NIVEAU DE LA MORALITÉ. — UNE REPETITION EN TOILETTE
Les habitants du Royaume Ermite sont particulièrement versés dans l’art de ne rien faire en y mettant delà grâce. Il y a en conséquence un charme et une variété infinis dans la vie quotidienne en Corée. Les gens du pays prennent leurs plaisirs passivement, et leur incapacité de constitution leur donne l’apparence d’avoir peu de chose à faire, si ce n’est de se promener lente- ' ment au soleil, ou de s’asseoir, les jambes croisées*, à l’ombre de leurs maisons. L’inaction leur sied. La lourde dignité de leur aspect et leur ferme maintien communiquent beaucoup de pittoresque aux spectacles de la rue. La population en vêtements blancs, en pantalons blancs, en chaussettes blanches, à la démarche lenté, attire l’œil irrésistiblement. Les femmes ne sont pas moins intéressantes que les hommes. La façon unique de leur costume, qui diffère complètement de tous „ les autres vêtements féminins qu’on ait jamais connus dans le monde, le rend suffisamment caractéristique des variations de l’esprit féminin pour être intéressant.
Les femmes n’apparaissent pas beaucoup dans les
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leur tenue dans les rues, étoiles ne sont pas aussi sévèrement recluses a Ja maison que leurs sœurs de Taris-
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tocratie ; elles ont cependant le visage voilé. Le chang-ot
ne cache pas aussi complètement que le voile porté en nie. De plus, on l’enlève souvent dans la vieillesse.
Il est interdit aux danseuses, aux esclaves, aux religieuses et aux prostituées, toutes comprises dans la plus basse classe, de porter le chang-ot. Les femmes médecins également s’en dispensent, quoiqu’il soit permis seulement aux femmes de haute naissance de pratiquer la médecine.
D’une manière générale, l’occupation principale des femmes en Corée est la maternité. Il est très scandaleux qu’une femme atteigne la vingtième année sans s’être mariée, et il n’existe aucune raison meilleure pour le divorce que la stérilité. A l’égard du mariage toutefois, on demande à la femme de compléter la fortune de son mari et de contribuer aux dépenses de la maison. Quand les femmes des hautes classes veulent s’engager dans les affaires, il est certaines carrières, en dehors de la médecine, qui leur sont ouvertes. Elles peuvent se livrer à la culture du ver à soie, des abeilles, au tissage des chaussures de paille, ouvrir un débit de vin ou se faire institutrices. Elles ne peuvent entreprendre ni la fabrication de la dentelle et de la toile, ni la vente des fruits et des légumes. A mesure qu’on redescend l’échelle sociale, le nombre des professions ouvertes aux femmes augmente et se diversifie. Celles des classes moyennes peuvent se livrer à toutes les occupations permises aux femmes des hautes classes, excepté la médecine et l’enseignement. Elles peuvent devenir concubines, cuisinières, nourrices, ou occuper une place au palais. Elles peuvent tenir toute espèce de boutiques, cabarets ou hôtels ; elles possèdent certains privilèges pour la pêche, qui leur permettent de prendre des peignes à côtes rondes, des seiches et des bêches de mer. Elles peuvent fabriquer n’importe quelle espèce de souliers et de chaussures. Elles peuvent faire des filets de pêche et des blagues à tabac.
Si un certain respect est témoigné aux femmes de la cl asse moyenne, celles de la classe inférieure sont regardées avec mépris. Des occupations permises aux femmes de la classe moyenne, il en est deux que les femmes tic basse extraction ne peuvent entreprendre. Elles ne peuvent remplir aucun poste au palais et
elles ne peuvent pas fabriquer de blagues à tabac. Elles peuvent se faire sorcières, jongleuses, saltimbanques, contorsionnistes, danseuses et courtisanes. "y a cette grande différence entre les membres tles deux plus vieilles professions que le monde ait connues : la danseuse termine habituellement sa carrière en devenant la concubine d’un noble riche; la courtisane, par contre, ne la termine pas du tout.
Il est impossible de ne pas admirer l’activité et l’énergie de la femme coréenne. En dépit du mépris avec