FANTAISIE CRÉOLE
Or, la pourpre vêt la véranda rose Au motif câlin d'une mandoline, En des sangs de soir, aux encens de rose, Or, la pourpre vêt la véranda rose.
Parmi les eaux d'or des vases d'Eg}'pte, Se fanent en bleu, sous les zéphirs tristes. Des plants odorants qui trouvent leur crypte Parmi les eaux d'or des vases d'Eg}'pte.
La musique enbaume et l'oiseau s'en grise; Les cieux ont mené leurs valses astrales ; La Tendresse passe aux bras de la brise ; La musique embaume, et l'âme s'en grise.
Et la pourpre vêt la véranda rose.
Et dans l'Eden de sa Louisiane, Parmi le silence, aux encens de rose, La créole dort en un hamac rose.
Il8 EMILE XELLIGAX
LES BALSA^riXES
En un fauteuil sculpté de son salon ducal. La noble Viennoise, en gaze violette, Ue ses doigts ivoirins pieusement feuillette Le vélin s'élimant d'un missel monacal.
Et sa mémoire évoque, en rêve musical, Ce pauvre guitariste aux yeux où se reflète Le pur amour de l'art, qui, près de sa tablette. Venait causer, humant des fleurs dans un bocal.
La lampe au soir vacille et le vieux Saxe sonne ; Son livre d'heure épars. Madame qui frissonne Regagne le grand lit d'argent digne des rois.
Des pleurs mouillent ses cils . . . Au fier blason des portes Quand l'aube eut reflambé, sur le tapis hongrois Le missel révélait des balsamines mortes. . .