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DANS UN OBSERVATOIRE, LA NUIT

Pour le Général Gouraud

La brume est grise, épaisse et sourde, pleine d'eau. Elle s'appesantit sur la nuit, la redouble; Son humidité froide, envahissante et trouble. Abaisse sur les champs son accablant fardeau.

Comme pour soulever cet oppressant rideau, Deux canons, tout à coup, jettent leur éclat double. Leur lueur s'étouffe et le silence que trouble Leur roulement, referme son obtus bandeau.

Alalgré que la lenteur de la guerre s'accroisse. Malgré le poids de notre permanente angoisse Et le déchirement des disjointes amours

Notre race jamais ne fut plus assurée.

Elle tressaille en nous plus forte chaque jour

Et son âme ce soir semble démesurée.

i3 Novembre 19 15,

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