‹ Emile Nelligan et son œuvre. --Chapitre 38 sur 110 · CAPRICE BLANC · texte numérisé non relu

CAPRICE BLANC

L'hiver, de son pinceau givré, barbouille aux vitres Des pastels de jardins de roses en glaçons. Le froid pique de vif et relègue aux maisons Milady, canaris et les jockos bélîtres.

^Lùs la petite Miss en l)erline s'en va,

Dans son vitchoura blanc, une ombre de fourrures,

Bravant l'intempérie et les acres froidures,

Et plus d'un, à la voir cheminer, la rêva.

Ses deux chevaux sont 1)lancs et sa voiture aussi, Menés de front par un cockney, flegme sur siège. Leurs sabots font des trous ronds et creux dans la neige ; Tout le ciel s'enfarine en lui .soir obscurci.

Elle a pa.ssé, tournant sa prunelle câline Vers moi. Pour compléter alors l'immaculé De ce décor en blanc, bouquet di.ssimulé. Je lui jetai mon coçur au fond de sa berline.

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