INTRODUCTION
C’est un fait que depuis toujours, les accoucheurs cherchaient un moyen efficace de diminuer les douleurs au cours du traväil, mais aussi la possibilité de conduire en quelque sorte, ce travail.
Si les progrès n'ont pas été tout à fait satisfaisants en ce qui concerne le premier point, il n’en est pas de même du second, car depuis une vingtaine d'années l’intervention du médecin ou de la sage-femme devient, sinon primordiale, tout au moins très active.
Nous avons toujours été élevés dans le respect de la marche naturelle du travail et de l'intégrité des membranes. Œ
La poche des eaux ne devait se rompre théoriquement qu’à la dilatation complète, réalisant ainsi la rupture tempestive. Mais il n’en était pas toujours ainsi, il s’en faut de beaucoup; les membranes peuvent se rompre à n'importe quel moment du travail, et même avant le début du travail.
Nombreux sont ceux qui ont remarqué que dans certains cas, la rupture précoce et spontanée des membranes, non seulement ne compliquait en rien le travail, mais semblait, au contraire, l'activer. D'où l’idée . de rompre artificiellement les membranes à partir d’un certain stade de la dilatation. A
Inutile de dire combien cette idée a été combattue :
— Ses adversaires estimaient que l'intégrité de la poche, non seulement protégeait la mère et le fœtus
contre la possibilité d’une infection amniotique, mais qu’elle prenait une part active à la dilatation. Chaque contraction utérine faisait appuyer en quelque sorte la présentation sur la poche qui dilatait ainsi le segment inférieur. PA |
— Ses défenseurs estimaient que, au contraire, l’insertion des membranes sur le pourtour de la dilatation, non seulement ne favorisaient pas cette dernière, mais la rendaient plus longue et plus difficile. |
Quant à l'infection possible elle était surtout l’apanage des accouchements qui « traînaient » en longueur et en rompant les membranes on réduisait précisément la durée du travail.
La rupture précoce des membranes était connue depuis longtemps déjà et PINARD en avait bien précisé les indications : hémorragies par insertion vicieuse du placenta; décollement prématuré du placenta normalement inséré; tension ovulaire exagérée; adhérences anormales du pôle inférieur de l'œuf.
VAN DEN HOEVEN proposa, dès 1912, la rupture systématique des membranes, mais il ne fut pas suivi et c’est le grand mérite de KREIS d’avoir su montrer combien cette rupture était utile.
On peut résumer ainsi la théorie défendue par l’école de Strasbourg :
— la poche des eaux n’est d'aucun secours pour dilater le col;
— effacement et dilatation se font sous l'influence directe et exclusive des contractions utérines;
— les membranes, lorsqu'elles sont adhérentes au pourtour du sol, gênent cette dilatation et sont un obstacle à la descente de la présentation;
— on raccourcit la durée du travail en dilacérant largement les membranes.
La confirmation de cette théorie était apportée quel-
Ur
ques années plus tard par l’école lyonnaise, en la personne de VORON et PIGEAUD. Mais alors que KREïs rompait les membranes dès le début de la dilatation, à un franc, les auteurs lyonnais préfèrent attendre une dila-
tation à cinq francs pour être certains que la femme est bien en travail. :
Mais in pons médical ou: accouchement dirigé ne comporte pas seulement la rupture précoce des membranes. Il faut utiliser également les antispasmodiques et les ocytociques, selon les cas.
L'emploi des antispasmodiques est dû en particulier à SHICKELE qui mit au point la spasmalgine, produit résultant d’une combinaison de beiladone et d’opium.
Dans la marche dirigée du travail, telle que le concoit KREïS, l’utilisation de la spasmalgine devient sys- -tématique et à une dose allant jusqu'à six injections pour chaque accouchement, parfois davantage. VORON et PIGEAUD se sont montrés plus réticents quant à l’emploi systématique de la spasmalgine.
Ils préfèrent réserver son emploi à l'approche de - la dilatation complète, ou bien aux contractions subintrantes. 1
Mais dans certains cas le travail se prolonge et l’on se trouve en face d’un utérus fatigué; dont les contrac- ‘ tions sont rares et faibles et on risque de voir s’instal-
ler l’inertie utérine. Cela justifie rc de médicaments dits ocytopiques. Ne
Le plus utilisé est sans contredit l'extrait de posthypophyse que l’on injecte à la dose habituelle de deux unités internationales. On a reproché souvent à l’hypophyse de donner de la contracture utérine, si elle était utilisée mal à propos ou à dose élevée. Maniée avec prudence, c'est un médicament qui peut donner toute satisfaction à l’accoucheur. Il n’en est pas moins vrai que des accidents se sont produits, d’où le désir