VUE GENERALE UE PORT- ARTHUR
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de six canons Krupp de 52 centimètres, qui est de plus
soutenue par un fort placé à quelques mètres au-dessus
du port, eten commandant tout le front, avec huit Krupp
de 25 centimètres. A des hauteurs correspondantes, il y
a sur la pointe opposée, deux forts semblables avec des
batteries pareilles, tandis que les mines dans le port sont
contrôlées de ces deux positions. En suivant les collines
vers le sud et le nord, on trouve d’autres forts ; l’un, entre
autres^ de grande dimension, est situé sur l’extrême
crête de la chaîne et, dominant tout le reste, commande la
mer et les approches du port à une grande distance. Il est
impossible de découvrir de quel genre sont ces canons,
mais d’après leur position, l’étendue du fort et le rôle
qu’ils sont destinés à jouer, il n’est pas probable qu’ils
soient inférieurs à 27.000 kilogrammes, lançant des obus
d’environ 500 livres. La ligne intérieure des forts n’est • ^
pas moins formidable, et il semble bien que Port-Arthur ne pourra jamais être réduit par un bombardement seul, tandis que toute attaque se produisant par terre serait cruellement reçue, grâce aux positions d’où les Russes défendraient leurs flancs et le col. Pour l’instant toutefois, l’artillerie de campagne fait défaut parmi les troupes de la garnison, de même que beaucoup des forts récemment construits manquent de canons. On peut aussi hasarder l’opinion que l’ensemble de la position a été fortifié avec un tel excès qu’elle peut devenir éventuellement une source de faiblesse dans la disposition finale des forces russes.
Un combat pour se rendre maître de la mer devrait nécessairement précéder toute opération sur teree. Le Japon est à 15 heures de Fusan, ville possédant déjà une garnison japonaise, et de Ma-san-po, le port sur lequel la
Russie et le Japon ont des prétentions égales. Le détroit
qui sépare le Japon de la Corée a 320 kilomètres de largeur, tandis que la base la plus rapprochée de la Russie, Port-Arthur, est à une distance de 1.500 kilomètres d’une part, et que Vladivostok, d’autre part, est éloigné de 1.900 kilomètres. Il s’ensuit donc que c’est en Corée, et non en Mandchourie, que seraient débarquées les troupes japonaises. Une fois établi en Corée, le Japon pourrait disputer la suprématie sur mer à conditions égales. A cet égard, les nombreux bâtiments lance-torpilles que possèdent les Japonais leur assurent un sérieux avantage puisqu’il sera en leur pouvoir d’y avoir recours si la flotte russe essaied’arrôter leur mouvement. L’absence de toutes facilités pour réparer les avaries rend le fait certain que la flotte russe évitera autant que possible tout engagement sérieux. Il serait difficile de rendre meilleure la situation du Japon à cet égard. A Yokosuka, d’où un grand nombre de croiseurs ont été lancés, il existe un très grand chantier de constructions, et le Japon possède également des docks convenant aux grands navires à Kuré et à Nagasaki. Il a en tout à sa disposition immédiate, une demi-douzaine de docks de 120 mètres ou plus de longueur et une très habile année d’ouvriers. Port-Arthur doit être regardé pour des fins pratiques comme la base navale de la Russie en Extrême-Orient dans le cas d’une campagne entreprise à la saison froide.
Vladivostok est trop éloigné pour qu’on puisse s’attendre à ce qu’il soit utilisé, La Russie a néanmoins construit dans ce port un grand bassin à sec, un bassin à flot de 91 mètres de longueur, et le plan d’un second bassin à sec a été tracé. En face de ces deux centres solitaires et isolés, le Japon possède des bases navales, des arsenaux et des docks sur les points suivants de ses côtes :
Yokosukâ h ....... . 'Arsenal, cale, de construction et bassin à syc.
Kurê. . , : . . . , . . . . Arsenal, cale de construction, bassin à. §ec, ate-
liers pour plaques de cuirasse.
Sassebô. ...... l- . . Arsenal. .
Maitsura . . . . . . . . . . . Chantier neuf;
. Nagasaki Trois docks. . ‘ .
Takeshiki....... Station de charbon, base navale.
' Ominato...../.,..-,... Base pour les petits bâtiments.
Kôbé ..... Chantier pour la réparation des torpilleurs.
Matsmai.R........... Station de radoub. ; ’ :
. Les .escadres que le Japon et la Russie peuvent mettre en ligne - dans cette guerre sont très redoutables et pen- ;;„Y- dant les. derniers mois chacune des deux puissances a fait
des efforts énergiques pour augmenter la force de sa flotte.
; 4; J A En janvier 1903, le tonnage général de l’escadre russe
du Pacifique s’élevait à 87.000 tonnes, la flotte compré- ; - nant les cuirassés d’escadre Peresviet, Petropavlovsk ,
• ; Poltava^Sevastopol et les croiseurs Rossia , Gromoboi, et Rurik^et autres navires plus petits. . '■■■•
; v - , En mars, le tonnage est monté à 93.000 tonnes, grâce
à l’arrivée du croiseur Askold de la Baltique.
Y;,-" . En, mai, les croiseurs Diana , Pallada , Novik, et lé-
AC : cuirassé d’escadre Retvizan vinrent rejoindre la flotte. ;
t ' : ' En juin, les croiseurs Bogatyr et Boyarin entrèrent en
y scène. A.. ; . ' ' '
En juillet, le cuirassé d’escadre Problèda : arriva.
En novembre, le cuirassé d’escadre Tzarevitcli et le y croiseur Bay an vinrent augmenter la force de la Russie.
; : . En décembre, le cuirassé d’escadre Oslyabya , le croi-r
glv seur cuivOiSsê Dimitri-Donskoi, les croiseurs ;f \ : ; iAurora etAhnaz et onze destroyers torpilleurs. En. j an-
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: . : vier 1904,1e cuirassé d’escadre lmp erat or- Alexander III
/■ quitte la Baltique pour rExtrême-Orient.
: La Russie a eu à lutter contre dé grands obstacles
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pour assurer sa position dans cette région. Par suite de ressources restreintes pour faire construire des * navires et eu égard à sa désavantageuse position géographique, la Russie n’a pas eu les mêmes occasions d’augmenter sa flotte du Pacifique, qui se sont présentées pour le Japon. Effectivement, sinon en fait, la Russie est forcée d’entretenir quatre flottes. Malheureusement chacune est isolée des autres, des milliers de milles les séparant entre elles. Des escadres sont concentrées dans la Baltique, dans la mer Noire, dans la mer Caspienne et dans le Pacifique. L’escadre du Pacifique est d’établissement récent et de la construction la plus moderne. Elle remonteàl898, époque où la Russie a inauguré sa politique d’expansion navale. Des commandes furent faites en France, en Allemagne et en Amérique, du charbon fut acheté à Cardiff, et en peu de temps le noyau d’une flotte puissante a été formé. Pour le moment, ces navires neufs sont défectueux sous divers rapports et des centaines d’ouvriers, de canonniers, d’ingénieurs ont été retirés de l’escadre de la mer Noire pour faire du service sur la flotte dü Pacifique, accomplissant leur voyage parle chemin de fer transsibérien. A l’heure actuelle, et jusqu’à ce que la phase aiguë de la crise soit passée ou que la guerre ait été déclarée, la disposition de l’escadre russe du Pacifique est la suivante :
A Port-Arthur, les cuirassés d’escadre Petropavlovsk , Poltaba, Sébastopol, Peresbiet, Retbizan , Probleda ét Tzarebitch; les croiseurs de première classe Bayan,
Askold , Pallada, Diana et Varyag ; les Canonnières Bobr, Gremyashtchi et Koreetz ; les transports Amur, Yenissei et Angara ; les croiseurs-torpilleurs Vsadnik et Gadiamak , et les destroyers Bezshumni , Bezposhadni,
Bditelni, B'ezstrashni, Boevoi, ■ Vnimatelni, Vnushitelrii
Viposlivi, Vlastni, B lirai et Boiki. ' ' ,
A Vladivostok, les croiseurs de prëmière classe , Rossia , Gromoboi , Riirik et Bogatyr, la canonnière Mandchur et le transport Lena.
A Chemulpo, le croiseur de deuxième classe Boyarin et le destroyer Grossovoi. y
* AMa-san-po, le croiseur de deuxième classe Rasboinikr
Dans la baie de Nimrod, le croiseur de deuxième classe Djijdjit.
, A Newchwang, les canonnières Otvazhni et Sivwtch.
A Nagasaki^ la canonnière Gilvak. .
On peut voir d’après cette liste que la Russie a presque toute son escadre pacifique dans la mer Jaune ou aux environs. Il faut ajouter à cette force l’escadre en route pour/ l’Extrême-Orient, qui est passée dernièrement à Bizerte; Celle-ci . comprend le cuirassé - d’escadre Oslyabya, deux croiseurs de deuxième /classe, Aiirora et Dimitri- - Bonskoie t onze destroyers torpilleurs. Quand ces renforts, qui sont sous le commandement de l’amiral Virënius, seront arivés, cela donnera à la Russie une supériorité numérique sur le Japon. Des capacités supérieures, et
ce haut degré d’habileté, qui est si remarquable dans la flotte japonaise, réduisent cette supériorité à un bas niveau La Russie pourtant ne sera nullement prise à
l’improviste, comme le prouve la formation à Port- Arthur
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d’une brigade navale de réserve. La liste détaillée qui suit comprend lés principaux navires de l’escadre russe du Pacifique. Les officiers qui la commandent sont :
Le vice-amiral Stark;
Le contre-amiral prince Ukhtomski ;
Le contre-amiral baron Slitakelberg j L’amiral Virénius (qui doit rejoindre).