

C'est ce qu'apprendra l'avenir. L'acte constitutif du douaire a été dressé devant notaire; le mariaige a été célébré par le

prêtre , il est consommé ; Valentine est répouse d'Edouard. Entre ce qui avait lieu sous le régime qu'il est question de réformer et ce qui vient de se passer hypothétiquement, nul autre changement, si ce n'est que Valentine conserve le nom de sa mère et que ce nom est celui qu'elle transmet à ses enfants. Je suppose que^ Valentine ne se soit pas trompée dans son choix; je suppose Valentine mère de trois enfants : ils savent qu'ils n'ont de droit que sur les biens de leur mère, après sa mort, et que la fortune de leur père ne leur reviendra que s'il la leur donne expressément par un acte spontané de sa libre volonté ; ils n'y comptent donc que très-éventuellement et dans une certaine mesura ; comptant moins sur lui, ils comptent plus sur eux. Loin d'être un mal, ce sera un bien ; ce . sera un

stimulant et un progrès. Maintenant , je suppose 'que Valentine ait été la victime d'une illusion. Edouard ne possédait aucune des qualités qu'elle lui supposait. Ce • qui paraissait vertu en lui n'était qu'inexpérience; ce qui paraissait douceur n'était que faiblesse de caractère. Perverti par de funestes influences, il ne tarde pas à tomber dans tous les excès d'une vie dissipée et dissolue. Que fait Valentine ? Si Valentine est véritablement et sincèrement catholique, sa conduite est tracée par sa foi; alors même qu'elle a cessé d'aimer et d'honorer son mari, elle lui est encore fidèle, pour ne pas être infidèle à l'Église. Puisant à la source vive, pure et intarissable de la maternité des forces et des qualités nouvelles, elle se consacre à l'éducation des enfants qui portent son nom et dont elle répond devant la société ; elle y met son

honneur et son bonheur. Les tcois meilleurs rois de France ont été formés par des femmes, par leurs mères : saint Louis, par Blanche de Castille; Louis XII, par Marie de Clèves; Henri IV, par Jeanne d'Albret.

Ainsi, par la maternité, la femme se relève et s'élève. Elle n'est plus irresponsable et désœuvrée. Elle tient dans ses mains, elle le sait, l'œuvre de l'avenir, et elle en répond. La trame qu'elle ourdit est celle de l'humanité. La fonction qu'elle accomplit est la plus haute, la plus noble, la plus difficile de toutes les fonctions. En est-il, en effet, de plus difficile, de plus noble et de plus haute que celle de concevoir un enfant, de le porter neuf mois dans ses entrailles, de lui donner la vie au risque de perdre la lienne, de l'allaiter pendant plus d'une année, de l'élever, de l'instruire, de dis-

cerner ses qualités, de reconnaître ses défauts, de former son caractère, son cœur et son esprit? Pour changer les destinées d'un peuple, il suffit souvent d'un progrès entrepris et accompli par un homme. Toute mère , dans son légitime orgueil , peut espérer de donner le jour à un tel homme. Toute mère peut espérer d'être illustrée par son fils. Est-ce que toute mère chrétienne et croyante n'a pas devant elle un puissant exemple qui doit l'encourager : l'exemple de Marie, la mère de Jésus? Contre un pareil exemple, donnant si pleinement raison à ce principe nouveau que je viens opposer au principe ancien, que pourra invoquer la contradiction? que pourra-t-elle m'objecter? Contradiction, je t'attends.

Fille d'une mère pauvre ou ruinée. Thé-

rèse ne possède pour toute fortune que les attraits dont la nature Ta dotée. Elle n'est pas seulement exposée à la séduction, elle est encore exposée à l'abus que beaucoup d'hommes ne craignent pas de faire du pouvoir matériel ou de l'ascendant moral que leur donne l'avantage de certaines positions. Pour se soustraire aux obsessions dont elle est l'objet, — obsessions empruntant toutes les formes, celle de la prière et celle de la menace alternativement, — Thérèse fera-

t-elle entendre la voix de la vertu ? Une

pauvre fille qui parle de sa vertu et qui n'a que ce rempart pour se défendre contre une convoitise déterminée est une fille perdue. Toute résistance de sa part ne fait que rendre le désir plus vif et l'attaque plus hardie. La vertu n'est un rempart invincible que contre l'amour sincèrement éprouvé et profondément

ressenti : dans ce cas, la timidité de l'homme fait la force de la femme.

Pauvre fille obscure qui répètes, sans les bien comprendre, les mots d'honneur et de vertu qu'on t'a appris, ne vois-tu pas que tu te livres lorsque tu crois ainsi t' abriter derrière eux ? Ta vertu ! En quoi donc seras-tu plus honorée si tu la gardes ? moins honorée si tu la perds? Est-ce que le monde qui dispense l'estime te cojinaît, te regarde et tient compte des assauts que tu repousses, des luttes que tu soutiens, et finalement de ta victoire ou de ta défaite? Est-ce que la misère d'une femme n'est pas jugée plus sévèrement que sa faiblesse ? Est-ce qu'il ne vaut pas mieux être recherchée que repoussée? Tu crains la médisance? Ignores-tu donc que la calomnie existe ? On ne dira pas que, placée entre deux sacrifices, tu as

préféré faire celui de ton travail et de ton pain ; on dira le contraire, on dira que c'est parce que tu t'es mal conduite que tu as été renvoyée de la maison, du magasin, de l'atelier ou de la fabrique. L'hypocrisie a des alliés et des cautions que la vertu n'a pas. Il est communément admis, comme présomption, que l'hypocrisie dit la vérité et que la vertu ment. Pauvre fille assiégée, à qui ce langage est tenu crûment^, réponds-y, si tu peux.

Crois-moi : si tu es sincère et si tu veux être invincible, cesse de le servir de mots de convention qui, tombant de tes lèvres, sonnent faux ; ne prononce plus le mot de vertu; c'est tm mot trop dangereux à employer. Prononce tout de suite et sans hésiter le mot de maternité. Derriè;'e ce mot fermement articulé, tu seras inviolable.

Déclare que tu ne te pardonnerais pas, et que la société elle-même ne te pardonnerait pas, si tu mettais au monde un enfant dont le sort et l'éducation Sauraient pas été préalablement assurés ! Renferme-toi dans ce dilemme inexpugnable et n'en sors pas ; dis à ton séducteur ou à ton oppresseur, peu importe, dis-lui : « Ou vous m'aimez ou vous ne m'aimez pas ; ou vous êtes un honnête homme ou vous êtes un malhonnête homme. Si vous m'aimez, ainsi que vous le répétez si vous êtes un honnête homme ainsi que vous le prétendez, prouvez-le en me garantissant les moyens d'élever l'enfant qui portera mon nom et qui aura le droit de me demander compte de l'existence que vous lui aurez donnée, mais qu'il aura reçue de moi ; lorsqu'il aura besoin de pain ou d'appui, ce n'est pas à vous qu'il s'adressera, ce

sera à moi ; vous, peut-être, ne vous verrat-il jamais ; moi, il me verra toutes les fois qu'il ouvrira les yeux. Vous hésitez, vous .refusez... donc il n'est pas vrai que vous m'aimiez, donc il est douteux que vous soyez un honnête homme ! »

Mais j'aperçois que vous pensez et j'entçnds que vous dites : Ce langage est celui de la fille qui se vend et ne se donne pas.

Je reprends en ces termes : Non, monsieur, ce langage est celui de la mère qui considérerait non plus justement comme une faiblesse, mais en réalité comme un crime de donner la naissance à un enfant dont elle serait obligée de cacher l'existence, et qu'elle serait contrainte d'aller furtivement déposer autour d'un hospice. Si j'ai un enfant, je veux le porter, l'allaiter et l'élever sans mystère; je veux lui apprendre à aimer et à res-

pecter sa mère, qui, avant de penser à elle, aura pensé à lui. De quoi aura- 1- il à se plaindre? Son éducation aura été assurée. Qu^aura à dire la société? Elle aura été ainsi délivrée de la charge et du soin de pourvoir à l'existence de milliers d'enfants trouvés et abandonnés. Habitué que vous aviez été à faire retomber, sans scrupule, sur la femme subornée ou violentée tout le risque et toute la responsabilité de ce qu'il vous convenait d'appeler l'excès de sa faiblesse, et qu'il eût été plus juste d'appeler l'abus de votre force, ce langage si vrai, si simple, si posi- tif, exempt de grandes phrases et de faux sentiments, glace vos transports et dissipe l'ivresse de vos sens ; vous reconnaissez que vous n'y sauriez rien répondre...

• L'honnête homme qui s'était oublié se sent troublé dans sa conscience ; en lui par-

lant ainsi, la pauvre fille l'a réduit au silence. Le mot de vertu l'eût perdue. Le cri de la maternité l'a sauvée!

Est-ce vrai?

Mères, apprenez donc à vos filles à se défendre et à se protéger par d autres raisons que les raisons banales et impuissantes que vous les avez accoutumées à répéter machinalement, sans tenir compte des différences de conditions qui résultent de la société telle qu'elle est constituée! Mères, dites donc de bonne heure à vos filles ce que c'est que la maternité! enseignez -leur que c'est, à la fois, pour * la femme, le plus grand des périls et le plus impérieux des devoirs ! Qu'elles sachent que c'est au prix de sa vie, souvent, que la mère met au monde un enfant, et qu'en tout cas elle ré-, pond de lui, soit qu'elle meure ou qu'elle

survive. G*est principalement l'inexp'érience qui recrute la prostitution, laquelle, ensuite, s'entretient par* l'opprobre qui s'attache à ce qu'on est convenu d'appeler la. première faute. Donc faites d'abord cesser l'inexpérience; après viendra le jour où il n'y aura plus d'opprobre "et de sévérité que pour la mère qui, sous quelque prétexte que ce soit, aurait manqué aux devoirs de la maternité. Finissonsen avec les grands mots et les phrases creuses. Toute prime doit se proportionner au risque qu'elle se propose pour but et qu'elle doit avoir pour effet d'anéantir. Que l'homme soit responsable de l'enfanl devant la femme et que la mère soit responsable de l'enfant devant la société, et l'on ne tardera pas à voir se fermer, en même temps que les tours d'enfants trouvés, le goufire de la prostitution. C'est

par la maternité, réhabilitée en certains cas, et toujours honorée, qu'il se comblera. Combien de malheureuses filles qui, d'échelon en échelon, sont descendues au dernier échelon de l'ignominie, et qui fussent restées de dignes et d'excellentes mères, si elles avaient pu, sans fausse honte, avouer l'existence de leur enfant et l'élever publiquement au lieu de l'abandonner clandestinement! Le plus souvent, l'enfant et la mère se protégeront réciproquement : la mère, en mettant son enfant à l'abri de la misère; l'enfant, en tenant sa mère en garde contre la séduction. *

0 maternité, lorsque tu seras ce que tu ^ dois être, la vertu de la femme et son point d'honneur, la société, comme la terre, tournera d'elle-même!

La prostitution n'existera plus, car ce

sera un effet qui n'aura plus de cause.

II y aura des unions contractées devant le notaire et sanctifiées par le prêtre, et des unions contractées devant le notaire seulement.

La société pourra avoir deux poids pour peser ces deux sortes d'unions, honorer plus les unes, honorer moins les autres, mais de .celles-ci comme de celles-là les enfants n.aîtront égaux devant leur mère, dont ils porteront le nom.

Louise est née dans la condition la plus modeste ; elle a été habituée par sa mère à vivre de peu et à économiser beaucoup.

Michel le sait : c'est la femme qu'il lui faut et qu'il désire avoir. « Louise, lui dit Michel, voulez-vous nous marier? — Michel, répond Louise, vous savez que je ne possède rien;

quelle épargne avez-vous? — Aucune encore, répond Michel. — Eh bien, reprend Louise, travaillez et attendes: pour m'épouser que vous ayez amassé la pelite somme nécessaire pour opérer le versement exigé par la Caisse maternelle, de telle ^orte que, si vous veniez à mourir, ou si vous veniez à vous déranger et à m'abandonner, les enfants que je pourrais avoir ne manquent ni de pain ni d'éducation. » Si Michel esl un brave et digne garçon, il se mettra à l'ouvrage, redoublera d'efforls et se surpassera* ; si, au contraire, Michel n'est qu'un cou/eur^ le chemin qu'il

é i. La pauvre OUe 6\m pnysan suisse se croirait déshonorée si, en se mariant, elle n'apportait pas à son mari son lit, le mobilier de noyer et un trousseau complet con^.posé de tout le Hngc dont elle aura besoin pour le reste de sa vie; de son côté, son époui n^oserait pas se présenter à l'église pour la cérémonie s'il ne portait pas l'uniforme neuf et complet de la milice.

prendra ne sera plus celui qui conduit à la maison de Louise.

L'objection qu'on ne manquera pas de faire est celle qui va suivre : « Demander ainsi à l'ouvrier, avant de se marier, qu'il possède déjà une épargne, si faible qu'on la suppose, c'est ne pas tenir compte de l'insuffisance des salaires; ce serait donc reculer de plusieurs années, pour un grand nombre d'ouvriers, l'époque à laquelle ils ont l'habitude de se marier. Ainsi empêchés de se marier dans toute la vigueur de l'âge, et entraînés par elle, beaucoup d'excès de leur part ne seraient-ils pas à redouter? »

Je réponds : Si les salaires tels qu'ils sont fixés sont insuffisants, eh bien, par la loi même du travail, lequel doit être rétribué selon sa valeur, ils s'élèveront et devront s'élever au taux nécessaire pour se propor-

tionner aux risques prévus et aux besoins légitimes du travailleur. Il n'y a pas une considération sociale au nom de laquelle j'admette que, pour ne pas diminuer le profit de tels hommes, d'autres hommes seront éternellement condamnés à l'insuffisance du salaire, et que, pour mettre telles femmes à l'abri du viol, d'autres femmes seront nécessairement vouées à la prostitution.

Non, malgré l'autorité de saint Augustin*, je n'admets pas cela, et la société elle-même n'a pas d'intérêt à l'admettre. La justice est l'aplomb des sociétés. » Si l'on ne veut pas qu'elles s'écroulent, qu'on les construise donc

1. Retranchez les femmes publiques du sel a de la société, la débauche la troublera par des désordres de tout genre. Les prostituées sont dans une cité ce qu*est un cloaque dans un palais. Supprimez ce cloaque, et le palais devient un lieu malpropre. (Saint Augustin.)

comme l'on construit les maisons, non en violant les lois de la statique, mais en les observant.

Louise, persistez dans la réponse que vous avez faite à Michel, et le travail donnera au travailleur, à la fois contenu et stimulé, les moyens d'épargner la somme nécessaire à la constitution préalable du douaire universalisé.

Ce sera, du même coup, l'affranchissement du travailleur, qui acquerra ainsi l'habitude de Tordre, et l'affranchissement de la femme, qui acquerra ainsi la garantie de son indé*pendance.

Je dis l'affranchissement de la femme, car la pauvre femme ne sera plus exposée, ainsi qu'elle l'est trop souvent, à être malmenée par le mari qui se dérange, qui la délaisse, et même qui la bat lorsqu'elle se hasarde à prendre la défense de ses enfants affamés

il8 LA LIBEUTÉ DANS LE MARIAGE.

et à remontrer à son indigne mari qu'il fait un mauvais usage de l'argent qu'il gagne, argent qui serait si nécessaire à l'enlretien du ménage! Demeurée esclave, serait-elle moins libre et plus maltraitée?

Si le père est attaché à ses enfants, la femme, sous le régime de la maternité, aura sur le mari un moyen d'action puissant qui lui manque présentement sous le régime de la paternité. A ce double titre de mari et de père, elle le contiendra par la menace et la crainte de se séparer de lui en emmenant avec elle les enfants de leur union. Ce sera son droit, car c'est à elle qu'ils appartiendront uniquement, en cas de séparation. Un contre-poids, rendant la faiblesse l'égale de la force, sera ainsi donné à la femme qui n'avait pas d'arme, à la pauvre femme impuissante non -seulement à se

défendre, mais encore à défendre ses enfants.

Le mari, me dit-on, laissera partir sa femme et ses enfants, dont il se peut qu'il ne soit pas fâché d'être débarrassé.

Cette objection, qui paraît victorieuse, serait en effet fondée, si le régime actuel subsistait; mais, sous le régime nouveau, elle est sans fondement et sans valeur. On oublie deux choses essentielles : que la femme qui se sépare de son mari conserve son douaire, et qu'avant de la remplacer, il faudra qu'il ait épargné l'argent nécessaire pour constituer un douaire nouveau, douaire qui sera d'autant plus impérieusement exigé de lui que, par sa conduite antérieure, il présentera moins de garanties et inspirera moins de confiance.

Adrienne est mariée; elle est mère de

deux enfants qu'elle aime ; cependant cette

tendresse n'a pas suffi pour la protéger efficacement contre l'entraînement et l'écart d'une liaison qu'elle a contractée, et à la suite de laquelle elle est sur le point de donner le jour à un troisième enfant, qui n'aura pas le même père. Sous le régime actuel de la paternité, Adrieime n'aurait eu que cette étroite alternative : ou bien attribuer cet enfant à l'homme qui n'eu est pas le père, ou bien priver l'enfant de son état, au risque d'encourir, un jour, la peine infligée aux soustractions d'état : de cinq à dix années de réclusion. Entre deux crimes, lequel choisir? Sous le régime de la maternité disparaît cette odieuse alternative. Adrienne n'est obligée ni de se conduire en femme vile, ni de se conduire en mère dénaturée, ni d'imputer mensongèrement son enfant à.

l'homme qui n'en est pas le père, ni de priver son enfant de l'état qui lui appartient et des soins qui lui sont dus. Elle donne son nom au troisième de ses enfants, comme elle l'a donné aux deux premiers. Tous les trois sont égaux devant elle ; tous les trois, à sa ôiort, auront le même droit à sa succession. Si le principe de l'égalité des enfants devant la mère, lequel a pour effet la liberté dans le mariage, ne rend pas moins rare la fidélité réciproque, du moins il écartera du mariage la paternité frauduleuse et l'imposture légale. Ce ne sera plus le mensonge qui régnera, ce sera la vérité. Il n'y aura plus deux vérités : une vérité selon la nature et une vérité selon la loi. Il n'y aura qu'une vérité. La société y gagnera; car les mœurs, qui se pervertissent par l'hypocrisie, se réforment par la publicité.

Vous trouvez mal que Tadultère dénoue le nœud conjugal ! Trouvez-vous donc mieux qu'il le resserre?

Emportée par l'impétuosité de ses sens, ou égarée par l'excès de son imagination, Adèle, est une exception parmi les mères. Elle a des enfants, mais elle les aime peu et ne s'qn préoccupe' pas. Ils deviendront ce qu'ils pourront. La vie qu'elle mène est une vie dissipée, dissolue, qui doit aboutir inévitablement à la misère. Sous le régime de la maternité, que deviendront les enfants d'Adèle? -r- Je vous demande ce que deviennent aujourd'hui, sous le règne qui interdit la recherche de la paternité, les enfants de la débauche éhontée ou de l'adultère clandestin? Pourquoi tant de pitié dans un cas et si peu dans l'autre? Il faudrait être con-

HYPOTHKSES. 123

séquent. Si d'ailleurs le sentiment de la paternité a sur l'homme tout l'empire qu'on lui attribue, Ifes pères de ces enfants ne seront-ils pas là? Qui les empêchera de suppléer la mère? Assez longtemps, les mères dévouées ont suppléé les pères dénaturés. Ce ne serait que justice, ce ne serait que réparation.

Durand est cathoh'que; Sidney est protestant; Bou-Jaghla est musulman. Tous les trois habitent Paris. Sous le régime de la liberté dans le mariage et de l'égalité des enfants devant la mère tel que je viens de l'exposer, Durand ne pourra divorcer sans que le divorce consommé équivale de sa part à une abjuration formelle. Dans ce cas, l'entrée de l'église, sa paroisse, pourra lui être interdite; son nom pourra être publié en

chaire, comme il le fut, sous le nom de bans, avant la célébration religieuse du mariage. J'admets, je reconnais, je proclame la toutepuissance des ministres du culte dans le royaume de la foi. L'excommunication est leur droit.

Sidney pourra divorcer à Paris aussi facilement qu'il pourrait divorcer à Londres ou à Bruxelles* Il ne devra compte de ses motifs qu'à sa conscience et qu'à la conscience publique, ces deux juges prononçant l'un en instance et l'autre en appel.

Bou-Jaghla pourra avoir le nombre de femmes que sa religion lui permet, sans qu'il soit fait de distinction entre sa résidence en France et sa résidence en Algérie.

Je viens de*parcourir le cercle des principales hypothèses ; je me résume et j'afTirme :

Que le régime nouveau, qui consiste à proclamer l'égalité des enfants devant la mère et à introduire ainsi la liberté dans le mariage, loin d'en relâcher les liens, les resserrera plutôt, parce que le père, pouvant être privé de ses enfants, s'il les aime, s'appliquera à rendre à leur mère la vie aussi douce, aussi agréable, aussi commode que cela sera en son pouvoir; parce que l'épouse, n'ayant plus contre le mari qui incliner9.it à se séparer d'elle de recours que devant sa conscience et devant l'opinion publique, tiendra deux fois, et comme femme et comme mère, à ne pas mettre les torts de son côté;

Que ce régime ne porte aucune atteinte funeste aux mœurs privées et à la moralité publique ;

Que, s'il peut être préjudiciable à des enfants en très-petit nombre, il sera certaine-

iîQ LA LIBERTÉ DANS LE MARIAGE.

ment profitable au nombre le plus grand;

Que s'il change les conditions d'héritage et de transmission de la propriété, c'est pour faire passer avant elles les véritables lois de la population humaine, manifestement violées . par l'état social tel qu'il existe et tel qu'il a pour effet de contraindre de malheureuses femmes, pour gagner péniblement quelques décimes par jour, à déserter le foyer maternel et à aller s'enrégimenter dans des manufactures, des fabriques et des'ateliersoîi elles dépendent des maîtres et des contre-maîtres, contre lesquels elles n'ont d'abri que dans la laideur ;

Que s'il change les conditions du mariage, c'est pour les améliorer ;

Que s'il fait du douaire la règle et de la dot l'exception^ il faudra s'en applaudir : trop souvent l'acte de mariage n'avait d'autre ob-

jet que de marier deux piles d'écus ou deux lambeaux de terre; moins rarement on mariera pour eux-mêmes un homme avec une femme; l'argent comptera moins, la beauté comptera plus;

Qu'en mettant la beauté des femmes à un plus haut prix, il tarit la source de la prostitution, et ainsi ne lui laisse plus pour s'alimenter que les rebuts de la nature, le résidu physique avec le résidu moral;

Qu'en développant le sentiment de la maternité, qu'en en faisant la vertu, le point d'honneur, la force de la femme dans sa faiblesse, il porte à la prostitution, qui aurait échappé au premier coup, le coup suprême ; Que l'homme, qu'on s'accorde si souvent d'ailleurs à représenter comme étant trop avide de bien-être matériel, ne fera pas moins d'efforts pour s'enrichir parce que ses efforts

se proposeront pour but la possession d'une femme qu'il aspirera à pouvoir choisir, au lieu de se proposer pour but la transmission du même domaine de père en fils;

Que le sentiment filial du fils à l'égard du père n'en sera que plus vif et plus pur, lorsque ^ le fils n'aura rien à prétendre du père, mais qu'il en pourra tout recevoir. De nos jours, et sous le régime de la paternité, combien ne voit-on pas de fils laisser percer, dans leur langage plus ou moins dissimulé, l'impatience avec laquelle ils attendent, pour hériter, le jour de la mort de leur père! Rarement, trègrarement on voit le fils, la fille, excités par la même convoitise, désirer la mort de leur mère. Pourquoi cette difl'érence, qui ne sera pas niée? C'est à la nature d'en donner l'explication.

Demandez-la-lui.

Sous le régime de la paternité :

L'épouse comblée des biens de la fortune fléchit sous le poids d'une oisiveté qui le plus souvent enfièvre et égare son imagination. Elle ne sait que faire pour employer son temps. La femme ne fait rien, parce que l'homme fait tout.

L'épouse qui n'a pas apporté de dot et qui n'a pas reçu de douaire fléchit sous le poids d'un travail contre nature, qui l'oblige, par économie, à se séparer de son enfant peu de jours après lui avoir donné la naissance, à le mettre en nourrice loin d'elle, moyennant 5 ou 6 francs par mois* ; qui l'oblige à aller travailler d'un côté lorsque son mari va travailler de l'autre, et les force à ne se rejoindre que

1. Le prix des mois de nourrice, en moyenne, pour laprarrhère année, est de 7 fr., et de 5 fr. après le sevrage.

le soir, en rentrant chacun de l'atelier qui les a tenus éloignés de leur ménage toute la journée. Si c'est là ce qu'on appelle la famille et la vie de famille, cela vaut-il, en conscience, tout le bruit qu'on en fait?

La femme, le fils et la fille font concurrence au mari et au père, et par cette concurrence abaissent le taux du salaire et appauvrissent le ménage lorsqu'ils s'imaginent leur venir en aide.

Sous le régime de la maternité, au contraire :

Plus la femme est riche, moins elle est désœuvrée, car non-seulement elle a ses enfants à nourrir, à élever, à instruire, à surveiller, mais encore elle a à administrer sa fortune, qui sera la leur. Conserver cette fortune, l'accroître même, voilà de quoi oc-

cuper ses loisirs, calmer son imagination et la refréner. C'est à tort qu'on suppose que les femmes sont peu aptes à la gestion des affaires : elles y excellent pour si peu qu'elles s'y appliquent ou qu'elles y aient été exercées.

Plus le ménage est pauvre, plus le mari y représente le travail et le salaire, plus la femme y représente la prévoyance et l'épargne. Chacun des deux exerce ainsi sa fonction naturelle. Le mari gagne doublement à ce que la femme ne travaille pas. Elle ne fait pas baisser le salaire et elle l'économise. Les enfants, ne travaillant pas avant l'âge où leurs forces ont acquis le degré de développement nécessaire à leur plénitude, ont le temps de s'instruire. Ainsi, par la maternité, ce puissant instinct ; ce noble sentiment, se régénérera l'humanité.

La maternité est un moule déformé auquel il faut rendre sa forme, si Ton veut arrêter le déclin visible des générations asservies par l'industrie.

La nourrice mercenaire, cette violation funeste d'une loi naturelle , cette cause profonde, très-profonde de perturbation sociale, et l'instituteur primaire, désormais inutiles, disparaissent heureusement : car tous deux sont remplacés par la mère. Alors se resserre naturellement le lien filial, détendu par la nourrice et par l'instituteur.

Dans l'ordre naturel , la mère qui met au monde un enfant doit l'allaiter *.

Qu'arrive-t-il lorsque, sous un prétexte ou

par un motif quelconque, la mère viole cette

i. Toutes les Germaines Dourrissaient elles-mêmes leurs enfants.

Raphaël eut pour nourrice sa mère, Elisabeth Qarla.

loi de la nature et met son enfant en nourrice? II arrive que la mère change ainsi les rapports régulièrement établis entre les deux sexes, lesquels peuvent alors se rapprocher prématurément*: atteinte portée aux lois naturelles de la population.

Il arrive que la malheureuse femme, qui gagne dans une fabrique ou un atelier de 15 à 30 francs par mois, pour conserver son

1. Charles Loddon. Solution du problème de lapopiUation et des subsistances.

« Après que le petit enfant est né, une vraie mère le doict nourrir et alaicter de ses mamelles, qui est la belle fontaine que dame Nature, sage et profide, a préparée à cet effet. Et quel passe temps plus grand pourroit avoir une femme en ce monde que CQlui qu*elle ha en alaictant ses enfants, desquels le petit patois et gergon gratieux, la difficulté de la prolation de leurs mots, le rys souef et amoureux, la joycuseté qu'ils donnent à la maison, passe tous les badins du monde. » (Patricle de Sekès, évêque de Caiete. Livre de la police humaine^ page 75.)

pain fait passer son lait, et met, loin d'elle, son enfant en nourrice moyennant 5 ou 7 francs par mois, afin de réaliser un profit de 10 à 24 francs ; atteinte portée aux lois naturelles de la concurrence.

Il arrive que le lien maternel et filial se relâche considérablement des deux parts et n'existe plus qu'en apparence.

Il arrive que, le véritable obstacle jorét'en-

/î/ étant affaibli , des économistes s' appelant

Malthus sont obligés d'en chercher et d'en

• imaginer un factice, impuissant et funeste*.

1. En Bavière, on a cherché à mettre ua obstacle à des mariages inconsidérés, en les défendant à ceun qui ne rem* plissent pas certaines conditions. Mais en voulant remédier à un mal n'a-t-on pas produit un mal plus grand encore? N*a-t-on pas jeté la perturbation dans tes familles? On trouve, en effet, que le nombre des enfaâts illégitimes y est presque égal à celui des enfants légitiines. (Qoetelbt, Du système social, page 69.)

Il arrive que la mortalité des enfants> s'accroît et que leur constitution physique s'étiole. .

On me dit : Ne soyez pas absolu...

Toutes les femmes ne peuvent pas allaiter leurs enfants.

Je réponds : D'abord, vous qui l'affirmez, en êtes-vous bien sûrs?

Ensuite, les mères qui disent qu'elles ne le peuvent pas ont-elles essayé?

Enfin, les causes pour lesquelles elles ne le peuvent pas, ou pour lesquelles elles disent quelles ne peuvent pas, ont- elles été attentivement recherchées et examinées ?

Si, en réalité, elles ne le peuvent pas, si effectivement elles n'ont point de lait, il y a de nombreux exemples- d'enfants élevés au biberon, et nourris de lait de chèvre ou de

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lait de vache coupé d'eau*. Du moins, si elles n'allaitent pas leur enfant, elles rélèveront , ou il s'élèvera sous leurs yeux.

Si, pour accoucher, une femme pouvait se faire suppléer par une autre, combien de femmes grosses prétendraient qu'il leur est impossible par elles-mêmes de mettre leur enfant au jour 1

Elles le diraient.

Les maris le répéteraient.

Le monde le croirait.

Ainsi naissent et s'enracinent certains préjugés, devenus presque indestructibles.

Mais les reines, elles aussi, sont contraintes d'accoucher elles-mêmes.

4. Maqdet. Essai sur les Moyens d'améliorer le sort des enfants. Voir dans cet ouvrage le moyen de nourrir les enfants privés de leur mère.

Il n'y a point d'exception à cette règle; pourquoi donc y en aurait-il à cette autre règle : Les enfants seront allaités par la mère ?

Une seule exception , une seule ! et la règle est détruite. La reine pour une cause, et l'ouvrière pour une autre cause, abandonnent à des nourrices leurs enfants, et trahissent ainsi les saints devoirs de la maternité.

Je suis et je veux donc demeurer absolu.

Sous. aucun prétexte et pour aucun motif, plus de nourrices.

Dut- on laisser expirer de faim l'enfant que sa mère aurait déclaré ne pouvoir nourrir, ou l'enfant dont la naissance aurait coûté la vie à sa mère , que ce serait encore de l'humanité bien entendue : car ce qu'il y a de plus meurtrier, c'est l'usage, de plus

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en plus général, des nourrices; mais un enfant n'expirera pas de faim lorsqu'il aura ' \ choisir entre le lait de la chèvre et le lait de la vache ^.

Au rebours de. l'antiquité, qui plaçait souvent la mère sous la tutelle de son fils, le fils, élevé dans le respect de sa mère, étend à sa sœur et à toutes les femmes ce respect purificateur qui, en même temps qu'il ennoblit la femme, ennoblit l'homme, et en même

1 . Les visiteurs ont remarqué cpie presque tous les enfants nourris par leur mère se portent très-bien... La mortalité qui était, année moyenne, à Thospice des Enfants trouvés, de plus de 1 sur 3, n'avait été pour les enfants conservés par leurs mères que de 1 sur 14. (Valdrfchb, Rapport du conteU général des Hospices,)

... Ces enfants ont trouvé auprès da leurs mères des chances de vie supérieures de Momé à celles que Thospice leur eût laissées. (Rbmacl«, inspecteur général des établis" semeMs de bienfaisance.)

temps qu'il les fait égaux l'un de l'autre, les fait plus purs tous les deux.

Sans l'heureuse influence de la mère exercée sur le fils., jamais la femme ne se fut affranchie, même incomplètement, de la tyrannie de l'homme. Le passé enseigne donc à la femme le chemin qu'elle doit continuer de suivre, pour atteindre le but dont elle n'est plus éloignée que d'uii dernier pas.

Mère, qu'elle ^e consacre à l'éducation de ses enfants, qu'elle cultive leur coeur et leur esprit; qu'elle apprenne fout ce qu'il sera nécessaire qu'ils sachent et qu'elle sache tout ce qu'il sera nécessaire qu'ils appren-* nent.

L'homme naît de la femme.

Donc ce qui profitera à la femme sera profitable à rilbmme.

Combattre et vaincre pour elle, c'est com-

IfO LA LIBERTÉ DANS LE MARIAGE.

battre et vaincre pour lui. Jean -Jacques Rousseau avait raison quand il disait :

a Les hommes seront toujours ce qu'il » plaira aux femmes : si vous voulez qu'ils » deviennent grands et vertueux, apprenez >» aux femmes ce que c'est que grandeur et » verlu... La première éducation est celle » qui importe le plus, et cette première édu- » cation appartient incontestablement aux » femmes ; si Tauteur de la nature eut voulu » qu'elle appartînt aux hommes, il leur eût » donné du lait pour nourrir les enfants.

» Parlez donc toujours aux femmes, de pré- » férence, dans vos traités d'éducation ; car, » outre qu'elles sont à portée d'y veiller de » plus près que les hommes et qu'elles y » influent toujours davantage, le succès les » intéresse aussi beaucoup plusj puisque la » plupart des veuves se trouvent presque à !

» la merci de leurs enfants et qu'alors ils » leur font vivement sentir, en bien ou mal, » l'effet de la manière dont il sont élevés. » Les lois, toujours si occupées des biens et » jamais des personnes, parce qu'elles ont » pour objet la paix et non la vertu, ne don- » nent pas assez d'autorité aux mères. »

Voltaire avait également . raison quand il disait :

(( La société dépend des femmes. Tous » les peuples qui ont le malheur de les » enfermer sont misérables. »

En effet, par le degré de liberté dont jouissent les femmes se mesure exactement, dans chaque pays, dans chaque siècle, le degré de civilisation que les hommes ont atteint.

Sans l'égalité des enfants devant la mère, l'égalité des citoyens devant la loi n'est qu'une, imposture, car, évidemment etincon-

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testablementj cette égalité n'existe pas pour deux millions huit cent mille enfants qui, arbitrairement qualifiés d'illégitimes, sont mis hors du droit commun en violation de la loi naturelle.

Assez longtemps, on a répété : « Les » hommes font les lois, les femmes font les » mœurs. »

Quelles lois, ô Justice, ont-ils faites!

Je dis : Eh bien ! faisons des mœurs et ne faisons plus de lois.

Le moyen, c'est d'universaliser l'institution du douaire, c'est de fortifier la femme contre l'homme; c'est de chercher, pour parler la langue de Malthus, l'obstacle préventif ou il est, dans la femme, au lieu de demander vainement à l'homme ce qui. n'est pas en lui ; la contrainte morale *; c'est de

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