EMMA, ROSE
RCSE, entrant.
Vous ne les suivez pas , Mamselle ? /
EMMA
Chez le tabellion? pourquoi?
Pour apprendre le chemin. Ne faut-il pas aller chez lui quand on se marie? et bientôt monsieur Edmon viendra épouser sa bonne amie.
EMMA
Bientôt? je ne dois le revoir que dans un an.
ROSE
Bah ! il y a des années qui passent comme un jour.
EMMA
La fête de son père était si joyeuse autrefois!
ROSE
Celle-ci le sera, Mademoiselle, celle-ci le sera; je me suis arrangée pour ça.
EMMA
De la joie sans lui ?
ROSE
Oh ! sans lui !.. . je ne dis pas . . . je ne peux pas vous dire... (Bas.) Ah ! mon dieu! qu'il arrive donc vile; mon secret m'étouffe.
EMMA
Il y a deux ans qu'à pareil jour , la veille de son départ, il fut pour moi d'une tendresse bien touchante. Tiens, Rose, il était placé là, auprès. . . (Etonnée.) Mon père attend donc quelqu'un à déjeûner ?
ROSE , se mordant les lèvres.
Non. . . je ne crois pas; mais j'ai arrangé la table ni plus ni moins que si la famille était complète ; et tout ça par souvenir, voyez-vous. Est-ce que j'ai eu tort? EMMA, vivement.
Non, je t'en remercie ; je n'ai plus de bonheur que dans le souvenir. . . et sais-lu ce qu'il faut faire encore?... oui, quand on portera la santé de mon père, j'irai chercher les fleurs que nous lui destinons ; je les poserai là, à la place d'Edmon ; je dirai que c'est lui qui offre le bouquet de famille ! . . . . •
ROSE
Eh! vraiment oui, ce sera tout comme.
EMMA
Viens, viens, allons tout préparer.
Elle rentre.
EDMON , sur la colline , derrière quelques arbres , la voyant rentrer.
C'est elle! c'est Emma! je n'ose approcher.
ROSE , regardant à la coulisse de coté.
Mais, mon Dieu, comme il est paresseux ! je vois pourtant d'ici la maison de madame Palmer. Toutes les fenêtres sont ouvertes ; il y a un grand remue-ménage; on doit être arrivé Oh! je grille d'impatience, f
Elle rentre.