LA BOUE
Pour Henry Lapauze
La boue a reparu que ramènent l'automne Et les lents jours d'hiver enveloppés de nuit; Perfide, lourd, glacé, son redoutable enduit Couvre les champs de son épaisseur monotone.
Sa mollesse absorbante et tenace emprisonne Les blessés, les mourants, le sang rouge qui luit. Et les vivants qu'elle a tragiquement réduits En ébauches de glaise informe qui frissonnent.
Mais quand resplendira l'exorbitant soleil, Sèche, ardente, légère, accompagnant l'éveil De ces héros souillés qu'elle arrêtait naguère.
Elle couronnera de son poudroiement d'or Leur élan triomphal, émouvante poussière Que tant de sang mêlé rend plus vermeille encore.
i5 Septembre 1916,
"yAUqUETScI