‹ En CoréeChapitre 37 sur 56 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

INTERETS ANGLAIS, AMÉRICAINS, JAPONAIS, FRANÇAIS, ALLEMANDS ET BELGES. CHEMINS DE FER FICTIFS ET MINES. — CONTREFAÇONS IMPORTEES.

A l’exception de la Grande-Bretagne, l’exemple des Japonais en Corée a suscité une activité correspondante de la part des nations occidentales. Tout visage nouveau provoque à Séoul des bruits et des commentaires. Tant que le riouvel arrivant n’a pas prouvé qu’il n’était qu’uninoffensif correspondant, ilrègneunvéritable -émoi dans le colombier ministériel. Les conjectures vont leur train, quant aux chances qu’il a d’obtenir la concession particulière pour laquelle on sait, naturellement; qu’il vient d’Europe, d’Asie, d’Afrique ou d Amérique.

La première place parmi les concessionnaires est très également partagée entre le Japon et l’Amérique. En mettant à part les intérêts du Japon, ceux de l’Amérique sont certainement les premiers. L’Allemagne et la Russie s’emploient activement à créer des moyens de développer leurs relations avec les industries du pays ; l’Italie et là Belgique se sont assuré une place ; seule la Grande- Bretagne considère avec indifférence les marchés de la Corée. • • .

Je me propose, en ce chapitre, de décrire brièvement la situation exacte qu’occupent en Corée les intérêts manufacturiers et industriels des- pays étrangers; j’ajoute un tableau qui, j’espère, attirera l’attention des fabricants anglais sur les moyens qu’emploient les maisons japonaises pour réussir à satisfaire aux demandes du marché coréen. Les Japonais ont un avantage dans la proximité de leurs centres de production ; un autre facteur de leur suprématie est l’entente qui règne parmi tous les établissements japonais pour boycotter les produits étrangers.

Un fait procurera peut-être une légère consolation

aux fabricants anglais, c’est qu’il reste beaucoup d’articles qui délient les facultés d’imitation des Japonais. Ce sont surtout les produits de Manchester qui se démontrent supérieurs à tout ce qu’on peut leur opposer. On a vu, par exemple, qu’il était impossible d’imiter les tissus teints de Manchester, et la concurrence japonaise 11e peut diminuer le succès de ce produit particulier. Les grassçloth chinois ont néanmoins fait beaucoup tomber les linons anglais. Le fabricant chinois, qui n’est gêné par aucune élévation du coût de la production et du transport, peut offrir un produit supérieur et d’un meilleur usag'e, à un prix moins élevé. En outre, malgré la prétendue supériorité des locomotives américaines sur les locomotives anglaises, le matériel roulant, de fabrication anglaise, sur les chemins de fer japonais en Corée, a conservé sa situation. Il est agréable d’apprendre qu’une certaine partie du matériel de l’ancienne ligne de Chemulpo à Séoul, et du nouveau prolongement surEusan, a été achetéen Angleterre. M. Bennett, directeur de la maison Holme Ringer et Gie,. la seule maison anglaise existant en Corée, à qui fut confiée la commande de la compagnie japonaise, m’a dit que les rails d’acier et les éclisses

VtlK GENERALE DK SÉOUL ET DU QUARTIER JAPONAIS

importés viennent de Camniel.et Cie, les roues et les essieux, de Viûkers, et qu’une forte commande de hangars à niarchandisés en tôle tuyautée a été adressée a Wolverhàmpton. Les locomotives viennent de Sheffîeld. La compagnie japonaise a stipulé expressément que les matériaux seraient de fabrication anglaise ; ce fut uniquement par suite de l’extrême retard mis par certaines maisons anglaises à envoyer leurs catalogues et leurs devis qu’une Commande, comprenant un fort envoi de fil de fer, de clous et de fil télégraphique en acier galvanisé fut adressée en Amérique. Cette lenteur a un effet désastreux sur les industries anglaises. L’empereur de Corée chargea M. Bennett de commander quarante téléphones, des tableaux pour les changements, de lignes, des claviers et des instruments, enfin le matériel complet. La maison Ericson, de Stockholm, envoya, en triple, des prix de câble, et expédia par colis express des catalogues, des photographiés et des caisses contenant des modèles de leurs différents genres, ainsi que des échantillons de câbles marins et terrestres. L’une des deux maisons anglaises, à qui la commande avait été soumise, ne répondit pas. L’autre, après deux mois, se décida à écrire une lettre pour s’enquérir des propriétés chimiques du sol et des influences climatériques auxquelles les fils, les tableaux et les instruments seraient soumis !

Le rôle que joue la Grande-Bretagne en Corée est dépourvu de toute grande signification commerciale où politique. Une incompréhensible inaction caractérise la politique anglaise, là comme ailleurs. Je me plais cependant à citer une entreprise, de formation anglo-chinoise : la Compagnie anonyme de cigarettes et de tabac d’Orient. Le capital de la Compagnie est déposé à Hong- Kong. Depuis le mois de mai 1902, la compagnie s’èst

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Icment elle possède des machines capables de débiter chaque jour un million de cigarettes. Dans ses débuts, Ja compagnie était réduite à une existence assez précaire, les premières semaines n’amenant aucun profit. Maintenant l’aube de temps meilleurs a lui, et un brillant

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