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LES PEUPLES D'APRÈS LEUR ÉMIGRATION ET LEUR LANGAGE

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a de no3 joura encore si peu de connaissance des peuples africains, que l'on ignore les degrëa de parenté qui les rattachent.

L'étude du langage des diverses races pourra seule, dans l'avenir, donner les justes rapprochements entre les difî'érentes familles.

En eflfet, le langage articulé, noble héritage de i nature humaine, est le premier bien social qui ait manifesté et qui ait perpétué l'union des hommes. C'est donc par la parole que Vliomme est devenu un C-tre raisonnable, car c'est elle qui rend les sensations, les besoins et qui considérée comme faculté morale et physique, rend 1r genre humain indéfiniment perfectible.

A l'origine, les langues furent composées de bien peu de mots, simples comme les mœm's et les idées de ceux qui les parlaient. Le développement de certaines races, le goût, la délicatesse des organes, les besoins des peuples, modifièrent peu h peu les expressions et les rendirent plus claires.

Les langues africaines sont comme les langues primitives, mais elle» nous sont encore malheureusement presque inconnues. Aucune n'a d'écriture, et ce ne fut que par l'invasion des musulmans que l'alphabet arabe fut introduit dans quelques j'^ys soumis au culte de Mahomet.

Dans les pays de Guinée on distingue deux grandes races : la pseudoblanche (Foulahs), et les races noires proprement dites.

Par suite de l'envahissement successif de peuples plus nombreux, plus disciplinés et plus intelligents, les races primitives ont été peu h, peu absorbées ou refoulées vers le littoral de l'Atlantique.

On distingue donc les autochtones ou populations primitives, et les immigrants ou envahisseurs. Cependant, par suite de leur juxtaposition et même de leur enchevêtrement, ces peuples ont parfois donné naissance à, des races nouvelles et qui ont pris de leurs aïeux les uns le langage, les autres les mœurs et les coutumes.

Dans ce demîer cas on peut citer les Toucouleurs (nés du rapprochement des Bambaras et des Foulahs), et les l'oulacoundas (par suite de l'invasion des Mandingues et des Foulahs chez les populations Biaffades, Papels et Nalous).

On peut placer les peuples occidentaux de l'Afrique, par périodes d'immigration.

La première comprend les races anciennes qui, toutes aujourd'hui, sont en façade sur la mer, et toujours poussées par celles des hauts Plateaux, comme :

Les Serères, les lolas, les Bagnoucs, les Pappels, les Manjaques, les Bijougots, les Bagas.

A une autre époque sont venus s'implanter en arrière de celles-ci ^d'autres races, dont quelques-unes même ont percé jusqu'à la mer, comme :

Les Ouolofs, les Balantes, les Biaffades, les Limba ou Saflfirokho.

Enfin une troisième couche d'individus arrivés en vainqueurs, comme :

Les Maures, les Khasso-Nké, les Landoumans ou Timenés, qui ont été eux-mêmes poursuivis par les races mandingues et les Foulahs.

Parmi toutes ces races, deux d'entre elles sont des plus entreprenantes; elles marchent d'une manière constante vers la mer en s'infiltrant peu k peu dans les peuplades primitives ; les Mandingues agi3sent ainsi par la guerre et le commerce ; les Foulahs ajoutent à cela la question religieuse et soumettent les nouveaux vaincus au culte de Maliomet.

L'étude des langues africaines a permis de faire des rapprochements entre les différents peuples de la côte occidentale. C'est ainsi que les Landoumans et les Timenés ont le même langage ; les premiers sont établis dans le Rio Grande et le moyen Nunez, les seconds sur la basse Rokelle.

La race mandingue si nombreuse en Afrique comprend les Mali-Nké, les Bambaras, les Sonni-Nké et les Diallo-Nké ou Soussous. L'étude des langues a fait remarquer qu'aux Soussous se rattachaient encore les Lokkos (les Boulomes des Scarcies et du Sherbro?) et le peuple Mindé, qui comprend les Bagrou, les Boumpé, les Vey, les Gallinas, etc.

En examinant la numération, on remarque qu'à l'époque où le langage fut créé, toutes les races ne comptèrent pas de la même façon :

Dans l'antiquité, si les Grecs apprirent des Egyptiens à diviser le jour en douze parties (1), leslndous, eux, s'étaient donné le luxe de trente heures. Les peuples africains n'ont pas même encore ces facultés, et doivent se servir de la main, de l'ombre portée et de la position du soleil pour indiquer un moment de la journée. Cependant tous connaissent la numération, mais chez eux elle n'est pas toujours indéfinie, et les indigènes doivent alors s'aider des mains et des pieds pour compter.

(1) Hérodote. Livre II. — (Œdip.-Œgjpt.). Les plus anciens penplea faisaient leur heure égale à la douzième partie du jour.

Chez la plupart des peuples, la numération est quinaire et dëcîmale. On dit : un, deux, cinq, cinq et un (6), cinq et quatre (9), dix, dix et un (11), dix et cinq et un (16), etc.

Les Ouolofa, les Serères, leo Foulahs, les Landoumans et Timenés, lea race» Sonssoua sont dans ce cas. Dans le centre africain, les Ndris comptent aussi par cinq et par dix.

Chez d'autres peuples, la numération est quinaire et vigi^simale et on compte : cinq et un (fi), dix et cinq et un (16), vingt dix (30), vingt dix et un (31), etc. Les lolas de la Casamance et lea peuples Dedji et Mina de notre colonie du Dahomey calculent ainsi.

Les Pajjcls, les Bijougots et les BaJantea sembleraient au conti-aire compter par six et par douzaine.

De mi;me que les peuples arabes et tous ceux qui se sont servis de le», numération par dizaine, comme les Européens, il existe certains peuples qui, aan^ avoir encore souffert du contact arabe ooraptent aussi par dix, comme les Mina ^,1 les Laka, les Mosgou (de l'Oubanglii), les Kou-Mljoutti, les Babira des forêt» équatoriales du Congo et les Mandingues de l'Afrique occidentale.

Enlin d'autres peuples encore, comme les Bambaras comptent par dix, mai ils s'arrftent h quatre-vingts, et disent ensuite quatre-vingts et vingt (100), etc.

La numération et l'étude des racines de mots, en mC-nie temps que le -= — =s

remarques sm- la forme du crâne, la nature des cheveux, les tatouages, etc. •

donneront dans l'avenir des rapprochements encore plus exacts que ceux ic^^^^^^^^^

indi(jué9 ; ils ne sont du reste que la première ébauclie d'mi travail qu ^^"^

sera plus aijprofondi.

Cependant, si par l'étude de leur langue et de leur type, les peuplée^;— -^ "" paraissent avoir une relation étroite entre eux, les temps, les invasions, les besoîn»fSiS==^

du commerce, le développement des idées, la natui'e du terrain ont considérable

ment altér(5 le langage, les besoins et les mœurs des habitants, d'une même raceci — et d'une même contrée.

Lea Mandingues forment aujourd'hui la véritable race commerçante dit- Soudan. Au moment de sou invasion en Afrique occidentale, différents groupes se sont détachés du tronc principal ; aujourd'hui ou rencontre sous lea appellations de Mandé, Bambaras ou Soussous, des tribus d'origines Mandingues, qui vivent depuis le moyen Sénégal jusqu'au Libéria et le pays de Kong. (Voir tableau, page 77).

Les Soussous sont une variété mandingue ; en étudiant le vocabulaire SOU880U avec celui de la race niiiidé, on ne tardera pas à s'apercevoir de l'origiue commune de ces deux peuples.

Aux Soussous se rattachent les Mindé, Boumpé, Vey et Galliaaa qui habitent le Sierra-Léone. (Voir tableau, page 78).

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