CHAPITRE XIX
St'jour de Swedenborg à Stookliolm. — Nouveaux embellissemenls de son habitalion. — Lettre an professeur Beyer. — Voyage de Londres. — Séjour prolongé à Amsterdam. — L'ouvrage de l'Amour conjugal et de l'Amour scorlatoire. — Madame la comtesse de Gyllenborg, ou la femme de l'avenir. — La fin de la correspondance avec le prélat Oetinger. — La vie d'Amsterdam. — Relations avec Cuno. — Mémoires laissés par ce dernier. — Sa lettre à Swedenborg. — Les commencements d'un orage en Suède.
L'année 1766 ayant été fort agitée pour Swedenborg, il se reposa un peu en 1767, c'est-à-dire qu'il demeura chez lui, dans sa belle habitation de Stockholm. Il y passa toute l'année, et, y recevant beaucoup de visites, il y fit construire un pavillon d'été spécialement affecté à ces réceptions. Ce fut un joU édifice, avec deux ailes, dans l'une desquelles il plaça son ancienne bibliothèque, celle des ouvrages de science, bien fournie et bien classée, tandis que l'autre était réservée aux instruments du jardinage. Il ne se mêlait pas de la culture de ce domaine, dont il abandonnait à son jardinier la direction comme le produit, mais en habile mécanicien il tenait à
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ce que les outils d'exploitation fussent ce qu'ils devaient être dans sa maison.
Ses travaux ordinaires ne furent pas interrompus pendant cette année, on le voit par une lettre qu'il écrivit au professeur Beyer dans les premiers mois de l'année.
Beyer, adepte plein de zèle, cherchait, questionnait et publiait, soumettant le tout au maître. Il tenait un peu au théosophe Bœhme, et aurait bien voulu une seconde fois qu'on lui en conseillât lalecture. — On lui répond, qu'on ne peut pas le juger, qu'on ne l'a jamais lu. — Il demandait de nouveau si la nouxelle Eglise arriverait bientôt? — On lui répond, qu'il faut s'en faire des idées nettes ; que c'est du ciel que descendra la nouvelle Jérusalem ; qu'elle en descendra en son temps ; que le Seigneur prépare ce ciel en ce moment même pour ceux qui croient en lui et font le bien. « Je vois chaque jour, dit le maître, des esprits et des anges au nombre de dix à vingt mille descendant et montant, rangés dans le plus grand ordre... A mesure que ce ciel se forme, la nouvelle Église commence et s'accroît. Mais cela ne va pas vite, par une raison qu'il faut comprendre. Les universités doivent former de nouveaux ministres, et il faut d'abord donner l'instruction aux universités ellesmêmes ; car le vieux clergé ^protestant; est bien infiitué de sa théorie sur la foi qui justifie (sans les œuvres). »
Ici encore les frères ??zorGî;e5 attrapent, à propos de ce dogme, une petite épigramme bien spéciale.
Le professeur demandait aussi , Quand paraîtrait le traité promis sur TinGnité? — a Le sujet étant trop abstrait et exigeant une rare élévation de pensée , il sera traité avec d'autres choses plus accessibles, surtout avec