CHAPITRE XXIII
iœ dernier \oysRO. — Séjour de neuf moi* S Londres. — Correspondance oicc Jolin Weilej. — Les derniers jours. — Conférences avec Hiirlli:}', Clmdaiiier , ele, — La perle cl le retour de la Faculté de
A l'âge de quatre-vingt-quatre ans, la tâche de Swedenborg était accomplie. Son dernier ouvrage, le résumé de tous les autres, était publié. Dès le mois do juillet 1771 , quelques jours après l'expédition de ses lettres au landgrave, il partit d'Amsterdam pour Londres. 11 y fut atteint le 24 décembre d'une première indisposition, d'une sorte de paralysie et d'une léthargie d'environ trois semaines. Mais il se releva fort bien, et sa dernière maladie ne le prit qu'au mois de février 1772. Qu'a-t-ïl fait à Londres dans cet intervalle î
Comme à Stockholm et à Amsterdam, il menait une vie très-retirée et très-active pourtant au dire de ses notes. Et, en effet, si les indications spéciales nous manquent sur cette époque suprême de sa vie , les
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manuscrits qu'il a laissés parlent à leur place. 11 en a évidemment écrit une partie dans ce temps. Le premier, par exemple, qui est un Appendice à La vraie Religion, n'a pu être rédigé qu'après cet ouvrage. Mais le second est un Exposé sommaire du sens interne des livres prophétiques et des psaumes; le troisième, une Clef hiéroglyphique des Arcanes naturels et spirituels; le quatrième, l'Apocalypse expliquée selon le sens spirituel. Le tout a paru en sept volumes in-4°, dans les années 1780 à 1789. Il est certain qu'il n'a pu composer tout cela dans l'espace de quelques mois ; et la seule recherche des nombreux textes bibliques qu'il cite dans ces écrits et celle des nombreux paragraphes de ses ouvrages qu'il y rappelle , eussent pris un temps plus considérable que ces neuf mois. Quand même un ange lui eût dicté le tout, la plume d'un homme de cet âge aurait eu de la peine à l'écrire. Aussi ces trois derniers ouvrages semblent-ils remonter à des années antérieures. Cependant Swedenborg, qui travaillait sans égard pour le jour ou la nuit, ne prenant de repos que lorsque la nature en demandait; Swedenborg, qui ne perdait pas de temps à lire, car il n'avait auprès de lui aucun livre, pas même le Guide de Londres, disent ses hôtes , continuait toujours son travaU accoutumé , à Londres comme ailleurs : il terminait ses écrits.
Le docteur Messiter , sou médecin , trouva à sa mort des cahiers qu'il venait d'écrire. Il luttait encore avec tout l'héroïsme de son calme et toute l'assurance que lui donnait sa vie habituelle dans les régions de l'éternité, au moment même où le temps allait exercer ses