‹ En Europe [microforme]Chapitre 8 sur 59 · OI · texte numérisé non relu

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A 10 heures nous apercévons les îles Scilly, à midi les côtes de Plymouth en Angleterre. Nous entrons dans la Manche. Nons serons au avre demain avant midi, ce qui nous fera } une traversée de neuf jours pleins. Pour cette saison de l’an- | née, nous n'avons pas à nous plaindre. La mer a été houleuse : et voilà tout ; pas de grands vents, pas de boutrasques soudai- } nes, pas de tempêtes méchantes.

| Je vous écris à 2 heures de l'après-midi, Nous sommes ici | quatre heures en avant de vous autres à St-Lin. En ce mo- » ment, me dis-je, la grand’messe commence, on chante l’Asper- > ges. Que le bon Dieu bénisse cette bonne population, qui se À presse dans son église. Y en a-t-il là, qui prient pour moi ? Huit heures P. M. L'évangile de ce dimanche parle des noces

de Cana. Nous venous d’y assister. Ce soir avait lieu le dîner du Capitaine, quelque chose de rococo, pour parler l’argot parisien. Le tout s’est terminé en prenant un verre de champagne D à la santé du dit capitaine, tous le: convives ayant sur la tête un bonnet de papier : une vraie folie !

Nil canitur suavius, Nil auditur jucundius, Nil cogitatur dulcius, Quam Jesus Dei filius.

Que ces strophes de la fête d'aujourd'hui sont belles : “ on he peut rien chanter de plus suave, rien entendre de plus doux que le nom de Jésus, fils de Dieu.”

Lundi, 20 janvier. — Voyez-vous ces hantes falaises rou- )geâtres coupées à pic, battues par la vague qui arrive longne de l'infini, couronnées d'arbres, c’est la côte de France. Par derrière ces promontoires s'ouvre large l'embouchure de la

Seine, s'étend sur une rive plate la ville du Havre. A 9 heures

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France, doux pays de nos pères, Comme ton nom est radieux !

Sur les nations étrangères

Tu verses l'éclat de tes feux,

Tu parles, l'Europe tremblante Au seul bruit de te grande voix, Se tait, muette d'épouvante, En voyant palir tous ses rois.

Ainsi chantait Crémazie le premier janvier 1860. Depuis les chose ont bien changé, les crêpes de deuil sont venus voiler les rayons de la gloire, et ils conviennent mieux aux.circonstances actuelles ces vers de Routhier :

O maître souverain de notre destinée ; Daigne sur l’univers répandre tes bienfaits.

Suuviens-toi de l'Eglise et de sa fille ainée, Et donne à toute deux le triomphe et la paix.

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