COMME DANS PERRAULT
J'ai lu dans mon enfance un conte — de Perrault, je crois bien — où un jeune garçon, pour guérir sa mère malade, s'en va chercher une herbe dont on lui a parlé et qui pousse sur une montagne qu'on voit à l'horizon. Mais il a beau marcher, marcher, la montagne ne se rapproche point. Il traverse des plaines, aux plaines succèdent des forêts, aux forêts d'autres plaines... La montagne paraît toujours aussi éloignée, — L'humanité aura beau progresser, la science s'enorgueillir de nouvelles et nouvelles découvertes, d'autres possibilités de progrès, d'autres champs d'investigation, indéfiniment sans doute, surgiront devant nos yeux. Et les hommes de se demander : « Quand donc
atteindrons-nous le but? Ce but est-il plus proche? Ce but... existe-t-il ? » Qu'importe ! Avançons, avançons inlassablement, quand même notre espoir devrait se borner à la joie d'explorer sans trêve des pays inconnus !