X DIFFICULTES PRATIQUES
Dans un travail comme celui-ci, il est évident que nous 1: pouvons plaider que pour le principe. Si le public croit ce princi] vrai, s’il croit son application désirable, sa mise en pratique 1: sera pas difficile. Cependant, il ne faut pas oublier, comme l’a d Spuller, que “la vérité, pour les hommes qui veulent agir, c’est possible.” L'idée que nous venons d’esquisser respecte la limi! ainsi posée. Eile présente sans doute des difficultés réelles, ma | ces difficultés ne sont pas insurmontables. Et quant à nous not | n'en voyons qu’une qui soit vraiment sérieuse. Convaincre le mt | blic de l’urgence de la réforme industrielle avant qu’il soit tro tard pour l’entreprendre, voilà la vraie difficuit:.
Si nous pouvions surmonter ce premier obstacle, le reste ira de soi. Malheureusement, l’on ne prend pas de telles choses asse au sérieux. L’on se dit qu'il sera toujours temps de s’en occt per. Certaines gens ‘arlent ainsi par calcul, et se défient d tout ce qui tend à améliorer le sort des masses. Ces gens n raisonnent pas, mais obéissent à leurs préjugés tout en croy ant défendre leurs intérêts. D’autres plus sincères dans leur patric
| tisme se diront qawaprès tout les dangers que nous indiquon | sont peut-être imaginaires et que s'ils sont réels et possibles 1
mal se corrigera de lui-même lorsque l’on en sentira la néces sité.
Mais qu'on y prenne garde.Le danger économique dont il es question dans cette étude n’est pas imaginaire, et, pour c | qui est des Canadiens-français, ce danger est non seulement éco | nomique, mais national. Danger national, non à cause de l’hos tilité des autres races qui habitent ce continent, mais pa: suite de la concurrence qu’elles nous font nécessairement dan:
la lutte pour l'existence.
De tout temps, les Canadiens-français les plus éminents on: fait valoir cet argumer’ lorsqu'il s’est agi de stimuler leurs com patriotes. Quant au danger purement économique, il est basé su: des faits que nous avons sous nos yeux, parce qu’ils existent dan: bien des pays industriels et notamment aux Etats-Unis. Sup posons pour un instant, que le Canada soit devenu pays industriel mais que ses industries soient toutes tombées| entre les mains de capitalistes étrangers, ou même, si vous voulez, entre les main: de capitalistes canadiens qui auront commencé l'exploitation san: les sauvegardes nécessaires pour la protection et l'instruction des populations ouvrières, Ces populations seront dès lors nécessairement réduites à l’état de simples manoeuvres à la merci de ce capital, qui, naturellement, exercera une influence considérable
nous ne principe tique ne ne l'a dit r, c’est le a limite les, muis ous nous *e le puoit trop
ste irait ES AaS$sez en OoCCuient de ens ne en Croyr patrioidiquons siblee le 1 néces-
it il est jour ce ent école l’hosis par t dans
its ont rs comasé sur nt dans Ss. Supiustriel, ains de y mains on sans tion des écessaici de ce lérable.
PMU SET Nr beErrp etats ts Mob MR RTE Let ÉTe DRE etre sun
Et si cette influence était dépourvue des éléments ce justice, comment le travailleur, s'il n'est pas instruit et habile dans son art, pourra-t-il faire valoir ses droits. Il faut donc nous prémunir contre les tendances dominatrices du capital. Il ne faut pas lui donner des droits acquis avant de s'être assuré le moyen de ‘e contrôler, d’en faire en quelque sorte un souverain constitutionnel. Il ue faut pas lui vendre notre héritage pour un plat de lentilles. Il faut dès maintenant assurer 1n liberté et le bien-être des classes industrielles et l’augmen cation de la richesse publique par la généralisation de l'éducation technique. C’est donc maintenant qu’il faut agir.
I1 est temps encore d'adopter de sages mesures qui conserveront le chpital national en des mains canadiennes qui sauront sen servir. Ceux qui ont à cocur le bien de leurs concitoyens et le leur ne sauraient donc se mettre trop tôt à l'oeuvre. Qu'ils fassent comprendre au peuple qu’il faut s'emparer de l’industrie.
Le principe une fois posé, le reste se résume à la sage rédaction de certaines lois fondamentales—qui, comme toutes les lois de cette nature, ne seront pas parfaites du premier COUP, mais devront être modifiées dans leurs détails suivant les indications de l'expérience, —à l’organisation d’un personnel cupable de leur donner une exécution efficace, et à la question financière. Les deux premiers points appartiennent surtout au domaine de la législation et de l'administration; la question financière a besoin d’être examinée.
Tout ce que vous proposez ici: éducation industrielle et technique, recherches scientifiques en permanence, aide financière à certaines indugtries, cela coûtera sans doute les yeux de la tête, nous dira-t-on. Point du tout. Les dépenses qu’entraîneraient de telles réformes, même en supposant qu’elles seraient énormes, seront toujours insignifiantes, comparativement aux résultats. Mais nous savons que la dépense, toute minime qu'elle pourra être, effraiera toujours. Nous avons chez nous des gens qui sont prêts à dépenser des millions pour les voies ferrées, mais qui, à la moindre dépense pour l’instruction publique, jettent Iles hauts cris. Pourtant, dans des Pays beaucoup plus petits et moins populeux que la province de Québec, l’on dépense des sommes relativement énormes pour linstruction industrielle et technique. La Suisse, par exemple, est bien plus petite, est bien moins riche et moins peuplée que la province de Québec; c’est un petit pays de montagnes, sans ressources naturelles spéciales, et pourtant, de 1885 à 1889 (ce sonÿ les chiffres les plus récents à notre disposition) elle dépensait $1,024,974 pour gs écoles industrielles seules, dont $500,000 fournis par le gouvernement et le reste par les communes. Si la Suisse a pu faire cela, la province de Québec peut en faire autant, et le projet que nous esquissons ne suppose certes pas des dépenses plus considérables. L’établissement d'une écoie scientifique centrale serait la principale dé-
MR E07T T0 eeerpeen
pense. Cela comporterait les frais d’un laboratoire complet, frais qui ne se renouvelleraient pas tous les ans,—puis le traitement d’un certain nombre de professeurs et de savants. C’est cela qui coûterait le plus cher. Les autres dépenses ne seraient pas nécessairement très fortes. La construction d’édifices spéciaux s’imposerait sans doute par la suite, mais il serait facile de trouver à peu de frais, où même sans frais, dans quelque édifice public, un logement provisoire pour une école centrale et un laboratoire de recherche industrielle. A; tout événement, le maintien d’une telle école serait une charge fixe sur le revenu, charge d’ailleurs peu considérable, surtout si l’on tient compte des ‘résultats qu’elle est destinée à produire. Le professorat ne serait ni le seul ni le plus important des devoirs des savants attachés à cette école. Ils devraient en outre et surtout étudier systématiquement les ressources naturelles de la province en vue de leur application à l'industrie, afin de constituer pour le gouvernement un guide sûr dans son oeuvre d'encouragement des industries nationales.
Quant aux lois industrielles qui règleraient les conditions de l’aide doni par l'Etat aux fabriques qui se conformeraient aux conditions imposées, leur opération serait graduelle, aussi graduelle que celle des lois accordant des subventions aux voies ferrées, ou que celles destinées à encourager l’industrie laitière. Il ne sèrait pas même nécessaire, dans la plupart des cas de débourser de l'argent, une simple garantie officielle serait tout aussi efficace. Dans ces fabriques modèles, conduites suivant les meilleures données scientifiques et appuyées par le crédit de l'Etat, où l’ouvrier outre son salaire participerait pour une part minime dans les profits et aurait l'avantage de ’instruction industrielle gratuite pour lui et pour ses enfants: dans ces fabriques, disons-nous, essentiellement nationales et rigoureusement inspectées, l’on obtiendrait, suivant, toutes les pré visions humaines, des résultats tels que le risque des fonds publics serait pratiquement nul! Nous verrions alors se produire dans la province une transformation industrielle au moins égale à la transformation agricole qui suivit l’introduction de l’industrie laitière. L'augmentation proportionnelle de la richesse publique et de la population justifierait un placement de fonds bien supérieur à celui qui serait véritablement engagé.
Comme nous l'avons dit, nous ne voulons pour le moment ne jeter qu’un coup d'oeil général sur la question. Nous croyons cependant que pour qui voudra bien examiner la chose de près, il n’y a rien en tout cela qui ne soit pas réalisable, pourvu toujours que l’idée soit soutenue par la “vox populi.”
t, frais tement ela qui pas nééciaux e trouice pu- Là labo- Ë le revenu, compte rat ne nts atstudier en vue le goudes in-
ms de at aux | graes ferre. Il ébouraussi y meilat, où e dans atuite us, esn obultats
nul!
nsforsricole tation justirit vé-
nt ne ns cerès, il 1 tou-
Le désir sincère de faire re industrielle dans la province de Québec a:
qui précèdent. Si le petit pouvait se compa dirions comme Lord Roseberry, d de Napolfon': cette idée nous ovbsède.
Le raisonnement qui en forme læx bag est simple et
ssortir importance de la réforme seul dicté les lignes
rer au grand, nous ans son introduction à l'histoire
clair.
Les Canadiens-français ont avec un soin jaloux leur langu à dire, leur génie national”
Si, par malheur, ils devaient se contenter de marcher à la remorque des autres peuples du continent, le caractère distinctif
aqw’ils conservent ne saurait être pour eux un honneur et un avantage.
-ils eu tort ou raison de Conserver e, leurs institutions, leurs lois, c’est
Mais si, comme nous le croy ces idées pour leur permettre d' ce, d’ériger sur ce continent de main, qui, comme les lois romai vivra le monde, leur persistance bien différent.
Or, un peuple n’accomplit de grandes choses qu'en autant qu'il est armé pour faire respecter ses idées. L'arme Par excellence d’un peuple, la condition fondamentale de son existence et de ses progrès, c'est la supériorité économique. ,
Nous avons donc essayé de démontrer:—
Premièrement. Comment, au début du dix-neuvième siècle, au moment où commençÇaient à germer les idées de gouvernement constitutionnel moderne, les Can adiens-français ont pu faire preuve d’une véritable supériorité. Ils ont produit des hommes capables d'affirmer un principe vrai de gouvernement et d'accomplir une grande réforme politique. Et cette oeuvre, comme toutes celles qui sont vraiment grandes, n’a pas été d’un effet local seule-
ons, la Providence leur a inspiré accomplir une mission civilisatrices monuments du progrès hunes, vivront ausssi longtemps que nous apparaîtra sous un jour
ment. Le principe vrai ainsi aff irmé a produit dans son applica- Cétait un remarquable début.
os devanciers est terminée. De rente. La forme de notre gouverus faisons partie est définitive-
tion des résultats immenses.
Deuxièmement. L'oeuvre de n nos jours la situation est diffé pement et de l'empire dont no
REG RERR ARS AM NME Sel DhLR UD LE creer rte pe tetes bout 064 QULP TETE RER R E dE à
ment fixée. Il nous reste, tout en veillant à sa conservation, À chercher ailleurs un champ pour Pexpansion de notre génie national. Aujourd’hui c’est dans l’arène purement économique que doit se décider la lutte de supériorité qui se poursuit entre les différents éléments de notre population, puis entre les peupes du continent.
Sommes-nous convenablement armés pour cette lutte qui coïnmence et qui deviendra bientôt acharnée ? Les étrangers nous disent que nous ne le sommes pas ; ils nous reprochent notre infériorité productive et industrielle. Il nous semble que ceux qui nous font ces reproches n'ont pas tout à fait tort. Il nous faudra changer de manière ou soutenir une défaite, rétrograder. Déjà, chez notre jeunesse, nous remarquons certains signes de faiblesse ét la jeunesse c’est l'avenir. \ î /
Troisièmement. Pour parer à ce danger, regardons d’abord, autour ‘e nous, étudions le terrain. Nous verrons d’autres nations surgir tout à coup d’un4 position économique inférieure, et arriver d’un bond à la supériorité. Suivons donc leur exemple. Concentrors nos ressources de façon à pouvoir résister victorieusement à lPinvasion industrielle en implantant chez nous une force industrielle rivale et mieux conçue. Nos pères eurent l'audace d'une idée nouvelle: osons à leur exemple. Que le capital national prenne dès maintenant la place que voudrait occuper le capital étranger. Ce capital se multipliera alors au centuple.
À la devise de Duvernay “Emparons-nous du sol” ajoutons cette autre devise qui en est le corollaire “Emparons-nous de l'industrie!” A quoi bon, en effet, étendre au loin nos défrichements si nous ne permettons aux étrangers de venir sur nos brisées recueillir le prix de nos efforts. Soyons colons pour conquérir, pionniers industriels pour conserver notre conquête.
A ces idées générales vient s’en ajouter une autre qui s’applique plus spécialement à l’ouvrier industriel. Le défricheur, le colon, l’agriculteur ont certes une rude tâche à accomplir. Mais par la nature même de leur, tra vail, ils conservent leur identité et leur indépendance. Ils ne risquent de les perdre que plus tard dans le cas où ils finiraient par souffrir avec tout le corps social d’un mauvais système économique. Il n’en est pas de même de l’ouvrier des fabriques, sous le système qui prévaut dans la plupart des pays. Plus il peine, plus il devient dépendant. Il subit une espèce d'esclavage dont les classes ouvrière ont conscience et dont ils cherchent vainement à s'affranchir. Lorsque l’ère industrielle s'ouvrira véritabiement pour’ nous, ne scrait-il pas possible de faire en sorte que nos compatriotes en profitent sans subir en même temps cette triste condition.
Nous ne pouvons nous empêcher de croire que ce problême 'n‘est pas insoluble. Nous croyons que nous nous trouvons préci-
tion, à ie naue que tre les peupes
ui cornous dire inféui nous faudra
Déjà, iblesse
‘abord, 8 naure, et remple.
torieune foraudace al naiper le u cen-
s cette ’indusents si es requérir,
’appliur, le . Mais lentité Is tard ps S0même ans la 15 Ji consorsque rait-il fitent
>blême préci-
titi. ments deg tint nmnntrmnguiise
DERUSES + :is AAA NME sé irériébrgsé RULES:
sément dans les conditions voulues serait sans danger pour la s te à aucun droit acquis,
pour faire une expérience qui ociété puisqu'elle ne porterait atteinmais qui rendrait à l'ouvrier, du moins dans notre province, la véritable place qui lui appartient. Notre idéal sur ce point est éloquemment exprimé par le P. Monsabré, dans une allocution aux Cercles Catholiques de France. “Votre idée, disait-il, est celle d'un Etat chrétien, couvrant d'une protection légale, À la fois juste et paternelle, des associations professionnelles où le travailleui jouisse de toutes les garanties désirables pour sa religion, sa moralité, ses intérêts matériels, l'honneur et la sécurité du foyer, où il soit utilisé sans être exploité, dépendant sans être esclave, élément actif d'une force collective sans cesser de s’appar tenir !”
ALLÉS LES T ETUI TES terre CPE