‹ En AllemagneChapitre 228 sur 294 · EU E RAC · texte numérisé non relu

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orphelin, s’il est protestant, on l'envoie toujours dans une famille protestante, et vous croyez logique et équitable que, s’il est catholique, on le confie à une famille catholique ? Pas du tout. Les fonctionnaires prussiens mettent les orphelins catholiques entre les mains des protestants.

« Un enfant allemand meurt dans un village. Le pasteur arrive chez les parents, Vous pensez que c'est pour les consoler? Non, c’est pour leur dire que s'ils commandent le cercueil du petit chez un menuisier polonais, il n’enterrera pas religieusement le petit cadavre. Je puis vous dire le nom du village et celui des parents.

« Lorsque des Polonais russes ou gahicrens passent à Posen, pour rendre visite à leurs amis ou à leurs parents, point de tracasseries qu’on ne leur fasse. La fille d’un Polonais de Posen, mariée en Russie, vient faire ses couches chez sa mère. Il lui faut une permission en règle. Et l’homme de la police vient lui demander mille renseignements inutiles, sur son passé, son avenir, oui, ses projets, le nom de son médecin, etc., etc. Le prince Antome Radzrwil}, d'une vieille famille polonaise, mais ralliée depuis longtemps à l'Empire, favori d’ailleurs de Guillaume I® et son aide de camp, meurt l’an dernier. Une princesse Radziwill, se rendant de Russie à Berlin pour assister aux obsèques de son oncle, tombe malade en route et s'arrête à Posen. La police fait une descente chez elle! Et, pendant ce temps, l'Empereur, en tête du cortège, assiste à l'enterrement de l'oncle.

« On expulse en masse tous les Polonais russes ei galiciens. Il y a vingt ans, 40,000 expulsions eurent leu.

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— Mais, fis-je, pour changer de conversalion, vous avez le clervé avec vous?

— On croit cela! C’est vrai pour une partie du clergé des campagnes, curés catholiques et polonais, patriotes et antiprotestants, qui répondent à la guerre du gouvernement et des pasteurs par une énergique résistance. Mais notre archevêque, Mgr de Stablewski (mort depuis), malade, vieilh, mal entouré d’ambitieux, ne nous soutenait pas. Au contraire! I} défendait à ses curés, par une circulaire, de faire partie des sociétés polonaises. Nous nous plaignimes à Rome. Le pape écrivit à l'archevéque pour approuver sa conduite. Cependant tous les patriotes polonais le blâmèrent. Le gouvernement de la province obtint de lui 30 p. 100 des cures ca ses créatures, et le véritable archevêque, c’est | . de Waldow, gouverneur. Au séminaire, des élèves se font ses espions et le tiennent au courant des entaei des futurs prêtres. Déjà on commence à ne plus nommer que ceux soumis au gouvernement. On les récompense en les plaçant aux cures les plus payées; il en est de 10,000, de 20,000, de 30,000 marks. Celle de Saint- Martin, de Posen, rapporte 40, 000 marks. Vous pensez qu on a l'œil sur Me là! Et le gouvernement obtient qu'on y appelle ses cré atures.

« Chaque fois que Fr. se plaint à Rome, fe pape répond qu’on ne peut rien faire contre Île gouvernement, que, d’ailleurs, les populations catholiques allemandes sont bien mieux traitées que les populations catholiques en France, etc., etc. D'une manière

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