PREMIÈRE CRISE
1i semble nécessaire de distinguer les cas dans lesquels l'émotion est invoquée plus ou moins justement, à l’origine de la première crise et ceux dans lesqueis elle provoquerait les crises chez un épiieptique reconnu. MARCHAND sur 360 épileptiques en trouve 20 chez lesquels la première crise fut déclenchée par un état émotionnel et 2 chez lesqueis ce furent les crises ultérieures. Ii faut noter que chez 6 sur 20 la crise avait suivi immédiatement l'émotion dont l'influence déclenchante était évidente et qu’il n’en était pas de même chez les autres malades. FÉRÉ, qui rapporte une observation de paroxysme épileptique ayant succédé aussitôt à une émotion, celle d’un malade qui « ayant pris peur dans le fond d’un puits » eut sa première attaque dans l’endroit où il se trouvait, fait remarquer toutefois que les émotions ne sont pas suivies en général de la crise épileptique sans un certain intervalle de temps. Il ne faut pas en déduire, ajoute-t-il, l’inexistence de leur rôle pathogène car « les émotions comme les chocs nerveux en général, laissent toujours après eux, une dépression, et par conséquent, une hyperexcitabilité plus ou moins durable ». Bien souvent, un intervalle de plusieurs heures et parfois de plusieurs jours sépare l'émotion supposée déterminente de la première crise :
Cas de TissOT : un maçon qui voyageait la nuit se croit saisi par un chien qu’il prend pour la bête du Gévaudan et présente le lendemain son premier accès d’épilepsie,
Toutefois ce temps de latence entre choc émotif et première crise appelle évidemment des réserves marquées sur le rapport de causalité qui peut exister entre les deux faits, et les témoignages du malade et de sa famille à ce sujet sont, le plus souvent, fort suspects.