‹ Emma, ou, La promesse imprudenteChapitre 32 sur 48 · EDM0N · texte numérisé non relu

EDM0N

Mon père !.. j'ai des torts à réparer ; mes dépenses ont été bien grandes.

Vos dépenses ne m'ont point étonné ; j'ai peu vu le monde, mais je le connais. Quand je vous ai permis d'embrasser un état qui vous forçait à nous quitter, je savais à quoi je m'engageais, je savais que mon fils devait vivre noblement au milieu de l'opulence des villes. Dans vos demandes, je vous ai trouvé raisonnable, parce que je le suis.

EDMON.

Que de bonté ! mais celte dernière somme...

R AYMOND

Elle était considérable, il est vrai , mais utile à votre avancement, Je n'ai pu vous blâmer de vouloir acheter lane compagnie, et d'avoir l'honorable désir d'être un de nos premiers soldats.

edmon .

Ah ! mon père , je n'ai point fait de cet argent un si noble usage. D'anciens créanciers en exigèrent une parlie* ne voulant plus abuser de vos bontés, cherchant autour de moi quelque ressource... des amis dangereux me firent croire que le jeu...

RAYMOND

Le jeu vous m'étonnez, Edmon 5 vous n'êtes pas joueur.

EDMON, vivement.

Non, mon père, et j'atteste le ciel qu'à l'avenir...

RAYMOND

Il suffit, ]e vous crois. Ne mêlez jamais le ciel avec les passions des hommes. Ainsi donc vous avez compté davantage sur le caprice d'une carte que sur l'indulgence d'un père 5 quel faux raisonnement, mon fils! Je vous croyais l'esprit plus juste.

EDMON.

Je sens combien je mérite vos reproches»

RAYMOND

L'aveu que vous me faites m'annonce votre repentir, loignons aujourd'hui tout pénible entretien ; que rien ne ouble notre réunion : écoutez-moi. Je 1 épaterai vos ïrtes; maïs je n'ai plus d'épargnes particulières. Mes ens doivent être fidèlement par tagés entre vous et vos bres; ainsi ce que vous dépenserez désormais diminuera amant votre part de l'héritage. Voilà ce que je vous an- >nce , parce que cela est juste. Maintenant j'ai tout dit ^ ut oublié '7 embrasssz-moi d'uu cœur content.

EDMON.

Ahj mon père si je vous ai fait de tristes aveux , je ai voulu que soulager mon âme et non vous demander ; nouveaux sacrifices. Apprenez qu'au moment où j'étais désespoir, la plus brillante fortune est venue tout-àup s'offrir à moi. Oui, je pourrai désormais suivre vos empies, faire le bien de ma famille, soulager les malureux , tenir un rang honorable , occuper peut-être elque poste important , et faire vivre enfin le nom jpectable que j'ai reçu de vous.

RAYMOND

Expliquez-vous, Ednaon. Vous savez combien je dée de voir prospérer mes enfans.

EDMON , vivement.

C'est ce que j'ai pensé, mon père; et comme il fallait sir à l'instant l'occasion, sans avoir le temps de vous Qsulter....

RAYMOND

Eh bien ?

J'ai pris un engagement.

RAYMOND

Lequel ?

EDMON.

J'ai pourtant balancé; il Allait contrarier les premiers penchans de mon cœur....

RAYMOND

Qu'est-ce à dire ?

. EDMON.

Il fallait oublier une liaison de l'enfance.

RAYMOND , faisant un mouvement.

Je ne vous entends pas.

EDMON.

Le souvenir d'Emma m'était si cher !

RAYMOND, sévèrement.

Je ne vous entends pas , vous dis-je.

EDMON.

Mon père, j'ai signé....

RAYMOND

Quoi?

EDMON.

Une promesse....

De mariage! , ^

EDMON.

11 est vrai.

RAYMOND

Misérable !

EDMON.

Ah! quand vous connaîtrez la femme qui se donne

moi!.

RAYMOND

Je ne connais qu'Emma.

EDMON.

Oh ciel!

RAYMOND

C'est l'arrêt de sa mort que tu as signé.

EDMON.

Mon père !

RAYMOND

Laisse-moi.

Eh quoi ! votre indulgence....

RAYMOND

Jamais pour qui trahit sa foi.

EDMON.

Par pitié!

RAYMOND

Eh ! qui suis-je donc pour vous , moi ?

EDMON.

Vous m'accablez.

RAYMOND

La volonté d'un père n'est donc plus rien à votre avis ?

EDMON.

Je tombe à vos genoux.

RAYMOND

Silence, malheureux! on vient.... laisse-moi garder oute la douleur que tu nous apportes, et cache encore à a victime ton indigne trahison ; jej^l'ordonfie,

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