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A l’université catholique 27 élèves étudient les sciences appliquées; dans les universités protestantes le nombre de ces étudiants est} de plus de 250; 232 pour McGill seule.
En citant ces chiffres alarmants et humiliants pour prouver combien l'éducation supérieure chez nous a besoin d’être réformée, nous désirons qu’il soit bien com pris que nous r’entendons blûmer personne, ni les autorités universitaires, qui ne demandent pas mieux que de voir augmenter le nombre de leurs élèves, ni les jeunes gens qui, au premier coup (d'oeil, semblent indifférents aux avantages qu'on leur offre. Nous croyons que l’insuccès tient à d'autres causes qu'à la mauvaise volonté des uns et des autres. Cherchons à les découvrir. Ces statistiques, du reste, ne donnent pas une idée tout à fait juste de la situation. Pour la bien juger, il faut ne pas oublier que nous avons dans Québec de véritables écoles spéciales d'industrie laitière. ce qui rend un peu moins inférieure la situation des Canadiens-français. Nous sa- Vons aussi qu'un bon nombre de ceux qui étudient à MeGill les sciences appliquées et la médecine viennent d’autres provinces.
Nour ne prétendons donc pas que La situation de la population de langue anglaise de Québec et du Canada, au point de vue scientifique et industriel, soit beaucoup plus florissante que celle des Canadiens-français. Nous SAVORS, au contraire, que le Pays tout entier est fort arriéré sur ces points. Mais dans cet ouvrage nous nous occupons spécialement des Canadiens - fran- Çais et nous constatons qu'au point de vue des hautes études. scientifiques et industrielles.—sn uf la seule exception de l'industrie laitière, exemple précieux qui prouve ce dont notre peuple serait Capable,—les résultats sont à peu près nuls, et nous croyons #in-
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cérement que si cet état de choses se prolonge dans le vingtième siècle, les Canadiens-français en souffriront cruellement.
IL faudrait bien peu connaître les Canadiens-français, eux qui ont fait tant ue sacrifices pour s'instruire, pour croire qu'ils négligent l'instruction scientifique et industrielle de parti pris. La population est désireuse de s’instruire et de progresser, mais il faut lui donner l'élan’ et lui indiquer clairement le résultat pratique qu’elle peut espérer obtenir, lui, démontrer comment nos industries rudimentaires peuvent devenir de grandes industries en mettant la science au service du travail. en un mot, faire de la propagande,
Nous avons une organisation universitaire. D:s établissements polytechniques et spéciaux ont été ébauchés. Cette organisation est incomplète, peu outillée, peu moderne, mais elle pourrait à la rigueur fonctionner, ella pourrait même suffire aux premiers besoins, et elle s’amenderait sans doute d'elle mue. Ce qui lui manque c’est la force motrice. Pour le moment, la machine se rouille inactive, et la jeunesse studieuse, qui est la matière première de cette fabrication, sent natureliement peu d’attrait pour cette chose sans âme et comme morte et s'en éloigne. Il y a là pourtant des forces latentes d’une puissance incal:ulable. Dans d’autres pays l’on a su les développer, faisons ici de même.