QUANT AUX DANGERS UKLATIFS A LA FEMME
Gomment donc la syphilis se transmet-elle dans le mariage ?
De deux façons : soit par contamination directe dérivant du mari, soit par infection dérivant du fœtus, au cours d'une grossesse.
Ces deux modes sont de très inégale fréquence. Le premier est commun, courant; le second ne constitue qu'un fait assez rare.
Pour le premier, les choses se passent généralement comme il suit : c'est un mari syphilitique qui, marié prématurément, vient à être affecté — en général peu de temps après les noces — d'un accident secondaire transmissible, siégeant soit aux organes génitaux, soit à la bouche, et qui, de par cet accident, contagionne sa femme. La chose est banale et se voit tous les jours.
A noter ici incidemment un point qui n'est pas sans intérêt pour la pratique. C'est que des contagions de cet ordre peuvent se produire d terme éloigné du début de l'infection, par exemple six, huit années après le chancre initial, voire plus tard encore, et
les sources de la syphilis chez la femmes Syphilis des femmes mariées (Bulletin de TAcadémie de médecine, 25 octobre 1887).
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devenir Torigine de ces contagions tardives dans le mariage que j'ai signalées récemment à l'attention*.
A noter aussi qu'en pareilles conditions ces contagions tardives dérivent le plus souvent de la bouche, sous l'influence d'ex-
1. Voy. Syphilis secondaire tardive, Paris, 1906, Rueff, éditeur. — Voici comme exemples deux cas de cet ordre :
4^^ cas, — Un jeune mari, syphilitique depuis six ans, a la coupable imprudence d'avoir rapport avec sa femme, en dépit d'une érosion du gland qu'il considère (de son chef et sans avis médical) comme une simple « écorchure ». Quelques semaines plus tard, sa femme est affectée d'un «. gros bouton » à la vulve, bouton que je reconnais pour un chancre et auquel succèdent bientôt divers symptômes de syphilis secondaire.
2'' cas. — Homme affecté de syphilis depuis dix-sept ans. — Syphilis à forme récidivante, c'est-à-dire syphilis qui, sans être grave, ne cesse de se traduire par de multiples décharges d'accidents généralement bénins. Chez mon malade, en raison de sa qualité de fumeur émérite, ces décharges s'étaient surtout portées sur la langue . Vingt fois, si ce n'est quarante, je l'avais averti du danger que de tels accidents faisaient courir à sa femme : « Vous verrez, lui dlsais-je, que cela finira mal ; un jour ou l'autre, de par les accidents que vous présentez presque constamment à la bouche, vous inoculerez la syphilis à votre femme. » Et, en effet, cela finit mal, et précisément de la façon que j'avais annoncée. Car il n'y avait pas trois à quatre semaines que je lui avais tenu pour la dernière fois le môme propos, quand il m'amena sa femme pour une érosion minime qui pointait sur la lèvre supérieure. Or, cette érosion devint bientôt un chancre typique, origine d'une syphilis qui se déroula suivant le mode usuel.