LES PEUPLES
Le bassin de la Casamance est peuplé de races d'origines diverses :
La plus ancienne paraît être les lolas ; elle habite le cours inférieur de la rivière.
Les autres peuples sont les Bagnoucs, les Balantea et les Mandingnes.
Toutes ces races sont gouvernées par des chefs plus ou moins puissants, nommés par les habitants d'un même village ou d'une même région ; l'influence française ne s'y est encore que très peu fait sentir.
Les Mandingues, restés pendant quelques années sous la dépendance des Foulahs de Fouta-Diallo forment un grand nombre de pays :
Le Firdou, roi Moussa Molo, avec trois résidences ; Doman, Amdallaye ou Koropo.
Le Fogny, roi Fodé Kaba, surnommé Bankalé (l'invinciblej.
Le Yacine, capitale Ndiana.
Le Pafcao, parsemé de villages indépendants.
Le Boudhié, etc.
Les lolaa sont répartis sur les deux rives de la basse Casamance ; les Balantes et les Bagnoucs sur la rive gauche du fleuve sont sans chef ayant une véritable autorité.
COMMERCE
Le commerce de la Casamance, moins important que celui de la Gambie, a pris cependant dans ces dernières années, un mouvement inaccoutumé ; il peut être évalué à 3 ou 4 millions de francs. Les recettes douanières en ont ressenli les effets bienfaisants, et en 1893, il entrait dans les caisses de la colonie pour 172,000 francs de droits contre 44,600 encai^és en 1888 (1).
{1) Beoettes doiuuiièrea ; 1888 : 41,604 francs. — 1 189S : ltô,aSS. — 1S93 : 172.384.
: &3,710. — 1891 : 8fi,g89. -
La Casamance est un pays de cultures ; elle produit les arachides (1), le caoutchouc (2), les amandes de palme, le riz, le mil, etc, ; les peaux d'animaux et les défenses d' éléphants servent aussi d'échange dans les factoreries.
Les tissus et les alcools sont les principaux articles d'importation.
Plusieurs maisons de commerce, toutes françaises, sont établies dans la rivière.
La plus ancienne est la Compagnie Commerciale et Agricole de la Casamance ; elle a succédé il y a quelques années aux anciennes maisons Maurel et Prom, Maurel frères et Blanchard ; elle possède d'immenses terrains de culture et a acquis dès sa fondation les territoires de la rive gauche de la Casamance, jusqu'à la rivière de Bîssary.
La Compagnie Française de l'Afrique Occidentale est venue s'établir en 1892-93 dans la rivière et y possède déjà, de nombreux comptoirs.
La Société de Flers-Exi)ortation dont on connaît les nombreux agents répartis tant en Indo-Chine qu'en Afrique, a créé en Casamance quelques factoreries.
Enfin une maison indigène a quelques représentants dans le cours inférieur du fleuve.
COMMUNICATIONS
De fréquents service faits par de nombreux bateaux à voiles mettent en correspondance assez régulière le port de Carabane avec lîathurst ou Dakar.
Tous les mois, un service assuré par la Compagnie Française de Cabotage à Vapeur met en communication rapide la Casamance, Dakar, Conakry et Sierra^- Léone. Les relations commerciales avec l'Europe sont donc faciles et peuvent se faire tant par le Sénégal que par la Grambie.