MON TAG.SE S DE COREE
peuple retombe dans le conservatisme des anciens jours, mais il peut s’affaisser complètement, par suite des malheureuses circonstances qui font maintenant de la Corée un objet d’observation ironique et intéressée parmi les puissances occidentales. Elle peut être absorbée, annexée ou divisée; en s’efforçant de demeurer indépendante, elle peut sombrer dans l’anarchie complète dont elle peut être frappée. Elle a donné beaucoup de promesses. Elle a établi un service des Douanes, elle est entrée dans l’Union postale, et elle a ouvert ses ports. Elle a accepté les chemins de fer et les télégraphes, et elle a montré de l’obligeance, de la considération et de l’hospitalité envers toutes les catégories d’étrangers sur son territoire. Sa confiance a été celle d’un enfant, et ses fautes celles qu’on commet dans le jeune âge. Elle est en effet très vieille et à la fois très jeune ; et par une curieuse fatalité, elle se trouve aujourd’hui en face d’une situation qui maintes fois s’est présentée devant elle dans les âges passés.
L’introduction des inventions occidentales en Corée a graduellement effacé de la vie coréenne d’aujourd’hui maintes coutumes qui, associées depuis un temps immémorial au peuple et à ses traditions, lui communiquaient cetle tranquillité et ce pittoresque qui distinguaient le petit royaume. La Corée, au vingtième' siècle,, offre des preuves abondantes du mouvement de progrès qui pousse en avant son peuple. Autrefois la moins progressive des nations d’Extrême-Orient, elle présente aujourd’hui un exemple presque aussi remarquable que celui offert par la prompte assimilation des idées et des méthodes . -occidentales au Japon. Chemulpo, toutefois, -centre où une importante colonie étrangère et un port ouvert ont surgi, ne suggère pas en lui-même l’étendue
i:N CORÉE
(le lu transformalion fini, en peu d’années, s’est produite dans la capitale. 11 y a vingt ans que Chemulpo fut ouvert au commerce étranger, et aujourd’hui il s’enorgueillit d'un magnifique entrepôt, de larges rues, de superbes boutiques, et d un service de trains qui limita la capitale. Un enchevêtrement de fils téléphoniques et télégraphiques sillonne son ciel, il y a plusieurs hôtels tenus selon les
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habitudes occidentales, et il y a egalement un cercle
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Au seuil du nouveau siècle, le port offre un intéressant sujet d’étude. Avec 1 la-cio, un hameau contigu à prétentions militaires, il est devenu, en vingt ans, du groupe de cabanes de pêcheurs derrière une colline au bord de la rivière à Man-sak-dong qu’il était, un centre cosmopolite et prospère comptant vingt mille habitants. Sou développement, depuis le premier traité avec l’Occident, conclu le 22 mai !8tS2, par l’amiral américain
O COREE
Shufeldt, a été extraordinaire. Pendant les premières années, iî ne donna aucune promesse do son rapide et significatif progrès. Le commerce a prospéré, et une hausse dans le commerce du port a fait monter la valeur des propriétés. On peut craindre maintenant que cette période de richesse ne soit suivie d’une crise qui pourrait, en raison de l’avenir chaotique et incertain du royaume, retarder la colonisai ion et affecter fâcheuse-
ment sa prospérité actuelle. Après des débuts modestes et incertains, quatre quartiers bien construits el bien éclairés se sont créés, le quartier des étrangers en généra], celui des Japonais, celui des Chinois, el celui des Coréens. Le quartier japonais est le mieux situé et celui qui promet le plus. Il est vrai que les intérêts de ce pays sont prédominants dans le commerce d’exportation et d’importation du port, situation que vient encore renforcer l’importance des capitaux qu’il a placés en ("orée, dont le chemin de fer entre Séoul, la capitale.
et Chemulpo, avec le prolongement de la grande ligne jusqu’à Fusan, représente la partie principale. La population japonaise a augmenté d’environ cinq cents individus pendant 1901. Elle comptait alors quatre mille six cents habitants, dont quelques centaines étaient des soldats formant la garnison pour la protection de la colonie. Néanmoins, depuis la modification apportée par le gouvernement japonais aux lois sur l’émigration à l’égard de la Chine et de la Corée, grâce à laquelle fut supprimée, au début de 1902, la nécessité des passeports pour les émigrants allant dans ces deux pays, le nombre des résidents japonais dans les ports à traité s’est beaucoup accru. La colonie de Chemulpo comprend aujourd’hui 1.282 habitations et une population de 5. 973 adultes. La population de la colonie chinoise varie avec la saison ; un grand nombre de cultivateurs passent de Shantung eji Corée pendant l’été, et reviennent dans leur pa} r s l’hiver. Dans la saison où elle quitte la Chine, la population chinoise dépasse le chiffre de douze cents. La population totale de la colonie étrangère cosmopolite atteint quatre-vingt-six habitants, dont vingt-neuf sont Anglais. La seule maison anglaise en Corée est établie à Che-
mulpo.
Beaucoup de nationalités sont représentées à Chemulpo, et le petit groupe des étrangers, à part les Japonais et les Chinois, se décompose de la façon suivante : Anglais, vingt-neuf et une maison de commerce, les autres vingt-huit étant attachés au vice-consulat, aux douanes et à une société de missionnaires ; Américains, huit et deux maisons de commerce ; Français, six et une maison de commerce ; Allemands, seize et une maison de commerce ; Italiens, sept et une maison de commerce ; Russes, quatre et deux maisons de commerce ; Grecs,
deux et une maison de commerce ; Portugais, sept; Hongrois, cinq, et Hollandais, deux, ces trois dernières nationalités ne possédant pas de maisons de commerce dans le port.
Si les intérêts anglais ne sont pas représentés d’une manière importante à Chemulpo, d’autres nationalités sont moins en arrière. Au moyen du chemin de fer transsibérien, le voyage de Londres à Chemulpo peut à présent s’accomplir en vingt et un jours. Quand le chemin de fer Séoul-Fusan sera terminé, les communications entre l’Est et l’Ouest seront encore accélérées. On prévoit qu’en moins de deux jours on ira de Chemulpo à Tokio. En attendant, le service des vapeurs de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est Chinois entre Port-Arthur, Dalny et Chemulpo a été accéléré.
En plus, de nouveaux et importants bureaux ont été construits sur le port. Il est très regrettable qu’il n’y ait pas de service régulier de bateaux anglais pour les ports de Corée. En flagrant contraste avec l’apathie des Compagnies anglaises de navigation, s’affirme l’activité de la Compagnie Hambourg-Amérique qui vient d’organiser des escales périodiques de ses paquebots à Chemulpo. Le port est devenu, au point de vue commercial, un centre important de transit. Le commerce étranger avec la capitale et ses environs le traverse, et les. administrateurs des mines d’or les plus importantes, qui sont actuellement au nombre de quatre, américaine, japonaise, française et anglaise, s’y sont établis. Une manufacture de cigarettes, soutenue par le gouvernement, y fonctionné. Au cours de l’année 1901, 93 navires de guerre sont entrés à Chemulpo, dont 35 japonais, 21 anglais, 15 russes, 11 français, 5 autrichiens, 4 allemands, 1 italien et 1 américain . Les navires à vapeur et à voiles furent
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est remarquablement bon, et fait grand honneur à la puissance qui a la charge du contrôle. A une époque,
caractérisée par l’extraordinaire inaptitude, indifférence
et faiblesse de nos compatriotes exerçant des fonctions publiques, il est déplorable que les talents de ce remar- . quable Anglais ne soient pas plus directement , employés aux besoins du pays. La carrière de ces! deux .; admirables fonctionnaires me remplit à la fois de regret pour F éloignement de leur sphère d’action, et . d’admiration pour . léur zèle infatigable — sentiments que peu de serviteurs de l’Etat seraient plus dignes d’ins-^ pirer que ces deux solitaires et laborieux chefs de deux services frères, dont l’œuvre, poursuivie dans une atmosphère de perfidie et de tromperie, recueille trop souvent la plus noire ingratitude.
Lès progrès qu’a accomplis le commerce de la Corée ; sont une preuve suffisante de ce qu’elle peut faire sous une honnête administration. Si les . revenus des Douanes i\ëÿ ; sont pas, dans l’intervalle, détournés vers des objets moins importants, il y a tout lieu de croire que des facilités seront accordées à son développement. L’empereur a dernièrement sanctionné l’attribution d’un million de yen s, provenant du revenu des Douanes, au fonds des secours pour là navigation. Trente et un phares doivent être construits ; les deux premiers sont située sur les îles de.Roze et de Round, en face de l’entrée de la rivière Han, où s’élève Chemulpo. Lorsque.ee, travail sera terminé, l’augmentation du nombre de navirës dans le port créera sûrement un développement parallèle des ressources du pays.
Là valeur nette, en 1901, des, exportations et des importations directes étrangères dans tout le royaume, no.it
compris l’exportation de l’or, a dépassé 23 millions de .
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... yens (23.188.4i9) ; la valeur de l’expoi'tation de l’or dépassant 4 millions de yens (4.993.351). Le taux de change du yen japonais est en gros de 2 fr. SS ce qui donne , pour tout le commerce étranger 71.845.675 francs. Le commerce de Chemulpo pendant cë temps a été de 11. 131. 060 yens, en augmentation d’environ un million de yens sur les chiffres des trois dernières années. Les exportations se composaient d’or, de riz, de haricots,, de. bois de construction et de peaux ; les importations, comprenaient pour la plupart des marchandises américaines et japonaises, et un petit commerce en décroissance avec l’Angleterre. L’ensemble des importations étrangères a atteint une valeur de 5.573.398 yens, et le total des exportations a été de 4.311.401 yens. Les chiffres . pour l’année suivante ont été sommairement: exportations, 6.743.675 francs; importations, 20.361.750 francs. Les intérêts étrangers dans le commerce total passant par Ghemulpo, en comparaison avec les années précédentes depuis 1891, montrent un grand et constant progrès. Le revenu total pour l’année 1891 était d’un peu moins de 300.000 yens, et en 1900 cette somme est montée à plus de 550.000 } r ens, l’augmentation de la prospérité générale pendant ces années affectant le revenu total du royaume.
Comparé à celui de 1901, le commerce total du pays a subi une baisse en 1902. En 1902, l’ensemble du commerce étranger s’élevait à 68.633.650 francs qui se décomposaient ainsi :
Importation. Exportation. Exportation d’or.