Les exactions et la malhonnêteté des fonctionnaires
exercent un drainage perpétuel -du ; trésor- national. Si on pouvait venir à bout de cette calamité, un autre sérieux obstacle à une situation^ financière plus ; florissante. serait ainsi -surmonté. Malheureusement, la sècheresse et la famine de 1901 , .ajoutées - ; à - 1 a:-d i m inu ti on des' réveiius- de ; l’année. 19 02 ont. créé un -écart de fi- millions deyené.. Si On- peut considérer’ éé 'déficit comme :extraür .
dinaire, aucune circonstance atténuante ne peut du moins excuser les diminutions supplémentaires de revenus, attribuables à la concussion des fonctionnaires. La dure situation financière créée par la famine attira l’attention sur les très importants déficits dus a nombre des plus importants fonctionnaires métropolitains et provinciaux. Ces gredins étant tous dans l’impossibilité de recracber leurs gains illicites, ils furent immédiatement poursuivis, à l’instigation du ministre des Finances Yi Yong-ik. Ministres d’Etat, gouverneurs de provinces, préfets et inspecteurs furent rudement mis à la raison par l’exécution, le bannissement ou l’emprisonnement de nombreux coupables.
En un semblable moment apparut la particulière astuce de Yi Yong-ik. Tandis qu’il punissait avec toute la sévérité de la loi les fonctionnaires compromis, il exécutait lui-même, en qualité de ministre des Finances, un coup d’audace qui rapporta presque un demimillion de yens- au trésor impérial, en une seulefois. Yi Yong-ik s’entendit pour acheter aux fermiers la récolte dé ginseng. C’est là un monopole d’Etat, et l’on convint du prix, huit dollars la livre pour soixante-trois mille livres, séché ou non séché. Quand vint le moment de payer, et qu’il eut pris possession du ginseng, Yi Yong-ik refusa de donner plus d’un dollar par livre, pré-^ tendant que les producteurs de ginseng l’avaient trompé sur la nature et le poids des expéditions. Pendant ce temps on vendait le ginseng; on s’appropria l’argent et le Trésor s’enrichit de la différence.
A une autre occasion, à un moment où le change de la monnaie de nickel était en forte baisse contre le yen d’or, Yi Yông-ik contribua à encouragèr le présent fait, à l’empereur de. deux millions de dollars coréens. Par un
arrangement exact, la valeur du change, monnaie de nickel contre yen d’or, s’affermit de vingt points le lendemain du jour où le cadeau fut fait. Il n’est sans doute pas nécessaire de faire remarquer que Yi Yong-ik disposa de la différence à l’avantage de son maître.