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son cahier la leçon ou les leçons du jour. Ainsi s’exercera sa mémoire et se fixeront mieux les motions qu'il doit s’assimiler.
À l’examen superficiel, nos élèves paraissent plus brillants, ils ont l'air de savoir plus de choses, et je suis même sûr qu'ils sont, en réalité, plus intelligents que ceux des lourds pays germains et même anglo- Saxons. Mais:je suis sûr aussi que les petits Allemands savent mieux ce qu'ils savent; nos méthodes ‘pharisaiques ne servent en rien l'mtelligence naturelle de la race, elles l’obstruent, au contraire, l'encombrent, comme une belle plante qu’un jardinier fou entourerait de cailloux au lieu de la nourrir de terreau et de lui donner de l'air.
Dernièrement, un directeur de collège de Natal, dans l’Afrique australe, qui parlait l’anglais, le français et l’allemand, s’est mis en tête de connaître la valeur comparative des écoles primaires parisiennes, berlmoises et londoniennes, au moyen de compositions et d’interrogations orales identiques, dans des conditions d'égalité aussi parfaites que possible. Le résultat de cette enquête -donna la supériorité aux écoles de Paris pour l’étude de la langue, des mathématiques écrites, la récitation, la diction, le dessin. Londres, ily a‘ là de quoi nous étonner, vient en tête pour le chant, et Berlin dépasse tout le monde danse calcul mental.
Eh bien! je suis absolument persuadé que cette enquête fut imparfaitement menée, et que si, au lieu d'interroger sur des formules, au lieu de faire com poser par écrit, on avait vérifié la véritable :connaissance Ou plutôt la plus parfaite assimilalion des
élèves des trois pays, en histoire, en géographie, en
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sciences naturelles, par exemple, les petits Allemands eussent de beaucoup dépassé les autres, non par la quantité des notions acquises, mais par la certitude de celles entrées dans l'esprit. Cest que — je le répète à dessein — notre enseignement. est un enseignement de perroquet. Il donne le moins: de mal, 1l est vrai, permet à l'élève, et au maitre, par conséquent, de briller, mais aussi 1l procure le minimum de résultats vrais. Chez:nous, pendant long- Llemps, les maîtres se sont figuré que leur rôle consistait à faire apprendre par cœur et à réciter des textes, des formules, des faits. Un inspecteur des écoles de la Ville de Paris me racontait, il y a quelques mois. à peine, qu'un enfant d'une haute classe, interrogé sur les mesures de surface et qui répondait avec assurance et sans se tromper aux questions les plus compliquées sur ce genre de calculs, ne sut pas finalement, un mètre à la main, mesurer la superfcie: de la classe où il se trouvait. Voilà, pris sur le vif, le défaut capital de l’enseignement français. L'enfant lit, écoute, retient, mais « ne. comprend pas ». Interrogé, il récite des mots qu’il a lus ou entendus, mais sa mémoire seule opère, il ne s’est pas assimilé la matière qu'il récite. Dans ce cas, l'élève savait parfaitement dire que la superficie d’un rectangle s’obtenait en multipliant la longueur par la largeur, et le maïtre s'était figuré que, puisque l’enfant répétait cette formule si simple, il avait comprise. Non. Pour l'enfant, la lonoueur était un chiffre et la largeur un autre chifire. D'autre part, il n’ignorait pas quel est le:sens de la larseur d'une chose et le sens de la longueur. Mais il n'avait jamais associé dans son esprit ces quatre notions pour comprendre sa règle d’arithmétique. Et le
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