CRISES ULTÉRIEURES
Le déclenchement des crises par un choc émotif est-il également possible chez un épileptique avéré ? Il en existe de multiples observations. KNAPP remarque par exemple que dans les établissements hospitaliers, pour épileptiques, le personnel soignant connait les malades qui ont des crises lorsqu'ils reçoivent de mauvaises nouvelles de chez eux, éprouvent quelque déception, ou se mettent en fureur.
Lorsque la première crise épileptique a été provoquée par un choc affectif, la répétition de ce même choc peut, d’après certains auteurs, causer les accès ultérieurs. En réalité les faits rapportés sont souvent douteux. Citons le cas rappelé par ESQUIROL d’un enfant effrayé par un chien, qui présenta alors sa première crise et dont les accès se renouvellaient chaque fois qu’il entendait aboyer un chien, celui d'HARTENBERG d’un soldat qui eu sa première attaque après l'éclatement d’une bombe près de lui, guérit un an après, mais présenta une nouvelle crise vingt ans plus tard à la vue des mêmes remparts: enfin le cas rappelé par ESQUIROL et GELINEAU d’une fillette chez laquelle le chatouillement de la plante des pieds déclencha la première
crise et qui avait un accès convulsif lorsque l’on parlait de chatouillement devant elle.
Par ailleurs, il faut noter que les épileptiques, et même ceux chez lesquels la première crise a suivi un choc émotif, peuvent dans la suite de leur vie être soumis à des émotions violentes sans avoir de crise.
Quelles sont les émotions efficaces dans le déclenchement des crises épileptiques ? Une prédominance nette des émotions pénibles : peur, crainte, surprise désagréable a été remarquée par les anciens auteurs (GELINEAU., LEURET, FOVILLE, etc...) Les cas que nous avons envisagés jusau’ici confirment cette assertion. FERE admet que les émotions asthéniques : chagrin, peur en particulier, jouent un rôle considérable à l’inverse des émotions sthéniques comme la colère et la joie, rarement observées à l’origine des crises épileptiques.
Il existe de nombreuses observations de crises dues à la peur, celle-ci avant été causée par l’attaaue d’un chien chez l’enfant (VAN SWIETEN, etc.) de divers animaux, le fait d’'échanner à un 2ccident (BOURNEVILLE), d'assister à un spectacle effravant, mort violente, suicide, vue du cadavre d’une personne chère (LEGRAND DU SAULLE), terreur pendant la ouerre (ROWwS et - BOND), incendies (BoucHER et CAZAUVIELH, MAGNAN), etc.
Les chasrins, les préoccunations morales, les mauvaises nouvelles, les réprimandes. le simple fait de s’ennuver (CRICH- TLEY) peuvent provoauer ésalement des crises, La surprise peut avoir Ja même action, nous reviendrons à propos de certains cas, dits d’épilensie réflexe sur le rôle au’elle peut jouer.
Parmi les-émotions sthéniques, la colère est parfois incriminée; mais si la colère précède la crise épileptique, elle peut en être non la cause, mais un simple symptôme prémonitoire; car l’irascibilité fréquente du comitial s'éxagère souvent à l'approche d’une crise, elle ne fait qu’accompagner le phénomène convulsif.
Les émotions joyeuses et agréables provoquent rarement des accès. MOREAU seul en a observé quelques cas, comme le rappellent MARCHAND et AJURIAGUERRA; ces derniers eux-mêmes n'ont vu qu’un cas personnel, celui d’un épileptique, prisonnier