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LES FORETS

Four Henry Bordeaux

Étalant leur précaire et somptueux éclat, Les forêts, que l'automne habille de dorures. Gardent, dans la splendeur de leur mince parure. L'émouvante beauté que la guerre ébranla.

Mais quand l'impitoyable hiver dépouillera Ce qu'elles conservaient d'apaisante verdure, Alors apparaîtra l'implacable souillure Q^ue, pour ne pas mourir, l'homme leur infligea.

Le sol est éventré, les troncs coupés des chênes Sont des corps amputés que ronge la gangrène Et dont les débris morts pourrissent alentour.

Et dans ces bois, jadis le débonnaire havre Où venaient s'abriter de vivantes amours. De rudes sangliers déterrent des cadavres.

i5 Octobre 1915.

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