PRE] FE
mands les sentiments les plus sympathiques, vous avez toutes les qualités qui nous manquent et qui nous sont les plus plaisantes. La preuve, c'est que, malgré tout le mal que vous nous avez fait, vous et Napoléon, on a conservé ici une admiration extraordinaire pour votre grand homme.
— Non, lui répondis-je, l'Allemagne ne nous aime pas plus que nous ne l’aimons. Comme tous les peuples de la terre, elle n’aime qu’elle-même. Ne vous faites donc pas plus sentimentaux que vous n'êtes. Je ne crois plus que l'Allemagne soit un peuple de rêveurs : c’est une race de réalistes, admirablenent gouvernée au point de vue d’une maison de commerce ordonnée et qui ne veut pas de grèves. Vos chefs de rayons, vos employés et votre grand patron sont de parfaits négociants : et la marque Germania est bien gérée.
« C’est ce qui fait aussi que l’Allemagne ne se soucie pas de révolution politique, et cela explique également que le parti socialiste se figure avoir tant de soldats : les socialistes, ce sont les petits employés de la firme Germania qui ne se trouvent pas assez payés. Mais, comme ils ne meurent pas de faim, en somme, que la « maison » fait ce qu'elle peut pour améliorer leur sort — sauf de partager ses bénéfices, — ils se raisonnent et ne bougent pas... »
Mon interlocuteur riait à plein ventre, je ne sais pourquoi, et il disait en se Lapant les cuisses :
— Ces Français. ah! ces Français !..
Je le regardais, attendant qu’il eût fini. Alors il dit :
— Pourtant, la France n’a aucun intérêt à faire la euerre à l'Allemagne. Alors autant vaut nous serrer la main.
#1 7 “ j nos. | 1 ru pe" 2" nr rene ME TRAS
ee st dl A ee he à pd re re verve |
2 { [AE NA LTÉE 2 El e RARES UE tire | * tx \ AE - ee RER 2! ER : OU } NC RMER |
— Serrons-nous la main, fis-je. Mais vous oubliez que vous n’avez pas mandat de reviser Île traité de Francfort. et que votre Empereur peut, demain, s’il le veut, déclarer la guerre à la France sous le prétexte qui lui conviendra.
__ Jamais de la vie, jamais de la vie ! protesta-t-il. Il faut que le Reichstag le décide.
— Vous vous trompez, répondis-je. L'Empereur doit théoriquement consulter le Bundesrath (c'està-dire les représentants des princes de l'Empire), où il a la majorité assurée, et où 1l ferait, en tout cas, ce qu’il voudrait. Le Reïichstag n'a qu’à voter ensuite les crédits qu’on lui demande, et s'il les refuse — ce qui est bien improbable, — on passe outre, ou bien on le dissout — ce qui n’a aucune importance chez vous, vous le savez bien |
Un autre professeur qui assistait à la conversation prit la parole à son tour :
— On discutait déjà au dix-septième siècle, dit-il, sur la question d’Alsace-Lorraine, et c'est à cause de cette longue littérature, de ce perpétuel différend entre nous, que dans nos écoles on vous nomme encore « l'ennemi héréditaire ». Croyez bien que les gens sensés le déplorent, mais déclarent aussi que vous justifiez cette appellation en vous obstinant à paraître en effet « l'ennemi héréditaire ». On m'a dit — et vos romans, vos journaux semblent le prouver — que l’idée de la revanche s’éteint chez vous. Cela est bien heureux. Car, voyez ! Supposez une nouvelle guerre;
si vous êtes battus, vous devez ou abandonner l'idée de revanche avec moins d'honneur, où chercher à la satisfaire de nouveau avee moins de chances. Si vou nous battez, vous nous repassez l’idée, et ce sera à notre tour à songer à la revanche ? Grand merci, vraiment! Il y a assez longtemps que mous nous regardons en ennemis, et que vous nous privez de l’amabilité d'un peuple très agréable. Vous répondez à nos avances : il y a l’Alsace-Lorraine entre nous. Mais oui, l'Alsace-Lorraine est entre nous, mais elle y a toujours été ! Elle peut nous réunir autant que nous séparer, comme il advint entre Fltale et l'Auwtriche, après que celle-ci eut abandonné la Lombardie.
« Qui peut nier d’ailleurs que lAlsace soit de race et d'esprit allemand ? Avez-vous jamais songé à franciser cette province? Depuis la guerre seulement vous avez inventé qu’elle est française d'esprit et de langue. Auparavant, vous ne cessiez de railler les Alsaciens et vous étiez si persuadés qu'ils étaient Allemands que c’est sur leur prononciation que vous vous êtes figuré la nôtre. De plus, j'ai un souvenir précis. J'ai lu dans le recueil des pièces des Tuileries que les protestants alsaciens faisaient de la propagande en faveur de l’Allemagne bien avant la guerre de 1866. Vous ne devez donc pas vous étonner que quelques hommes d'État de chez nous aient cru venir là-bas en vrais libérateurs. »
Je crois pouvoir affirmer que ces points de vue de membres importants de FUniversité reflètent bien la moyenne des opinions du monde des protesseurs altemands.
d \ | * ñ ’ Li RP PROPEUUE LE L SAN es = # SE { 4" Lise ï vera Bt. £ mncseetesss 7 ‘: hot 6 etais gatigis qe tél émiqhel pit dripés dément ut ; À na à À | ik * : 4
» A PAPY TRES A EPA SRE
put TER ee set Ve TE LOUE
À à \l » tra 7 L TA :
LR NURAT ET ARR E RCE Re CSL
(1 \ t{ y j RU à NETIUS à Vu di WA
RTS t eneen da nee aododt he ae dc Je ch ÿ
SEHTU TE ï | T7
ele: : 5
Un compatriote intelligent et lettré qui est en même temps un uni ersitaire éminent, et que je rencontre ici, me confie son étonnement devant la paresse d'esprit de la jeunesse universitaire :
— Les jeunes étudiants allemands, me dit-il, ont l'esprit paresseux et discipliné. Îls ne discutent pas une chose, ils discutent Les oprions des autorués sur les choses. Ils disent couramment à propos de tout : « M. X..., la plus grande autorité en telle matière. » Comme ils disent en Amérique : The best in the World.
« Je suis rapp 6 dans les universités, continue le professeur français, par l'incroyable spécialisation des savants, surtoul des philologues. [ls la poussent vraiment un peu loin. Ainsi, un commentateur de Macrobe est évidemment l'homme le plus fort du monde sur Macrobe, mais il ne sait de Cicéron et de Virgile que
ce que l'étude de Mac ee en sus Voilà pour- ER rien At: s tant la force de l’érudition allemande! Chacun étudie
sa spécialité, publie aussi! tôt ce qu’il sait. En France, on «perd son temps », comme ils disent ici, à La culture générale.
« Avez-vous visité la bibliothèque de Berlin? Il faut voir cela si on veut comprendre leur génie d'orsanisation et leur sens pratique du travail. La bibliothèque de la Sorbonne est admirable, mais tous les livres y sont ensemble, pour ainsi dire pêle- -mêle ; impossible de s’y retrouver. À Berlin, où la bibliothèque n’est pas sensiblement plus riche, les savants du monde entier vont maintenant faire leurs bibliographies, parce que les livres sont classés par
LAS Ent) nd “ à RER one x Ace > nn le à à bent 4 r 3 N ?
int ANNE wt Là