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refois aux Samoïèdes et aux Ostiaks, mais cela n'est pas: prouvé. â* L'autre groupe est composé des Koïbales, Mators, BélUrés^ Laragassy et Kamassinzy qui sont des Samoïèdes plus ou moins atarisés. . , . r .
KATCHUfSKY, DISTRICT DE MINOt'SSINSK.
Ces peuples habitent plus particulièrement la partie occidentale Ju district de Minoussinsk. Ils ne s'occupent pas d'agriculture, ont $cs habitations pour l'hiver et d'autres pour l'été, séparées seulement de 3 ou 4 kilomètres.
Dans les steppes des bords de l'Iénisséï, les Talars couvrent leurs
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iourtes avec une grande graminée qui atteint 2 mètres et même plus de hauteur. Elle se nomme, selon les uns, Lasiogrostis splendens9 selon les autres, Slipa allaica. Les couvertures et les nattes faites avec ce végétal sont, paraît-il, imperméables.
CHAMAN DE DEUXIÈME RANG, DISTRICT DE MINOl'SSINSK.
Sur la frontière chinoise se trouvent les Soyotlesqui, eux aussi, parlent la langue turque.
Les populations précitées, mélange d'éléments finnois, turcs et mongols, sont en partie baptisées, tout en étant demeurées attachées au chamanisme.
Les chamans, c'est-à-dire les prêtres païens, se divisent en trois classes. Les plus élevés en grade portent un costume couvert de
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>ngs morceaux de chiffons, de clochettes, de grelots, de perles, e dents et de griffes d'animaux enfilées, enfin tout ce qui peut •apperles yeux et les oreilles.
Les chamans du deuxième rang n'ont pas de costume, mais, omme les premiers, ils ont le grand tambour. .
Ceux du troisième rang n'ont comme insigne qu'un simple lorceau de bois qu'ils remuent, ; . ......':"
Le principal attribut des chamans consiste en un tambour. Sur
8CHAMANSKI BOUBÉN.;.— ,TA|IBLOUR.*D,ON.iCHAJIAN'KATCHlNSKY (FA'CE). (Photographie du' baron do Baye.) •
a face visible sont peints en diverses. couleurs des emblèmes, des hommes, des animaux. De l'autre côté se trouve l'armature en bois jont une partie sert de poignée. Celle traverse est chargée de clochettes et de toutes sortes de choses bruissantes. Les chamans frappent sur les tamboursde basque avec un bâton qui doit être recouvert de peau de lièvre. Aux coups répétés, au bruissement tintamaresque, obéissent les divinités dociles et accourent les fidèles éblouis de cet appareil. Les intermédiaires entre les puissances célestes
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invisibles et les crédulités terrestres fanatisées, exploitent ceifew à-leut* profit. Toutes les générosités restent dans leurs mais» lieu de parvenir aux dieux. C'est, pardonnez-moi la comparai* comme un système parlementaire entre les mortels et les pi sances invisibles, dont les chamans seraient les députés k\hà demandant à leurs électeurs, recevant d'eux mille choses^* oublieraient de transmettre a des sphères trop élevées ponrp* voir y atteindre.
S<;HÀMANSM ROl'BÉN. — TAMBOUR D'UN CHAMAN KATCHIXSKt iKSUR>- (Photographie du baron de Baye.)
Lorsqu'un cliaman meurt, on crève son tambour, car il ne to pas servir à un autre.
Dans la crainte d'abuser de votre indulgente attention, je là» une foule de détails et vous dirai seulement quelques^* idoles vénérées par ces cbamanistes ; j'en ai rapporté une curie» série. Elles ne sont pas antbropomorphes comme celles des w» gousses et des Osliaks, mais si grossières que parfois leur sip cation ne peut être devinée. Beaucoup d'entre elles sont fate«
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petites branches de bouleau fourchues, avec des chiffons ou des lambeaux de fourrure aux extrémités. D'autres idoles sont plus significatives, par exemple, celles qui se composent de bandes d'étoffes de diverses couleurs juxtaposées formant comme une petite bannière, en haut de laquelle pendent un disque et un croissant découpés dans une feuille de cuivre. Le disque représente le soleil, et le croissant, la lune ; celte idole se nomme arc-en-ciel. Une autre idole aussi en chiffons, mais seulement de trois couleurs, ressemble à une cage de lanlerne vénitienne. Pendue dans la iourte, elle protège la maternité, procure la santé aux enfants et est un gage que leur nombre ira grandissant.
On vénère aussi des bandes de toile que Ton pend dans les iourtes à la place d'honneur; ces bandes sont ornées de dessins ou de morceaux de fourrure, toujours au nombre de trois. Parfois une simple peau d'hermine ornée de chiffons et de perles de verre sert d'idole aux Kiziltzy. Je terminerai cette énumération sommaire par l'idole représentant un oiseau, sculptée dans un morceau de bois noirci; au cou de l'oiseau sont attachés des chiffons. Cette idole, faite pour être suspendue, se nomme Koukouchka.
11 resterait encore bien des choses à vous dire sur les populations aborigènes du district de Minoussinsk et leurs coutumes; mais j'ai déjà trop abusé de votre attention pour m'arrêter à de nouveaux détails. Quittant Minoussinsk pour regagner Krasnoïarsk, puis Moscou, je repartais presque aussitôt de cette dernière ville pour la Transcaucasie. Je laissais l'hiver en Sibérie pour retrouver l'été en Géorgie. J'avais en deux mois parcouru près de 10,000 verstes durant mon voyage en Sibérie, je devais en faire encore 8,000 durant celui du Caucase.
Les paroles prononcées par des personnages autorisés se transforment promptement en proverbes. Il fut dit : t En Sibérie, les forêts sont muettes, les fleurs sans parfum et les femmes sans âme. >
Les taïga sans doute ne connaissent pas le gazouillement, léchant mélodieux del'oiseau que l'hommeaimeàentendre. Mais, plus tard, le colon viendra et s'il trouveque le terrain inviolépeut produire, il le dépouillera de ses arbres drus et élevés, de sa brousse épaisse, et, pour lapremière fois, lesoleil parviendra jusqu'à la terre. C'est alors que l'homme vainqueur, déchirant le sol pour lui confier des semences, chantera l'hymne de l'espoir. Les échos de la taïga dimi-
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nuée eu retentiront, et le morne silence, vieux comme le monde, sera partiellement troublé.
Les fleurs sont sans parfum en Sibérie. Comment en serait-il autrement dans les zones où l'été n'existe pas? Plus au sud, la végétation est admirable; la flore des forêts vierges est superbe; les feuilles sont énormes, les tiges élevées, les fleurs d'un beau coloris. Mais point de parfum, le soleil sourit trop peu pour leur en donner. La steppe est merveilleusement parée au printemps, elle se présente aux regards comme un immense jardin émaillé de tulipes et d'autres fleurs multicolores. Aussi vite qu'elles se sont épanouies, elles se fanent; flteurs d'un jour, eussent-elles été parfumées que vous n'auriez pas eu le temps de les sentir. Le soleil a tout brûlé, sauf les absinthes dont l'odeur acre n'est pas un parfum.
Mais les fleurs cultivées apportées de Russie qui se trouvent dans les rares parterres des fonctionnaires, des riches marchands, autour des gares du* Transsibérien, conservent leur senteur, et transportées, acclimatées là-bas, elles ne semblent pas plus belles que les fleurs sauvages, nombreuses dans la steppe, vigoureuses dans les taïga, brillantes de coloris dans les montagnes; cependant, si nous nous penchons vers elles, nous leur trouvons ce qui manque à leurs sœurs sibériakes. Nous aimons le parfum de la fleur et souvent, fermant les yeux, nous en oublions la couleur, pour nous enivrer des arômes qu'elle répand.
Les femmes sont sans âme en Sibérie. Il serait plus exact de dire qu'en Sibérie, leur âme, comme les fleurs, est sans parfum, leur âme, comme les forêts, est muette et sans mélodie. En effet, le parfum des âmes est le charme qui s'en exhale; le chant des âmes est une vibration qui les rend admirablement poétiques et belles dans la tristesse ou la gaieté, quelque chose comme la musique du cœur, toujours mélodieuse dans ses accents. Mais n'oubliez pas que, même là où la femme semble ne pas avoir d'âme, elle en a malgré tout. Si j'ai parlé de la majorité de celles qui n'en laissent pas soupçonner l'existence, il en est qui prouvent qu'il n'y a pas de règle sans exception.
Dans la Sibérie devenue la Russie, on trouvera des fleurs aux enivrantes senteurs, des forêts égayées par le gazouillement des oiseaux et des femmes dont l'âme empruntera son caractère aux beautés austères, mais grandioses, de la nature, sa poésie au voisi-
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ge de l'Orient, sa force aux rudesses du climat. Ces âmes de mmes consacreront leur volonté à peupler de leur race un sol nivellement russe. Alors celte poignée de terre apportée de issie par le colon, arrosée par la sueur et fécondée par le sang, * sera plus un emblème, mais une semence dont la moisson coni tuera, pour l'Empire ami de la France, la plus belle des victoires mportées par la civilisation et le génie d'un peuple.
5471.— L.-Imprimoriei réunies, B, rue Saint-Bonoîl, 7. — Mottsroi, directeur.
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