En Géorgie
Jai accompli mon voyage en Transcaucasie dans des conditions spécialement favorables, je devrais dire privilégiées, puisque j'accompagnais le comte Serge Chéréméteff et sa famille. Celui-ci professe le culte du souvenir. Il a fondé une association à la mémoire d'Alexandre III, s’occupe d'histoire, préside la Société des amis des anciens textes >’ admirateur du Caucase, 1l le connait car il possède des biens en Khakhétie et, ce qui est plus précieux encore, c’est un esprit cullivé, élevé, observateur, judicieux, toujours préoccupé du côté moral des gens el des choses. Je vous ai présenté mon compagnon de route doublé d’un ami.
S’inspirant d’une pensée gracieuse el délicate, le comte m'avait invité à le suivre au Caucase pour me reposer de ma mission en Sibérie; celte proposition me charmait puisqu'elle me permettait de juger du constraste frappant qui existe entre ces contrées Si différentes d’aspect et de situation. Aux deux mois d’études, de difficultés matérielles, passés entre l’Oural et l’Altaï, succéda une féerie aux pays éblouissants de clarté, däns ces montagnes Si SAUvages, si fières et si caressantes aux regards. Ils sont de velours ces rochers qui prennent les plus tendres des nuances, qu'ils soient couverts de fleurs, d'arbres, de mousses, qu’ils soient nus, étincelants de cascades, couronnés de neiges éternelles, qu’ils soient enveloppés de nuages mystérieux, qu'ils apparaissent illuminés des rayons du soleil ou des reflets de la lune.
Ceci dit pour ne parler que de la nature souriante, enchanteresse, capiteuse. Mais les populations, leur vie, leurs mœurs, leurs traditions, offrent des sujets d'étude d’un intérêt piquant et d'un charme attachant.
Je n’ai pas la prétention de généraliser, je raconterai ce qu'un
|. Conférence faite à l’Académie de Reims le 12 février et à la Société de Géographie commerciale dans sa séance générale du 15 février 1898 et publiée ici pour la première fois.
“ re
voyage de deux mois en Géorgie m'a permis de voir. Pays dont l’histoire nationale s’épanouit dès son aurore sous l’auréole de la foi prêchée par une sainte Nino et dont l’apogée de grandeur et de puissance s’incarne dans le règne glorieux de la reine Thamar. L’une de ces héroïnes marque le commencement et l’autre couronne le sommet d’une œuvre historique qui est la vie mouvementée d’un peuple ayant su vivre noblement malgré les ennemis des montagnes, ceux du Nord ; malgré les invasions incessantes du
stémnnro ln T sx 20 DL LL éme M md ad DE