‹ En GuinéeChapitre 52 sur 115 · CA8AMANCE · texte numérisé non relu

CA8AMANCE

Superficie 40.000 kmq.

Population 300.000 habitants.

Commerce S. 000. 000 francs.

Recettes (^1893) '. , 172 .000 francs .

de marine Penaud. Cette attaque rendit le parcours de la moyenne Casamanee plus facile aux embarcations, et les indigènes comprirent qu'il fallait désormais compter avec l'Eui-opèen.

En 1859, sur l'autre rive du Cajiuole, les villages d'Enampor et Kamahibel furent chîltiiîs par M. Protêt, et l'Apertado fut ouvert au commerce de la Casamanee et du Cachéo portugais.

Lea villages de tribus Kai-ones des lolas, Hilor et Courba furent occup(!S en 1860, et quatre ans plus tard, Guimbring fut brûlé pour avoir pille' des navires naufragés. On rencontre encore, dans ce village, sur la place de la rtîsidence du chef, luie immense bouée autour de laquelle tous les enfants jouent h cache-caclie.

Les Balautes, tribu rapaee qui faisait la terreur de leurs voisins, furent surpris Ji Counia, par les marins de l'aviso, le Griffon^ en 18(50.

LesMandin~'ies ayant attaqué, en 18G0, le commandant du poste de Sedhiou, une expédition fut dirigée contre eux. Le commandant Pinet-Laprade quitta Gorée, le 5 février 18C1, avec G navires et débarqua le 10 suivant, 700 hommes qui marchèrent sur Sandiniéri, Diagahar, Dioubougou et Bombadiou. Cette opération, vivement menée, fra[)pa la population d'épouvante et la calma pendant quelques années.

En 1882, Sounkary, fils d'un forgeron, et devenu dans la suite un fervent marabout, avait entrepris de délivrer Sedhiou des Infidèles. Morikounda, village situé à. quelques kilomètres de Sedhiou, était sa place de guerre, et, c'est de ce point, qu'après avoir réuni une nombreuse troupe de talibés et de fidèles musulmans, il vint assiéger Sedhiou. Ce comptoir français était, à l'époque, gardé par une vingtaine de tirailleurs sénégalais, auxquels s'étaient adjoints les quelques commerçants européens habitant la \\\\q.

Le gouvernement du Sénégal, averti, envoya aussitôt une colonne militaire, qui, aidée des volontaii-es iolas et balantcs, à. la tiîte desquels se trouvait le colon Jules Rotli, rétablît, en quùize jours, la sécurité dans la haute rivière. Morikounda fut emporté; Hassafon et Karantaba furent occupés.

Jusqu'en 1891, le pays vécut en paix; si cette époque, quatre musulmans fanatiques, griots et commerçants, tout îi la fois, avaient formé le projet de s'emparer du poste de Sedhiou et, ensuite, de proclamer la Guen-e Sainte. Le marabout Alassane était le chef du comjilot. Tous quatre, après avoir tenu conseil aux environs de Sedhiou, avaient cherché k s'assurer la complicité du nommé Mboy qui, refusant, gagna rapidement Sedhiou, et avertit les commerçants et le commandant du poste du complot qui se tramait ; mais aucuii ne voulut rien croire.

Cependant, au jour fixé pour la révolte, M. l'administrateur Forichon, qui résidait au poste, avec un officier, trois sergents et trois canonnîers européens, assistés d'une trentaine de tirailleurs et de trois canons, gagna la case des quatre

fanatiques, avec trois Sënëgalais. Après avoir sommé les indigènes d'ouvrir leur case, M. Forîchon la fit brûler. C'est Ji ce moment que les prisonniers s'élancèrent, hors des flammes, sur l'administrateur. La hardiesse de ces musulmans fit frémir nos trois tirailleurs qui se sauvèrent pour prévenir le poste. M. Forichon, resté seul, le revolver au poing, fait face aux adversaires, mais ceux-ci l'entourent et, par derrière, le transpercent d'une sagaie. Le poste est e&ayé, nos tirailleurs se croient eux-mêmes assiégés et ferment assez à, temps la porte du fortin, pour empêcher un des fanatiques d'y pénétrer. Des créneaux, nos soldats tirent sur les rebelles, et trois d'entre eux meurent dans l'échauffourée; le quatrième est terrassé, Hgotté, conduit au fort puis h Saint-Louis, oîi il mourut en prison.

Cet événement fit grand bruit dans tout le pays, mais n'eut heureusement aucune suite grave. Le poste militaire fut renforcé et, aujourd'hui toute une compagnie de tirailleurs est prête à faire face aux moindres mouvements de rébellion, si fréquents, du reste, chez les musulmans fanatiques, qui trouvent dans l'Infidèle, l'ennemi de leur religion, comme de leur race.

La basse rivière eut aussi son expédition. Fodé Silah, chef du Combo, ayant en 1893-94, attaqué les Anglais en Gambie, fut vaincu et dut se réfugier en Casamanee. M. d'Osmoy, administrateur de notre colonie, assisté du lieutenant Moreau, n'hésita pas à marcher sur les campements de Silah. A l'aide de douze tirailleurs et de deux cents indigènes, il atteignit ce prince, et força Fodé Silah et ses huit cents guerriers à faii*e leur soumission. Aujourd'hui, ce paya est redevenu très tranquille et les hordes mandlngues ont quitté le pays.

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