‹ En Europe [microforme]Chapitre 10 sur 59 · Depuis t venus voiler LX AUX.CiTCONS · texte numérisé non relu

Depuis t venus voiler LX AUX.CiTCONS

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\cing ans, qui s'en va à Rome avec un :bébé de quinze-mois. Nous sommes réellement très-commodément établis. } Ce qui frappe en arrivant au Havre, c’est l’aspect des maisons hautes, avec contre-vents, bâties à pic, ressemblant fort aux vieilles maisons de Québec; il y a un air de parenté à ne pas s’y méprendre.

La salade, les choux, les légumes sont en pleine croissance dans les jardins: c’est un peu en avance sur Montréal! Le climat du Havre est plus doux que celui de Paris, à raison du : oisinage de la mer, Les arbres, avec leurs branches coupées jusqu’à la tête, ou même avec leur tête entièrement émondée, afin de faire des fagots, donnent un aspect singulier et gredin la campagne. Nous ne voyons nulle part ces belles têtes Marrondies de nos érables et de nos ormes.

+ Les chars ne portent pas ainsi doux que nos chars dortoirs du Canada. De là ces hyéroglyphes.

. Noustraversons ça et là des routes qui sont d’une beauté et d’une propreté incomparables.

Le chemin de fer est bordé, non d’une cloture en bois, mais d’une haie vive, soigneusement entretenue.

| Nous passons d’abord à travers Harfleur, autrefois célèbre, principal port de Normandie, aujourd’hui grandement déchu, parceque les attérissements de la Seine ont desséché son port ; | Vuetot, qui appartenait dans l’ancien temps à un petit sei- Bneur, qui se fit donner le titre de roi. Quand j'étais au collède, j'appris des vers de Béranger, qui me reviennent à la mé-

Moires ;

Il était un roi d'Y vetot

Peu connu dans l'histoire;

Se levant tard, se couchant tôt Dorment bien et sa”.s gloire, Et courronné par fanneton, D'un simple bonnet de coton.

} S'il avait au moins mon bonnet de soie noire et rouge !

Le fertile pays de Caux, avec ses chaumières couvertes en uile et en verdure ;

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Barentin et Malauñay; les champs, joliment accidenté sont sans clôture de bois où de pierre.

Le pays est parfaitement cultivé, petits étangs, petits champs, petits bois, petits coteaux, petits vallons, il y a rien de nos vastitudes de l'Amérique, mais tout est coquet. Les ruisseaux sont endigués avec soin. J’Achigan serait ici une grosse rivière.

Je puis dire avec la chanson, “ J'ai vu ma Normandie,” la patrie de la moitié de nos ancêtres, d’où nous vient ce sang

aventureux, cet esprit subtil et pointilleur, qui nous distin- D

guent,

À 1h heure: Rouen. Au retour, si je passe ici, la visite de D cette ville intéressante, la patrie de Guillaume le Conquérant, | où fut jugée et brûlée Jeanne d’Arc. Nous avons dîné, et, comme de raison, bu un bon verre de cidre de Normandie.

La vallée de la Seine est enchanteresse, par ses points de vue, À et sa culture si propre. Est-il possible d’être fleuve si célèbre et de rouler si peu d’eau! La Gatineau, la Lièvre feraient honte à la Seine.

Tenez, voici que passe sur la route au trot, uñe Charette, juste comme nos petites charettes, qui viennent bien de France | tout droit.

Après avoir traversé nombre de places : St-Etienne, Gaiïllon Vermon, nous arrivons à une coquette petite ville, appelée Mantes la jolie. C’esi auprès de cette ville que Guillaume le À Conquérant tomba de cheval et se fit la blessure dont il B mourut. È

Poissy, ici naquit Saint Louis ; et il fut toujours glorieux de Ë s'appeler Louis de Poissy, en souvenir de son baptême. t

Dans dix minutes nous serons à Paris; Mgr Labelle a l'invitation de descendre à quelque grand hôtel, pour soutenir l'| dignité de sa mission. Je serai plus modeste. Je me rendrai! tout droit à la Cité du Retiro, près de la Madeleine, ou jai : pensionné près de quatre mois il y a cinq ans, et où j'ai été * très bien, trouvant surtout le calme au milieu des agitations d’une grande ville.

CILAPITRE SIXIÈME

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