‹ En Amérique et en EuropeChapitre 18 sur 34 · Een vraie liistorie ende al waer · texte numérisé non relu

Een vraie liistorie ende al waer

Mâch ic u tellen. Et plus loin :

Hoort hier wonder ende waerhede.

Eh bien! soit; je suivrai Tordre de Dieu et je me ferai voleur, dussé-je être pendu par la gorgeM II se lève, s'habille, prend ses armes qui étaient toujours posées près de son lit , passe au miljieu de ses gens qui dorment d'un profond sommeil, descend à rëcurie, selle son cheval et se dirige vers la forêt, la tête baissée, le cœur désolé de Tordre fatal auquel il doit obéir. Chemin faisant, il se rappelle qu'il a banni de sa présence , pour une faute de peu d'importance , le chevalier Élégast , et s'apitoie sur son sort. Élégast attend les passants sur la grande joute , et respecte le pèlerin , le marchand ,, mais il ne ménage ni les évêques, ni les chanoines, ni les abbés, ni le pape ; tout ce qu'il peut leur prendre , il le prend sans pitié.

Ainsi rêvant et soupirant , Charles s'avance dans la forêt, et tout à coup il aperçoit un.chevaRer couvert d'une armure noire, portant un casque noir. Ce chevalier l'arrête et lui dit d'une voix impérieuse : « Qui es-tu? Où vas-tu? Comment se nomme ton père? > A ces mots Charlemagne reprend sa fierté d'empereur : c Jamais personne, s'écrie-t-il, ne m'a contraint dû faire ce qui ne me plaisait point ! Je ne te dirai pas qui je suis, mais nous combattrons Tun contre l'autre, et le vainqueur dictera ses conditions au vaincu. » Le défi est accepté ; les deux champions font reculer leui's chevaux , puis fondent Tun sur l'autre avec impétuosité. Après une lutte violente, le chevalier noir est vaincu; il avoue alors son nom et sa profession de voleur, c'est Élégast; puis il invite son adversaire à montrer la môme franchise, et Tempereur répond naïvement : « Moi, j'ai coutume aussi de voler, je vole les églises et les cloîtres, les grands et les petits. Il n'est si pauvre homme au monde de qui je ne tire quelque chose, et dont je

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