‹ En GuinéeChapitre 39 sur 115 · LA CIRCONCISION · texte numérisé non relu

LA CIRCONCISION

H se pratique, chez la plupart des peuples du Soudan, et à l'exemple des Juifs (1), la cérémonie de la circoncision, opération qne l'on fait subir aux enfants mâles an-ivés k l'âge de puberté.

Dans les pays musulmans cette opération donne lieu îi une fête de village et k une cérémonie religieuse. Les femmes sont exclues de l'opération, mais tous les hommes y assistent. Chaque année, à une époque déterminée par la tradition, tous les jeunes gens de quatorze h. quinze ans sont réunis au dehors du village et le marabout-chirurgien commence le salam

(1) La circoncision ost, chez les Juifs, pratiquée depuis la plas baato antiquité, puisque selon la Genèse, ce fut Abraham qai, le premier, se circoncit lui-même par ordre dé Dieu. C'est d'ailleurs une eontomo plutôt scientifique que juive, puisqu'elle est eu vigueur chez tous les musulmans, Blancs ou Noirs d'Asie et d'Afrique. Cotte bizarre opération est d'ailleurs usiti'e avec des variantes chez nombre de peuples appartenant à des races diverses, notamment chez les Cafres et les Madécasses. La circonci- Biou, sans perte de substance, par simple incision du prépuce dans le sens longitudinal est en usage chez tous les Mélanions, chez la plupart dos Polynésiens, mais chez ceux-ci, on ne la pratique que mu les enfants des chefs.

— lOS —

îi haute voix, puis l'enfiiiit du chef, placé le plus haut dans la hîérarohîe, s'approche accompagne de son p&re ; le marabout relève alora la robe du patient, lui prend le prupuce, l'allonge et le tranche d'un seul coup avec un couteau réservé h cet usage, puis l'enfant se retire derrière l'assemblée pour laisser saigner sa plaie, tandis que ses compagnons subissent la mîme opération. Dans cette circonstance, les enfants montrent en général un grand courage et ils se croiraient déshonorés si la douleur leur arrachait un cri. Lorsque la blessure a assez saigné, on la lave avec de l'eau fraîche et l'on applique dessus un linge ou une feuille enduite de beurre frais. Quinze jours suffisent ordinairement k la guérison, mais pendant une lune ou même pendant quarante jours, les jeunes gens vivent en dehoi-s du village, couchent dans les bois, ont la permission de dérober et de manger tout ce qui leur convient, mais ne peuvent se laver. Après le moîa

écoulé les circoncis rentrent au village et font leurs ablutions au ruisseau voisin; leur retour est encore l'occasion d'une ft-tc imiiortante.

La circoncision se fait aujssi sur les jeunes filles. Cette opération se pratique chez certains peuples, peu de temps après la naissance, chez d'autres, comme chez les Soussous, elle a lieu seulement vers Viige do douze ans.

Chez ces derniers, après l'opération, les jeunes filles des villages voisins se réunissent et parcourent pendant plusieurs jours les pays limitrophes, font de longues marches et des danses répétées, s'arrêtent h chaque village et demandent assistance; elles sont armées d'un roseau qu'elles tiennent de la main gauche, sont plus vêtues que de coutume et s'enveloppent la tète de mouchoirs de couleurs vives. Partout où elles demandent l'hospitalité, elles sont très bien reçues; on leur prépare de grands plats de riz ou de tau et reçoivent de tous les habitants des provisions considérables. Dans'leurpérigrinatîon, les jeunes circoncises sont toujours accompagnées d'une vieille femme qui leur sert de mentor.

Dans la boucle du Niger, l'excision se pratique chez les Siene-ré sur les femmes, mais seulement après qu'elles ont eu leur premier enfant.

Page 1