‹ En GéorgieChapitre 7 sur 43 · ROUTE MILITAIRE GEORGIENNE. — STATION KAZBEK. LE TEREK · texte numérisé non relu

ROUTE MILITAIRE GEORGIENNE. — STATION KAZBEK. LE TEREK

(Photographie du baron de Bav

Et cet adieu était aussi caressant — la voix qui le disait, aussi suave, — que si des extases du revoir — et des enchantements de l'amour, ils donnaient la promesse. »

Dans les vers de Lermontoff, il faut voir une exquise œuvre d'art, une invention de son génie fécond. Malheureusement ils ont influencé l’opinion des masses et ont dénaturé le grand, l'inattaquable caractère de Thamar. Dans le cours de notre récit nous montrerons, à l’aide de traditions locales, Thamar comme la plus belle et la plus pure figure de l’histoire de la Géorgie.

Partis à midi, nous arrivâmes le soir même, par une superbe lune, à la station Kazbek : pour y passer la nuit. Nous avions fait 50 verstes. L’aoul, c’est-à-dire le village de Stépan-Zminda, habité par des Géorgiens, est groupé autour de la maison des Princes qui, tout comme la célèbre montagne, se nomment Kazbek.

De nos fenêtres nous admirions le sommet et nous nous endormimes après la lecture des vers de Lermontolt :

« Entre toutes ces montagnes, perçant Les nuages, s'éleve Île

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Le lendemain, à o heures et demie du matin, alors que toul était encore obscur sur terre, là-haut le soleil rougissait déjà la tête du géant” couronné de neiges éternelles. Voici la photo-

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1. Lastation Kazbek, 5,681 picds au-dessus du niveau de la mer Noirc ? ] Kazhel lv à 16559 nina 1? ne | lan dam 2 Lé NAaZzDEK $S EL Ve 4 10,9U99 DiICUS au-acssus «ae 1a U1CL

14 EN GÉORGIE ora ph 1e que Val prise a ce moment et celle « [ue Je faisais trois quarts d'heure plus tard, à 6 heures un quart.

Vous vovez au: econd plan ur un rocher aride, nommé Kvenammtha Kiüi*. moins élevé et moins éloioneé que le Kazbek, l’ancien monastère de la Trinité très vénéré des montagnards et contemporain, dit-on, de la reine Thamar. Ce couvent inhabité est en ruine, on y officie seulement trois fois par an.

Voici le panorama qui se déroule à vos regards lorsque, quit-

1 " . ” Lt. 17 r la " 21 : \ w3 T'aLiss matTaltis. tant la station Kazbek, vous continuez la route vers Tiflis. La vallée

devient plus large et le Térek moins rapide. Les paysages qui se

succèdent charment la vue. Celui-ci représente l’aoul de Sion avec sa très ancienne église et sa tour si pittoresquement lanquée sur un rocher. Nous nous arrêtons pour photographier et ce beau site, et nos compagons de route.

On laisse à l’ouest le Térek pour suivre le défilé de Djouart-Vakhé,

L 1,673 pieds.

et bientôt on parvient, en traversant d’admirables points de vue, à a station Koby (6,564 pieds). C’est entre Kobv et Goudaour (station 1 y (0, Ï 20)"7

et) À 1

Goudaour, 7, pieds ), que la route géorgienne franchit le col le

plus élevé de la chaîne du Caucase, c’est la partie la plus froide à traverser, la partie où les avalanches sont à craindre au printemps et en automne. Aussi la route est-elle protégée çà et là par des tunnels à toits inclinés. Nous passons devant une maison (8,/32 pieds)

habitée pa des Ossètes qui sonnent la cloche pendant le chasse-

ROUTE MILITAIRE GEORGIENNI STATION KOBY.

nejgéi et portent secours aux voyageurs. Hâtons-nous d’arriver à Goudaour. Cette station est dominée par un ro her nomme « Goud » qu'une légende ossète identihie à un génie malfaisant. Permettez-moi de vous dire ce conte. « Le mauvais génie fut un jour jaloux d'un jeune paysan nommé Sassiko parce qu’il aimait Nina, une fille ossète. Goud, pour assouvir sa haine, voulut la mort de cet homme ; allait-1l à la chasse, Goud faisait surgir des brouil-

lards Jour Cacher le: nombreux )reécl )1Ces. Sassiko éecha j ait [ou- | | PI

jours aux embüches. Courroucé de voir sa victime se dérober aux pièges qu'il lui tendäit, Goud usa d’astuce. Un Jour que Sassiko visitait Nina, le mauvais génie envoya une avalanche de pierres qui ensevelit la pauvre maison. Tout d’abord paysan et paysanne

ne s’en aperçurent pas. Le premier jour, 1ls trouvèrent du pain.

Le second jour ils pleurèrent et la faim les tourmenta. Le troisième jour, la faim s’accrut et'ils perdirent tout espoir. Le quatrième Jour la’ mort: approchait. Sassiko courait comme un fou

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