LES EGLISES
Pour Paul Bourget
Sans clocher, sans vitraux, sans rosace, sans porte. Le toit rompu, les murs noircis, le sol crevé, Jonché de poutres, de gravats, de sang séché. De ces débris souillés que les soldats colportent.
Les églises, dans les villages, sont des mortes. Que lentement la pluie achève de ronger. D'où disparaissent les souvenirs entassés, Des «générations sûre et vivante escorte.
Mais ce qu'elles gardaient d'espérance et de foi. De courage, d'amour humain, d'oubli de soi. S'est installé comme en un nouveau sanctuaire.
Plus humble encor, mais plus animé, plus ardent. Le long de la tranchée, où, pour garder sa terre S'est rétabli ce peuple unanime et fervent.
2 Avril 1916.
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