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SOIR D'AUTOMNE A BACCARAT

Pour Albert FLament

Les cloches de l'usine et celles de l'église Sonnent l' Angélus calme et la fin du travail; Le ciel est bleu, avec le ton froid d'un émail Où les nuages ronds et blancs s'immobilisent.

La fumée au-dessus des toits se dresse, grise. Amples et jaunissants, les platanes du mail Dans la Meurthe argentée, ainsi qu'en un vitrail, Mettent leur silhouette impassible et précise.

Les bruits accoutumés se taisent dans le soir; La rue est dépeuplée. Au coin, dans l'abreuvoir, L'eau retentit rythmique, incessante, tranquille.

La guerre et son fracas semblent s'en être allés... Mais la lueur du jour au sommet de la ville Meurt à travers les trous des murs incendiés.

5 Octobre 1916.

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