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quante cas où des constructions autorisées furent arrêtées, puis démolies sur l’ordre de la police. Dans ce cas, le coup est double : le Polonais, chassé, est de plus ruiné! »
— Les Prussiens menèrent de front la persécution de la terre et la persécution de la langue. La seconde nous fut encore plus sensible que la première.
« Jusqu'à ces dernières années, si on avail SUpprimé le polonais de l’enseignement scolaire, on permettait du moins que l’enseignement religieux füt donné aux enfants dans leur langue maternelle. Un beau jour, sans crier gare, cette tolérance est abolie, sans raison, même sans prétexte. Les élèves, qui ne considèrent pas que prier en allemand soit vraiment prier, opposèrent aux injonctions des maîtres une résistance passive. Quand le maître leur disait en allemand : « Répétez comme moi : Au nom du Père, du Fils, etc. », ils répétaient la formule du signe de la croix en polonais. Furieux, le maître attrapait le premier qui lui tombait sous la main et le rossait. Vint le scandale de Wreschen, dont vous avez entendu parler. Le gouvernement avait interdit, comme moyen excessif tout de même, les coups pendant les leçons
de religion. Alors, un instituteur, obéissant à la.
lettre de la circulaire du ministre, s’abstint de battre les petits patriotes au cours des leçons, mais il en retint un jour quatorze, après la classe, pour faire une exécution en masse. La brute frappait tellement les pauvres mioches que leurs cris arrivèrent aux oreilles des mères qui firent le siège de l’école, forcérent les portes et arrachèrent leurs enfants au mauvais maître en le couvrant d’invectives.
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ne se proposait que d’infliger aux parents une simple amende, le gouvernement, ayant eu vent de l'incident, ordonna un grand procès pour violation de domicile. Tous les parents furent condamnés à deux, trois et cinq ans de prison. On distribua même de la prison à ceux qui assistérent à l’émeute sans intervenir. L’indignation fut générale en Pologne. Des souscriptions furent lancées au profit des victimes de Wreschen, et l’on recueillit plus de 100,000 marks en quelques jours. L'argent fut réparti entre les enfants des condamnés dont quelques-uns s’enfuirent en Galicie. M. de Koscielski, chef du parti polonais, l'initiateur de la souscription, fat poursuivi a son tour, sous prétexte qu’il facilita l’évasion de malheureuses femmes. (était vrai, mais on ne possédait même pas un commencement de preuve, et il fut impossible de le condamner, malgré toute la bonne volonté des juges.
€ Tout se tient dans les persécutions. Dès que vous commencez, Vous ne pouvez plus savoir où vous allez : vous voulez forcer des enfants de huit ans à prier dans une langue étrangère, et vous voilà entratnés à emprisonner des parents, à poursuivre des députés. Vous en arrivez même à des sottises et à des injustices plus grandes.
€ Ainsi, on n'instruit les sourds-muets qu’en allemand, de sorte que les petits sourds-muets polonais ne peuvent communiquer avec leurs parents qui, eux, ne parlent point l'allemand.
€ Un instituteur allemand qui a épousé une Polonaise n’a pas le droit de parler polonais, même chez lui. Si on l’y surprend, il est destitué.
« Les élèves d’un gymnase de Gnesen se réunis-
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