‹ En canot de papier de Québec au golfe du Mexique [microforme]Chapitre 3 sur 184 · NI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

NI INTRODUCTION

Depuis ce voyage dans le canot de papier, l’auteur s’est encore embarqué, seul, le 2 décembre 1875, dans un bateau en bois de cèdre, long de douze pieds, à la source de l'Ohio, à Pittsburgh (Pennsylvanie), descendant l'Ohio et le Mississipi, deux mille milles. Puis, après une relâche à Ja Nouvelle-Orléans, il fit un portage à l’est, sur le lac Pontchartrain, et longea à l’aviron les côtes du golfe du Mexique sur une distance de six ou sept cents milles, jusqu'aux Cedar-Cayes dans la Floride, point où il avait terminé son premier voyage dans le canot de papier.

Pendant ces deux voyages, qui représentent plus de cinq mille milles parcourus à la rame, l’auteur n'eut qu'une seule épreuve un peu grave à subir, lorsque son canot chavira dans la baie de la Delaware; néanmoins, il a ramené chez lui ses bateaux en bon état avec les cartes et les journaux qu’il avait à bord.

Sur la demande des commissaires du gouverncment des États-Unis à l'Exposition de Philadelphie, le canot de papier la Maria-Theresa et ie bateau de cèdre le Centennial of the Republic ont été exposés à la section des États-Unis, pendant l'été et l'automne de 1876.

INTRODUCTION. x

Les cartes de la route suivie par le canot de papier ont été dressées, en vertu d’un traité passé avec les membres du Bureau hydrographique, à l'échelle de ——; étant construites d’après des levers récents, elles peuvent être considérées comme les meilleures qui aient été, jusqu’ici, offertes au public.

Il est juste d'adresser des compliments à MM. Waud, Merrill et John Andrew pour le talent qu'ils ont montré dans les dessins et les gravures.

Aux lecteurs qui ont fait un si gracieux accueil à son premier ouvrage : les Pampas et les Andes, l’auteur, qui n'avait alors que dix-sept ans, est heureux de dire aujourd'hui, en les remerciant, qu'il a été encouragé par leurs correspondances, toujours si gracieuses, à publier ce second récit de

ses voyages : le Voyage du canot de papier.

Lac George, 12° janvier 1878.

Nous croyons devoir faire suivre cette Introduction de

quelques lignes, pour lesquelles nous nous considérons

x INTRODUCTION.

comme d'autant plus en droit d'espérer l’indulgence qu’elles ne sont pas destinées à vanter les mérites du livre, et encore moins ceux de la traduction. En pareille matière, nous nous inclinons respectueusement devant la souveraineté absolue du juge, c'est-à-dire du public, qui rend, sans qu'il ait besoin de les motiver, des arrêts sans appel.

Ce que nous nous proposons, c'est de rendre plus assurée la lecture de ce livre en faisant loyalement confidence des difficultés que nous avons rencontrées dans notre travail, et en disant la raison des partis que nous avons dû prendre pour les résoudre.

M. Bishop n'a découvert aucun pays inconnu ; mais, autant que nous le sachions du moins, la route qu'il a suivie sur la côte de l'Amérique, depuis l'embouchure du Saint-Laurent jusqu'au golfe du Mexique, n’a encore été parcourue que par lui dans son ensemble et dans ses détails. Certes, nous n'ignorions pas Québec, ni le lac Champlain, ni l'Hudson, ni New-York, ni la baie de la Delaware, ni la rade de Charleston, ni les Sea-Islands de la Géorgie, non plus que l'existence de la Floride : tout cela nous avait été décrit par bribes ou par parties; mais ce que nous avouons avoir ignoré, c'est l'ensemble des cours d’eau naturels ou artificiels qui longent intérieurement tout le littoral de l'Amérique du Nord et qui ont permis à M. Bishop de franchir, la rame à la main, sauf deux ou {rois portages insignifiants, et qu'encoreil aurait

INTRODUCTION. x!

pu s'épargner, toute la distance, les quatre mille six ceuts

} et quelques kilomètres qui séparent l'estuaire du Saint-

Laurent du golfe du Mexique. De même, voyageant seul et par petites étapes à travers des pays souvent peu peuplés et même quelquefois déserts, il a recueilli dans son excursion une foule d'anecdotes ou de renseignements nouveaux inédits qui représentent en quelque sorte la gamme des mœurs de cet immense littoral, et il les reproduit avec la sincérité des impressions individuelles, müries et réfléchies dans l'isolement où il vivait.

C'est tout cela qui constitue la remarquable originalité de ce récit; mais de tout cela aussi il résulte forcément l'emploi d'une multitude de termes et-de locutions empruntés aux idiomes locaux et qui nous eussent fort embarrassé si l’auteur, ayant bien la conscience qu'ils seraient sans doute assez difficiles à comprendre même pour ses compatriotes, n’eût pas eu soin de fournir des explications qui nous ont singulièrement aidé dans notre travail. Ce n'a donc pas été là que s'est trouvée la grosse difficulté, c'est dans la nomenclature géographique.

Comment traduire ce mot Sound qui se rencontre si souvent dans la seconde moitié du volume? Ce mot est d'origine germanique, et dans son véritable sens étymo- | logique il signifie séparation. Géographiquement, les Scandinaves et les Allemands, qui l'écrivent Sund, l'ont appliqué à tout bras de mer resserré qui sépare deux

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