POSSÉDÉ, GÉLATINE
GÉLATINE, dans sa chambre.
Hé! vous!... Taisez-vous donc! vous allez me réveiller !
POSSÉDÉ
Il y a quelqu'un là? {Il entre dans la chambre.) Un pantalon, s'il vous plaît?
GÉLATINE, poussant un cri.
Ah!... n'entrez pas! Sortez!... sortez... {On entend le bruit d'un soufflet.)
POSSÉDÉ, poussant un cri.
Ah! gredin !...
GÉLATINE
Misérable!... {Possédé sort de la chambre, traînant une chaise chargée des vêtements de Gélatine^ qui relient la chaise en dehors.) Mais lâchez donc ! ce sont mes hardes!
POSSÉDÉ
On m'a soufflé les miennes, tant pis!... {Le barreau de la chaise, retenu par Gélatine, se
casse, Possédé tombe en emportant la chaise
avec lui.) GÉLATINE, passant sa tête au travers du juda,
pratiqué dans la porte, elle est coeffée d'un
mouchoir.
Mais, qui êtes-vous donc? infâme que vous êtes!
POSSÉDÉ
Une robe? Vous êtes donc une femme?
GÉLATINE
Vous n'êtes donc pas M. Gaudissart !
EN CARVANÂL,
•POSSÉdÉ.
Gaiidissart ! je retiendrai le nom ! c'est mon filou. {Il entre dans la chambre de Christophe.)
GÉLATINE
Vous en êtes un autre!... Vous me chippez ma robe... maisje n'ai que celle-là^ homme indigne!.. je n'ai que celle-là.
POSSÉDÉ
J'en suis bien aise!... Je vais chez le commissaire de police, et je vous fais arrêter tous !
GÉLATINE
Monsieur, au nom de la loi, rendez-moi mes bardes.
POSSÉDÉ
Je vous rendrai vos jarretières !
GÉLATINE
Oh ! si mon neveu Jérôme était là !... maisje te repincerai!... Inconnu je te repincerai!... {Elle ferme le juda).
POSSÉDÉ, habillé avec la robe de Gélatine, revenant en scène.
Je dois avoir le physique d'une tireuse de cartes, mais le commissaire de police entendra mes griefs !. . courons chez ce fonctionnaire!... {On entend dans la coulisse un grand bruit de voix). Ah!... mon Dieu! ces cris!... c'est loule la bande qui revient!... ils vont m'assassiner!.... barricadonsnous dans ce local !... et ne mourrons qu'à la dernière extrémité!... (// rentre dans la chambre de Christophe).
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