XLIV - 194 à 1947 - Dernières années à Lamoureux
Le 27 février, a lieu l'assemblée annuelle pour élire un nouveau comité des Dames d'autel. Toutes les Dames présentes demandent à Mne Adélard Houle de prendre pour une autre année, la charge de Présidente. Elle veut bien accepter, et reçoit les félicitations de toutes ses compagnes, et elle promet de faire son possible pour organiser une soirée chaque mois.
Samedi 27 mai, M. et Mme Henri Boisjoli célèbrent le cinquantiène anniversaire de leur mariage. Une grand'nesse solennelle est célébrée en notre église par M. le Curé Garnier. Celui-ci prend la parole après l'Evangile, rappelle la carrière de ces vieux pionniers et leur présente les voeux de l'assistance. 7
Après la cérémonie religieuse on se rend sur la ferme où un magnifique banquet attend les nombreux convives. Au dessert des adresses sont présentées aux jubilaires et des discours sont prononcés.
M. et Mme Boisjoli sont deux pionniers de Lamoureux où ils vinren s'établir en 1897. Ils élevèrent une famille de dix-huit enfants dont quator- 2e sont encore vivants.
Au risque de dépasser le cadre de cet ouvrage, nous ne pouvons nou empêcher de mentionner les événements actuels sur les champs de bataille. Rapidement, rappelons le débarquement des troupes alliées au nord de la France, pres de Caen. Le 6 juin 1944, l'armée d'invasion transportée par 4000 bateaux, protégée par 11,000 avions prend pied sur Le sol français et poursuit son avance sans arrêt.
Le 15 août suivant, autre débarquement au sud de la France, entre Cannes et Toulon. Les Allemands se défendent désespérément, mais ils son mis en déroute partout.
Rome, la capitale du monde catholique,est aussi délivrée du joug allemand. Quel soulagement pour le vaillant Pontife Pie XII et pour toute la chrétienté.
Nous entendons à la radio La voix du grand Français, Jacques Maritain qui nous dit: "Nos coeurs sont remplis d'espérance mais pas encore de joie aussi longtemps que la France reste occupée par les ennemis"
Revenons à Lamoureux où pendant la semaine du 12 juin, la pluie tombe en abondance. La rivière Saskatchewan monte de deux à trois pieds par jour et atteint un niveau tel, que les branches et les troncs d'arbres enportés par le courant, s'acerochent et rompent la ligne électrique qui fournit la lunière et l'énergie aux établissements de La rive nord. Nous sommes pour le moment privés de lumière et de pouvoir électrique et on ignore quand le dommage pourra être réparé.
Enfin, vers la fin de juin, la compagnie Alberta Government Telephones et la compagnie Calgary Power travaillent de concert pour rétablir les communications. Nous jouissons de nouveau des commodités électriques après deux semaines d'arrêt complet.
Deux événements importants marquent la semaine du 9 au 16 juillet, C'est d'abord la retraite paroissiale prêchée par le Rév. P. Fournier O.M.I. Elle est très bien suivie, grâce au beau temps dont nous sommes favorisés, grâce aussi à la piété des paroissiens et aux précieux conseils, aux sages
directions données par le Père prédicateur.
Le second événement, c'est la fête champêtre et le souper suivi d'un concert. Là encore, le beau temps est de la partie. Jeux, courses se succèdent durant tout l'après-midi,
Le concert est donné par des amateurs locaux, tandis que la pièce de résistance: "La Poudre aux Yeux" de Labiche, est jouée par des acteurs d'Edmonton dirigés par M. Laurier Picard. Beau succes sur toute la ligne. Nous en sommes fiers et contents.
A la fin de ce mois de juillet, les cours de catéchisme se poursuivent pendant deux semaines de 10 heures du matin à 3 heures de l'aprèsmidi. Cette année, M. Le Curé a pour lui prêter main forte, deux Filles de la Providence: Mère St-Louis-de-Gonzague et Mère St-Donatien,
Le 12 novembre, après la grand'messe, il y a une assemblée de paroisse au sujet de la Radio Française, Le Rév. P. Breton et M. le docteur Mousseau sont présents et nous donnent d'intéressantes informations sur cette question. Séance tenante on forme un comité chargé de recueillir les souscriptions. M. Arthur Lomoureux est nommé Président. MM. Joseph Godbout, Henri et Jean Normandeau ont la charge de solliciter les souscriptions. Avant de quitter la salle, un grand nombre des personnes présentes, versent immédiatement leur cotisation. Et le 12 décembre, M. le Curé a le plaisir de remettre au P. Breton, un premier versement de 410 dollars.
L'année se termine par une grande soirée familiale le 17 décembre, qui coïncide avec 1e 67ème anniversaire de naissance de M. le Curé. Les bons paroissiens présentent à leur Pasteur deux adresses: l'une au nom des écoliers, lue par Bibiane Godbout, l'autre au nom des adultes, lue par Philippe Gaumont; le tout est accompagné d'une bourse bien garnie. Et M. le Curé remercie de tout son coeur ses braves paroissiens, pour toutes ces marques d'estime et d'affection.
1945 - Fin de la guerre
Le 2 mai, la Radio annonce la victoire des Alliés sur l'Allemagne et ses satellites, après cinq ans, huit mois et six jours d'une guerre longue et acharnée.
De grandes réjouissances sont célébrées à travers le Canada. A Lamoureux, nous chantons une messe d'action de grâces et le chant du le Deun fait monter vers le Ciel notre joie et notre reconnaissance,
Le mois suivant, le 11 juin, ont lieu les élections fédérales,
Le Gouvernement libéral est maintenu au pouvoir avec cent-dix-huit représentants au Parlement. i
Le 17 juillet, grand pique-nique à Lamoureux: jeux, courses, tir au câble, etc. etc. À 6 heures: somptueux banquet préparé par les Dames de la paroisse, présidées par Mme Adélard Houle.
On peut dire que les Dames de la paroisse se sont surpassées à cette occasion, car malgré la période des restrictions et du rationnement de guerre, rien ne manquait sur les tables du banquet. La soirée dramatique fut donnée par une troupe de St-Albert. :
Dimanche, 19 août, était un grand jour de fête à Lamoureux. A la messe du matin, une dizaine d'enfants faisaient leur première communion et une trentaine d'autres renouvelaient solennellement leur communion, accom-
pagnés de leurs parents et d'une foule de fidèles. A 10 heures son Excellence Mgr 3. H. MacDonald précédé du clergé et des enfants de choeur faisait son entrée solennelle à l'église et après les cérémonies habituelles assistait au trône, à la messe célébrée par le Rév. P. Langevin, o.m.i., tandis que M. le Curé et l'abbé Carswell assistaient son Excellence.
Après les annonces du jour, M. le Curé souhaita la bienvenue à Mr l'Archevêque et fit un bref exposé de l'état spirituel et temporel de la paroisse, À l'issue de la messe, son Excellence adressa la parole à l'assistance, félicite les paroissiens de leur dévouement et de leur coopération avec leur Curé, Il exprima sa satisfaction de savoir la dette complètement effacée, souligna la propreté de l'église, la bonne exécution du chant, etc. Monseigneur fit aussi passer un examen de catéchisme aux enfants." Puis le sacrement de confirmation fut administré à 24 enfants.
M. Adélard Houle fut parrain pour les garçons et Mne Edmond Gaumont marraine pour les filles, Mlle Marie Claire Desrosiers qui avait assisté M. le
Curé pour les classes de catéchisme dirigeait les enfants pour les cérémonies de la Confirmation, Tous les paroissiens garderont certainement un vivant souvenir de la visite de notre vénéré Archevêque et n'oublieront pas les précieux conseils qu'il nous a donnés.
Le 9 septembre un nombre imposant de nos paroissiens se rendent à St-Albert pour assister à la cérémonie du sacre de Mgr Henri Routhier et de Mgr Anthony Jordan. Son Eminence le Cardinal Rodrigue Villeneuve est le Prélat consécrateur.
Dans le cours du mois de décembre, la famille Bazinet a été cruellement éprouvée par un double deuil dans la même semaine, M, T. Bazinet était décédé le 10 décembre. La messe de ses funérailles venait à peine de commencer, lorsque un vif émoi se produisit dans l'église quand on vit soudain, Mne Bazinet défaillir, Transportée au presbytére par ses fils, elle fut administrée puis conduite à l'hôpital d'Edmonton. Mais hélas! elle expira en route et le médecin ne put que constater la mort.
Au service funèbre qui eut lieu le samedi, les deux cercueils étaient réunis dans la nef de l'église, selon le désir de la famille. Les deux époux furent ensevelis l'un à coté de l'autre dans le cimetière de la paroisse, accompagnés à leur dernière demeure par une foule nombreuse impressionnée par ce double décès.
La démobilisation de nos jeunes soldats continue et ils nous reviennent les uns après les autres depuis la fin des hostilités. Parmi tous nos jeunes qui ont fait la campagne d'Europe, un seul n'est pas encore de retour, mais il est attendu prochainement.
Sur le nonbre de nos catholiques, trois ont été blessés, mais aucun n'a perdu la vie, Grâces soient rendues à Notre-Dame-de-Lourdes, patronne de la paroisse,
Dimanche 21 avril, vers 4 h. 30 de l'après-midi, le feu se déclarait chez M. Arthur Lamoureux, dans une grande grainerie située entre les deux étables. Une fumée épaisse donna l'éveil et bientôt les flammes trouant la toiture, eurent vite fait d'envahir toute la construction. Les voisins, puis les jeunes gens qui jouaient à la balle furent bientôt sur les lieux. On
parvint en jetant de l'eau, à préserver les bâtisses les plus rapprochées. Les pompiers de Fort Saskatchewan arrivèrent un peu tard, mais tout de même leur aide efficace de protection rassura tous les combattants qui commençaient à s'épuise:
C'est la deuxième fois en moins d'un an que pareil accident arrive à M. Arthur Lamoureux; l'année dernière, son étable à chevaux fut rasée par le feu, et il perdit presque tous ses chevaux de travail, M. Lamoureux a reçu en cette triste circonstance le secours empressé des habitants de Lamoureux et de Fort Saskatchewan et la sympathie unanime de toute la population,
Le lundi, 17 juin, une partie de la population de Lamoureux s'est transportée à Edmonton où l'on célébrait le cinquantième anniversaire de mariage de M. et Mme Camille Villeneuve, anciens de Lamoureux. Une messe solennelle a été chantée à l'église de l'Immaculée-Conception par M. le Curé Ketchen assisté de M. le Curé Garnier comme diacre et Alcide Godbout, séminariste remplissant l'office de sous-diacre. Après l'Evangile, M. Ketchen lut aux Jubilaires les souhaits de Mgr l'Archevêque et présenta ses voeux et ceux des assistants aux héros de la fête,
.Puis les parents et amis et les jubilaires se trouvaient de nouveau réunis à l'hôtel MacDonald pour le banquet. M. Joseph Villeneuve présidait et présenta les orateurs. M. l'abbé Normandeau, M, l'abbé Garnier, M.1' abbé Ketchen prononcèrent des discours et des santés. Le Jubilaire se leva alors et répondit en termes émus et reconnaissants.
Notre pique-nique annuel eut lieu cette année le 11 août. La température magnifique permit à nos amis des paroisses voisines de s'y rendre en grand nombre, C'est avec une véritable joie que nous avons revu nos vieilles connaissances et que nous en avons fait de nouvelles. Dans ce bel après-midi, jeux et courses se sont succédés avec entrain. L'équipe de Lamoureux fut victorieuse dans la partie de balle au camp et le tir au câble.
A 5h. 30 c'est l'heure du souper au poulet. En un clin d'oeil, les tables sont prises d'assaut. Chacun s'extasie sur l'abondance et la qualité des mets servis. Jeunes filles et jeunes gens ont fourni un service fait, si bien que quelqu'un me demandait, s'ils avaient pratiqué la veille! Chacun sait que les gens de Lamoureux se sont taillé une réputation enviable dans la préparation et le service des banquets.
Mercredi le 20 novembre, nous avions le pénible devoir d'accompagner à sa dernière demeure M. l'abbé Théodore Rocque décédé le 17 de ce mois à la suite d'une très grave opération.
Le service funèbre fut célébré à l'église St-Joachim d'Edmonton, L'inhunation eut lieu au cimetière de Lamoureux. La famille d'Alfred Rocque a résidé, en effet, à Lamoureux sur une terre et c'est alors que Théodore qui avait déjà commencé ses études, les termina et fut ordonné prêtre à St-Albert par Mgr Legal.
M. l'abbé Rocque fut le premier curé séculier de la paroisse de l'Immaculée-Conception d'Edmonton. 11 y demeura en charge un peu plus d'un an et finalement se fixa au Montana où il a exercé son ministère jusqu'à ges dernières années. M. l'abbé Garnier a chanté la messe des funérailles à St-Joachim assisté de l'abbé Ketchen et du P. Patoine. Son corps repose au cimetière de Lamoureux près de la tonbe de l'abbé Dorais, premier curé résidant.
Le Rév. P. A. Berthold, inspecteur du français, a visité vers le milieu de mars l.s écoles Paradis, Ste-Claire et Saskatchewan. 11 se préparait à faire aussi la visite de St-Eugène. lorsqu'on apprit que cette école était fermée à cause de la maladie des instituteurs, Le Rév. Père décida alors de retourner à son monastère dans la soirée du 10 mars. Quelques instants après son arrivée, il fut. avec tout le personnel éveillé par l'alarme du feu. L'église était en flammes et en un instant tout fut consumé; seuls les murs de briques restaient debout, Les chambres des religieux, voisines de l'église, furent sérieusement endommagées par l'eau et la funée.
Mardi 19 mars, on nous annonçait d'Edmonton la mort de M. Alphonse Lamoureux résidant en Alberta depuis 1877. C'est par conséquent un vieux pionnier qui disparaît,
Né le ler août 1862 à St-Georges d'Henryville, P. Q., il vint dans l'Ouest avec son père Joseph Lamoureux vers 1877 et assista tout jeune aux débuts de la paroisse de Lamoureux desservie à cette époque par les Pères Oblats de St-Albert.
Le défunt était âgé de 84 ans et sept mois. Les funérailles eurent lieu le 20 mars en notre église. La messe fut célébrée par M. le Curé Garnier, le R. P. Adam,o.m.i., et le Rév. P. Forestier,o.m.i., remplissaient l'office de diacre et sous-diacre,
Le 6 juin, fête du St-Sacrement, le temps est pluvieux et nous sommes obligés de faire la procession du Saint-Sacrement à l'intérieur de l'église, malgré tous les préparatifs faits à l'extérieur pour la procession.
Le soir, nous avons une partie de cartes et vers la fin de la soirée je profite de cette occasion pour annoncer aux personnes présentes, ma dé- Cision de me retirer momentanénent du ministère actif. Je leur dis en résuné: "J'arrive à l'âge de 70 ans et j'estime qu'un prêtre plus jeune, zélé et actif pourra gérer plus allègrement les affaires de la paroisse. Je commence à trouver le fardeau trop lourd pour mes épaules et sens mes forces diminuer trop vite pour continuer les oeuvres commencées....En outre Lamoureux se trouve un peu éloigné des centres d'affaires et d'approvisionnement. C'est parfois un problème pour se rendre à Fort Saskatchewan ou à Ednonton, surtout pendant la saison d'hiver où les chemins sont souvent bloqués....Depuis plus de vingt ans, j'ai l'habitude de visiter chaque mois les quatre écoles de la paroisse et d'y faire chaque fois une demi-heure de catéchisme. Je serais heureux de voir un jeune remplaçant continuer cette belle oeuvre.
“En vérité, il y a actuellement peu de prêtres séculiers, mais les Révérends Pères Franciscains se montrent disposés à prendre La direction de la paroisse. au moins pendant quelques années. Mgr l'Archevêque se montre favorable à ce plan et m'autorise à prendre un repos prolongé. Je compte profiter de cette permission le plus tôt possible."
Ces quelques paroles furent écoutées dans un religieux silence par tous les assistants très surpris, mais heureux en somme de voir leur vieux curé prendre une vacance quelque peu méritée...
ALV - M. le Curé Garnier fait ses adieux à sa paroisse après 34 ans d'apostolat
Le 29 juin 1947, près de 400 personnes se trouvaient réunies à la salle paroissiale de Lamoureux, pour offrir un tribut de reconnaissance et d'affection à leur curé M, l'abbé H. Garnier qui doit sous peu quitter le ministère actif. C'était une soirée surprise; mais malgré toutes les précautions prises, notre bon curé en eut connaissance et se promettait bien de ne manifester aucune surprise,
Cependant quand le concert commença et que les acteurs eurent quelque peu défilé sur la scène, chacun se rendit compte (M. Le Curé comme les autres) que ce n'était pas un concert ordinaire, mais un vrai régal artistique où la musique et les chants alternaient avec des comédies finement interprétées. C'est alors que la surprise devenait réelle
Nous avons admiré nos chers petits enfants dans les rôles et les chants exécutés avec un ensemble parfait et nous félicitons leurs maîtresses qui dans un temps très court ont trouvé le moyen de les préparer si bien
Nous avons applaudi aux mélodies chantées ou jouées par les plus grands: artistes locaux auxquels étaient venus se joindre des amis de Legal. Les membres du choeur de chant redirent dans une cantate composée pour la circonstance, leurs regrets, leurs souhaits à l'adresse de leur pasteur.
Puis, ce fut la présentation des adresses. La première, en fransais, magnifiquement enluminée fut lue par M. Arthur Lamoureux. La seconde. en anglais, lue par Théodore Paradis et enfin une troisième fut présentée en français eu nom de tous les écoliers par Mlle Denise Godbout.
Un tres joli cadeau, don des enfants d'école et deux bourses superlativement garnies soulignaient la sincérité des sentiments exprimés de façon éloquente à l'adresse de M. le Curé et de Mlle Garnier. M. Joseph Godbout offrit la première bourse et la seconde fut présentée par Mne Hector Lamoureux. Le cadeau fut offert par Suzanne Normandeau
Sous cette avalanche de compliments et de souhaits entrenêlés de regrets, M. le Curé était bien un peu ému, peut-être plus qu'il ne voulait le paraître. Mais, maîtrisant son émotion, il fit passer tout son coeur dans ses remerciements.
Tout en essayant de n'oublier personne, il passa en revue l'oeuvre accomplie dans la paroisse pendant les 34 dernières années, avec la généreuse coopération de ses chers paroissiens.
11 fit l'éloge de la Société des Dames d'autel qui nous a si puissamment aidés è payer nos dettes. Il remercia tous les syndics qui furent en charge sous son adninistration; louangea les jeunes pour les belles séances jouées à nos soirées paroissiales.
11 n'eut garde d'oublier ses petits enfants de choeur qui s'appli guent à bien servir à l'autel. Puis, il exprima son profond regret d'avoir à quitter son beau choeur de chant, si fidèle
Après nous avoir fait ses dernières recommandations, il nous assura en son nou et celui de Mlle Garnier, de son constant souvenir dans sa ménoire et dans ses prières.
Un goûter abondant fut alors servi à tous les assistants qui peu à peu se dispersèrent en répétant: adieu !
XLVI - Cinquantième anniversaire de Prêtrise de Mgr M. Pilon Sa mort le 14 août suivant
Le premier juillet 1947, Morinville est en liesse. On y célèbre le cinquantième anniversaire d'ordination à la prêtrise de Mgr Maxime Pilon, curé de la paroisse.
Une messe solennelle est chantée par le vénéré Jubilaire.
Une foule considérable emplit la vaste église. Le choeur et l'allée centrale sont occupés par les membres du clergé accourus à cette grande fête. Lorsque le saint Sacrifice est terminé, Mgr Pilon s'avance à l'entrée du sanctuaire, et à ce moment trois adresses lui sont présentées: la première au nom des paroissiens de langue française; la deuxième au nom des groupes allemands et autres de langue anglaise; la troisième est présentée par M. l'abbé H. Garnier, au nom du clergé du diocèse.
Mgr Pilon a écouté debout, et finalement il répond avec calme et assurance, malgré la fatigue inévitable que lui cause cette longue cérémonie. Nous admirons tous, son endurance étonnante, car, nous savons que depuis près d'un an, sa santé est fortement ébranlée.....Hélas! vers la fin de son discours, quelques paroles nous font connaître son état et le fond de sa pensée: ‘mes chers confrères et amis, nous dit-il, je vous remercie de tout coeur des souhaits et des sentiments si touchants que vous venez de m'exprimer..…. Je vous demande maintenant le secours de vos prières, car désormais, ce ne sera pas leng pour moi.....
Ce cher et vaillant pasteur, curé de Morinville depuis 27 ans, prévoyait-il sa fin prochaine? On peut supposer que Dieu lui avait accordé cette faveur.
Le 14 août suivant, la nouvelle de sa mort me parvint à Végreville où j'étais déménagé depuis le 9 juillet. Les funérailles avaient été fixées au 19 août, mais à la suite de circonstances inconnues, elles furent dévancées d'un jour, me privant ainsi de la consolation d'accompagner un bon et vieil ami à sa dernière demeure.
XLVII - juillet 1947 - - Changement de résidence de Lamoureux à Végreville
Au commencement de juillet, nous nous transportons avec notre ménage à Végreville, où nous avons décidé, ma soeur et moi, de fixer notre domicile.
Pour débuter, je trouve asile chez M. l'Abbé Burke, curé de la paroisse, dans ce même presbytère bâti en 1906 et dont j'ai été moi-même le premier résidant. Ma soeur Claire loge au couvent des Filles de la Providence où la place ne manque pas, puisque tous les pensionnaires sont en vacance.
Aussitôt je pars à la recherche d'une maison pour y établir ma résidence permanente. Après plusieurs semaines de courses aux informations, je constate qu'il est absolument impossible de trouver la plus humble mesure à proximité de l'église.
Nous allons donc être réduits à prendre une décision contraire 3 nos espoirs et à nos moyens. Il faudra construire avant l'hiver, nous ne pouvons pas rester dans la position où nous sommes, au risque d'incommoder les personnes qui ont bien consenti de nous donner un abri temporaire,
Je prends conseil de quelques citoyens et amis et finalement je charge un entrepreneur-cherpentier de bâtir une petite maison à quatre appartements. À cette époque, nous sommes en un temps de crise générale et nullement propice à la construction. A tout instant mon entrepreneur est à court de matériel. Il a de plus, entrepris de bâtir plusieurs autres maisons et de ce fait il est obligé de diviser son temps, ce qui fait traîner en longueur la construction. J'essaye de le pousser, de le presser d'activer son travail, nous n'entrons dans notre domicile que l'avant-veille de Noel. 11 va sans dire qu'il reste une foule de détails à compléter dans notre nouvelle demeure; aussi je vais avoir l'occasion de mettre à profit mes aptitudes et mes connaissances en charpente et en menuiserie.
A mon arrivée à Végreville M. l'abbé Burke se trouvait seul, car son vicaire, l'abbé Strickland voyageait en Irlande, son, pays natal. C'est ainsi que dès le début j'ai dû faire du ministère à Végreville. Depuis ce temps-là, je n'ai pas cessé de donner mon assistance à la paroisse, en célébrant la messe du dimanche à l'église et la semaine dans les communautés des Religieuses, entendant les confessions, prêchant mes deux sermons en anglais et en français, chaque semaine, remplaçant souvent les prêtres en voyage.
Je suis considéré comme un prêtre en retraite, mais en définitive je demeure en activité permanente. J'en suis d'ailleurs fort aise car ces occupations me maintiennent en forme et en santé,