‹ En Amérique et en EuropeChapitre 16 sur 34 · ET HOLLANDE PLEIN DE RICHESSE · texte numérisé non relu

ET HOLLANDE PLEIN DE RICHESSE

ner par ses ouvrages la littérature dans une autre voie. Il traduit sous le titre de Riintbible (Bible rimée) la Historia scolastica de Pierre Comestor; sous le titre de Bestiaris^ le Liber rerum, attribué à Albert le Grand, la Vie de Saint-François ^ et le Spéculum historiale de Vincent de Beauvais. Les ouvrages de Maerlant eurent une grande vogue parmi les graves familles marchandes des Pays-Bas, et on le surnomma le père de la poésie. A la même époque vivait, dans les Ëtats da comte Plorens V, un clerc* nommé Melis Stoke, qui écrivait Une chronique rimée de Hollande. Dès ce jour, les œuvres romantiques des trouvères et des minnesingers furent moins lues encore que par le passé. La Hollande venait de trouver, dans les œuvres de Sloke et de Maerlant, les éléments de sa poésie future, poésie sèche, mesurée, didactique, qui s'appuie sur la Bible et sur les livres de morale, et se distrait de son enseignement dogmatique par quelques pages d'histoire naturelle, ou quelques innocentes descriptions de paysage.

Toute cette première époque de la littérature hollandaise n'est intéressante à étudier que sous le rapport philosophique. Car elle ne présente, comme nous venons de le voir, que des traductions ou des imitations. Cependant il y a là deux poëmes dont on n'a pas encore trouvé les originaux, et dont on peut, jusqu'à nouvelle information, faire honneur à la Hollande; l'un a pour titre Élégast et Charlemagne ; Taiitre est un roman du Renard qui ne ressemble pas aux nôtres.

Le poëme à*Élégast est le récit d'une de ces mille aventures attribuées à Charlemagne par les chroniqueurs et les légendaires du moyen âge. L^archevêque Turpin a, comme on le sait, conté d'étranges choses sur l'illustre empereur; les poètes franco-normands l'ont fait voyager en Palestine * , les poètes allemands le

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